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Autres / Récit de Adila Katia

Maria

17e partie

Résumé : Maria accepte son argent. Yamina l’emmène à la mairie. Ensuite, elles font les boutiques avant de s’attabler à la terrasse d’un salon de thé. Maria lui demande de l’aide. Elle voudrait faire une formation. Yamina promet de parler d’elle à une prof du centre de formation. Quand elles retournent à l’hôtel, aâmi Ramdhan les accueille froidement. Il est en colère…

Aâmi Ramdhan ne tarde pas à la rejoindre. Il frappe plusieurs fois avant qu’elle n’ouvre.
-Qu’est-ce qui t’a pris de tarder dehors ?, lui reproche-t-il encore. Je me faisais un sang d’encre ! Je pensais qu’il t’était arrivé un accident, et comment on aurait fait, hein ? Comment on aurait fait ?
-Je ne suis pas une enfant ! Il ne pouvait rien m’arriver ! J’étais bien accompagnée ! C’est toi qui as demandé à Yamina de passer !, lui rappelle-t-elle. Je ne comprends pas pourquoi tu t’es fâché ! Je ne tolère pas la façon dont tu  l’as renvoyée, comme une moins que rien !
-Je ne t’ai pas dit de la fréquenter ! Elle devait juste t’emmener à la mairie, faire une ou deux boutiques, mais vous avez traîné jusqu’à la nuit tombée !
-Il ne faisait pas encore nuit ! Tu
exagères !
-Je t’ai donné les papiers de ma fille, car je veux être un père pour toi !, insiste-t-il. Il faut que tu le comprennes !
-Il n’y a rien de mal à ce que j’apprenne à m’en sortir seule, se défend-elle. Yamina est bien placée pour servir de guide. Je la trouve bien ! Tu devrais m’encourager à être indépendante ! J’ai tant à apprendre !
-Je ne veux pas que tu prennes de mauvaises habitudes et qu’on te remarque rentrant le soir ! Que vont penser mes pensionnaires ? Ou les gens du quartier ? Il faut que tu m’écoutes ! Il faut être prudent dans la vie !, insiste le vieil homme. C’est pour ta sécurité !  
-Je sais ! Et c’est par mesure de sécurité que je tiens à tout connaître !, réplique-t-elle. Yamina m’a suggéré de faire un stage de couture ! Cela m’occupera, et si j’excelle, je me ferai des clientes ! Ce serait merveilleux ! C’est gentil de sa part, n’est-ce pas ? Tu ne trouves pas ?
Aâmi Ramdhan ne peut pas la contredire. Il ne peut pas lui interdire d’avoir une formation.
Deux jours plus tard, il n’est pas surpris de voir Yamina débarquer de bon matin pour emmener Maria au centre de formation.
-Mais elle n’a pas encore de papiers !, lui rappelle aâmi Ramdhan.
-Elle veut la rencontrer. Elle enseigne aussi chez elle. Je pense que Maria devra s’y rendre les week-ends ! Les papiers peuvent attendre ! Et puis, ajoute-t-elle pour le rassurer, ce n’est pas loin d’ici !
-Bien, bien…
Maria est heureuse de sortir de sa chambre. Elle n’en pouvait plus d’attendre. Elle respire à pleins poumons. L’entretien qu’elle a avec la professeure Saléha lui donne le sentiment et la certitude que la vie commençait à lui sourire.
-Je t’attends chez moi vendredi après-midi et samedi matin ! Pas de retard, pas d’absence !
Maria la remercie chaleureusement. Elles ne tardent pas dans le centre. Madame Saléha retourne travailler.
-Moi aussi, j’y vais, dit Yamina. Je suis déjà en retard ! Je t’appelle ce soir ! Tu penses retrouver le chemin toute seule ?
Maria a gardé des repères en tête. Elles se font la bise, puis se séparent. Maria retourne à l’hôtel toute seule. Elle trouve le temps long avant de pouvoir aller à son cours. Yamina l’a accompagnée au domicile de la professeure. Elle lui  est reconnaissante de l’avoir aidée.
-On se voit la semaine prochaine ! Ta carte d’identité devrait être prête Zakia !
Maria la remercie. Elle rejoint le groupe de femmes venues apprendre à coudre et à broder sur des petites pièces de tissu.
Le groupe brodait des bavoirs pour bébé. Maria y met beaucoup de cœur. Sa professeure est très impressionnée par son habileté.
-Avant, je recousais les vêtements de mes frères, dit-elle. Je faisais les ourlets des pantalons…
-Je les croyais plus vieux que toi, remarque la professeure.
La jeune fille se rend compte de son erreur. Elle répond, gardant les yeux baissés.
-Il n’y avait pas de machine à coudre à la maison ! Vous savez ce que c’est d’avoir des frères autoritaires et des belles-sœurs très vaches ? Si j’ai rejoint mon père et tenais à apprendre un métier, c’est pour échapper à leur méchanceté ! Ils n’étaient pas tendres avec moi !
-Oui, oui… Je t’apprendrais tout ce que je sais, promet la professeure, touchée. Je suis sûre que d’ici quelques mois, tu n’auras plus besoin de moi et que tu auras ta propre clientèle !
-Inch Allah !
-Il y a du thé Zakia, si tu en veux !
-Merci.
Maria ajoute un sourire comme pour excuser sa lenteur à répondre. Elle n’arrive pas à s’habituer à son nouveau prénom…


 (À suivre)
 A. K.


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