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Autres / Récit de Adila Katia

Les regrets ne changent rien

13e partie

Résumé : Houria n’est pas enchantée de voir sa belle-fille sortir au restaurant. Mais Fethi l’y emmène, où ils retrouvent leurs amis, puis ils vont danser. Lorsqu’ils rentrent, Houria les attend. Elle est déçue par son fils qui se laisse mener par le bout du nez. Elle détecte tout de suite l’odeur de tabac…

-De quoi parles-tu encore ? 
-Ça sent la cigarette, répond Houria. En plus d’être une brute, ta femme fume… Un homme manqué au centimètre près ! 
Fethi lui rappelle qu’ils ont été au restaurant puis en discothèque. Ce dernier est un lieu où il y a de la fumée. 
-Pourquoi essaies-tu à tout prix de lui coller tous les défauts qui te traversent l’esprit ? Ibtissem n’est pas aussi mauvaise que tu le crois ! Elle n’a que vingt-et-un ans… Même si elle a des défauts, avec le temps elle se corrigera !
-Mon Dieu ! Mais qu’ai-je fait pour avoir un fils qui craint plus sa femme que sa mère ? 
-Je l’aime tout simplement maman, et tu as toute la nuit pour réfléchir à ce que je vais te dire maintenant… Ne me force pas à choisir ! On a le droit de vivre notre vie !
Sur ce, il laisse sa mère et va dans sa chambre. Ibtissem dormait déjà quand il la rejoint au lit. Il ne peut résister à l’envie de la réveiller.
-Mais qu’est-ce qu’il y a ? marmonne-t-elle. Il est quelle heure ? 
-Deux heures et demie… Tu sais de quoi m’a parlé maman ? 
-Non ! Dis et laisse-moi dormir ! le presse-t-elle.
-Elle dit que tu fumes, lui apprend-il. La plupart du temps, elle ne se trompe jamais sur les odeurs qu’exhalent les autres ! Mais je doute pour ce soir… J’aimerais savoir Ibtissem… Est-ce que tu fumes ? 
Une lueur passe dans les yeux d’Ibtissem alors qu’elle soupire. Elle secoue la tête et ferme les yeux, quelques secondes, juste pour se débarrasser de ce sentiment de haine qui vient de traverser son cœur. Elle sait que cela doit se refléter dans ses yeux. Pour rien au monde, elle ne voudrait blesser son mari.
à la façon dont il la regarde, elle devine qu’il ne supporterait pas une réponse qui le décevrait. 
Alors, elle préfère mentir. Mais tôt ou tard, il le découvrira. Elle n’ose même pas imaginer comment il prendra la chose… 
-Qu’est-ce qu’elle n’irait pas imaginer pour gâcher notre entente ! émet-elle en soupirant de nouveau. Je ne fume pas Fethi… Je sais que tu es contre… Enfin, le mauvais côté de l’émancipation de la femme… Tu es d’accord pour qu’une femme travaille, sorte s’amuser, mais il y a des limites à toute chose… Toi-même, tu ne fumes pas, tu ne bois pas… Un vrai petit religieux ! ajoute-t-elle sur le ton de la plaisanterie. Tu es rassuré ?
-Oui !
Fethi est si soulagé qu’il l’embrasse sur le front. Il ne demande pas plus d’elle d’être une bonne petite religieuse.
Et malgré toute sa bonne volonté, même si elle veut l’être uniquement pour lui plaire encore davantage, elle n’arrive pas à se débarrasser de certaines habitudes. Des habitudes qui sont loin d’être celles d’une fille de bonne famille. Seul Dieu sait que ses parents ont tout fait pour réussir son éducation. Et s’ils l’ont ratée, c’est indépendamment de leur volonté. 
S’il n’avait tenu qu’à eux, Ibtissem ne se serait jamais mariée. Elle était jeune, et quand ils ont appris que la mère de Fethi n’était pas d’accord pour cette union, ils avaient prévu les problèmes que rencontrerait Ibtissem plus tard. 
à plusieurs reprises, ils l’avaient mise en garde. S’il y a un quelconque problème, elle devait assumer. Même si elle est leur unique enfant et qu’ils l’adorent, ils ne tiennent pas à être mis au courant. Ce mariage, c’est elle qui l’avait décidé et voulu. Qu’elle assume !
Lorsque les querelles reprennent entre elle et sa belle-mère, Ibtissem ne met personne au courant. Malgré la tension qui règne à la maison, elle arrive à se concentrer sur ses études et obtient de très bonnes notes aux examens de fin de semestre, puis elle prépare sa licence avec son amie Fella et un groupe d’étudiants prêts à tous les sacrifices pour réussir. 
Et Ibtissem en paye le prix. Elle ne dort presque plus. Elle passe ses nuits à étudier, prenant beaucoup de café et de vitamines pour rester le plus longtemps éveillée. 
Parfois, sa belle-mère, plus grincheuse et rancunière que jamais, se levait uniquement pour la déranger. Ibtissem préférait la cuisine au salon. Elle y était plus à l’aise et n’avait pas à faire de va-et-vient quand elle avait envie de boire ou grignoter quelque chose. 
Houria avait pris l’habitude de se lever au milieu de la nuit, pas toujours à la même heure, et faisait sa ronde. Ibtissem grillait une cigarette ou deux avant minuit, puis attendait l’aube pour en prendre d’autres. Aussi, elle laissait la fenêtre ouverte pour que l’air frais de la nuit en chasse l’odeur. Durant toute l’année estudiantine, elle dut se surveiller, et bien qu’elle tentât de n’avoir aucun conflit avec sa belle-mère, cette dernière s’acharnait à trouver n’importe quel prétexte pour s’accrocher avec elle, uniquement pour la troubler. Mais Ibtissem tenait bon.
Quand elle réussit aux examens de fin d’année et obtient sa licence, sa belle-mère tombe malade. Elle a échoué. Chose qu’elle ne peut pas supporter… 


(À suivre) 
A. K. 


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