Scroll To Top
FLASH
  • Demi-finale retour de la ligue des champions africains: WAC 3-1 USMA (0-0 à l'aller)
  • Buts du WAC:El Karti (26′), Bencharki (54′ et 90'+3). Le but de l'USMA a été inscrit par Abdelaoui (67′)
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

Autres / Récit de Adila Katia

Maria

18e partie

Résumé : Aâmi Ramdhan s’explique, prétend avoir eu peur pour elle. Il lui recommande la prudence. Maria se lance dans une formation de couture, au domicile même d’une professeure. Celle-ci la trouve très habile. Maria n’arrive pas à s’habituer à son nouveau prénom.

À chaque fois qu’elle est seule dans sa chambre à l’hôtel, elle s’efforce de se mettre dans la tête sa nouvelle identité, mais une fois hors de sa chambre, elle s’oublie malgré elle. Elle ne réagit presque jamais quand on l’appelle Zakia.
Pourtant elle sait que c’est impératif pour elle de le devenir.
Au même étage où elle a une chambre, elle a remarqué qu’elle a une nouvelle voisine. Sa chambre est en face de la sienne. Elles se sont croisées deux fois, s’arrêtant pour se dire bonjour, mais sans engager la conversation. Maria ne cherche pas à savoir qui c’est et d’où elle vient. Aâmi Ramdhan est distant ces derniers temps et cela l’arrange. Elle se contente de dîner avec lui quand il vient le lui proposer. Mais les dîners se passent dans le silence. Le fait qu’elle aille à sa guise ne lui plaît pas. Son silence est éloquent.
La jeune fille débarrasse, fait la vaisselle avant de retourner dans sa chambre. Un soir alors qu’elle rejoint sa chambre, l’inconnue ouvre sa porte en l’entendant arriver. Elle a une robe entre les mains.
-Bonsoir Zakia !
-Bonsoir. Tu connais mon prénom ?, s’étonne la jeune fille.
-Aâmi Ramdhan me l’a dit, répond-elle. Moi, c’est Souad, ajoute-t-elle en lui tendant la main.
-Enchantée Souad. Tu as besoin de moi ?
-Oui, aâmi Ramdhan m’a dit que tu faisais de la couture et de la broderie, dit-elle. Si tu n’es pas trop occupée, pourrais-tu me broder ma robe ?
-Avec plaisir Souad !
-Mais appelle-moi Soussou, lui propose-t-elle. Toutes mes connaissances m’appellent ainsi. Et toi, tu n’as pas un surnom ?
-Non, Zakia pour tous. Je suis la fille...
Soussou hoche la tête. Elle le sait déjà.
-Ça ne doit pas être facile de vivre ici. Ton père est si sévère avec toi. Tu ne vois personne ! Pourquoi t’isoles-tu ? Il ne veut pas, n’est-ce pas ?
Maria hoche la tête.
-Oui, mais je ne peux pas le lui reprocher. Il est si vieux, l’excuse Maria. Comme je suis sa cadette, il en fait plus qu’il ne faut. Mais toi, qu’est-ce que tu fais ici ?
-C’est pour un temps seulement, répond Soussou. En attendant de trouver un petit appartement à louer. L’hôtel n’est pas un endroit où vivre ! On ne peut pas avoir de vie !
-Ah ça, je suis bien d’accord !, dit Maria. Je n’en peux plus de vivre avec mon père dans cet hôtel. J’ai hâte d’être indépendante !
-Si tu veux, si tu t’en sens capable, je t’emmène avec moi, propose Soussou. On partagera tout !
-Ce serait merveilleux !, s’exclame Maria qui sent que sa vie allait prendre un nouveau tournant si elle réussissait à quitter cet hôtel.
Cela fait presque un mois qu’elle était ici. Ils sont rares les soirs où elle pensait à sa famille. Toutes ses années pleines de douloureux souvenirs l’avaient rendue amère et dure. Ils avaient aussi porté leurs fruits. Plus que jamais elle allait se battre pour ne plus avoir à souffrir ni à dépendre de qui que ce soit. Sa nouvelle vie sera comme un rêve.
Grâce à aâmi Ramdhan, elle obtient sa pièce d’identité. Elle s’appellerait Zakia même s’il ne colle pas à la peau. Elle lui aurait été très reconnaissante s’il ne tentait pas de profiter d’elle. Il n’avait pas encore eu de geste déplacé, mais elle le sentait prêt à profiter de la moindre occasion pour se rapprocher d’elle.
Alors le soir, elle bloque la porte avec une chaise. Elle ne veut pas qu’il vienne abuser d’elle en plein milieu de la nuit. Elle a hâte de partir d’ici. Vivement le jour où Soussou lui apprendra qu’elle a trouvé l’appartement dont elles rêvent. Elles s’entendent si bien et Maria n’hésite pas à lui confier son secret. Soussou lui demande de ne pas changer ses habitudes afin de ne pas éveiller les doutes du vieil homme. Il ne devait pas savoir qu’elle allait partir s’installer ailleurs, dans un quartier où il ne pourra pas la retrouver. Le jour tant rêvé arrive cinq mois après son arrivée à Alger.
Soussou a loué un F2 à Rouiba. Elle décide d’emménager en premier.
-Tu ne peux pas venir avec moi maintenant. Il se douterait de quelque chose. On ne peut pas prévoir sa réaction. Après-demain, tu prends toutes tes affaires et tu fais semblant de partir au hammam. Je t’attendrais à l’arrêt de bus !
Maria voudrait partir en même temps qu’elle. Elle craint que Soussou ne change d’avis et ne veuille plus cohabiter avec elle.
Elle se retrouverait à la case départ et elle ne le supporterait pas. Alors elle lui confie avoir de l’argent. Soussou écarquille les yeux. Il leur sera utile pour meubler l’appartement ou l’améliorer. Pour rien au monde, elle ne la laisserait tomber maintenant. Elle est si jeune, belle et ignore tout de la vie. Elle ne pourrait trouver meilleure colocataire.


 (À suivre)
 A. K.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER