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Autres / Récit de Adila Katia

Les doutes

19e partie

Résumé :  Fadhéla n’est que douleurs quand elle reprend conscience. Elle ne pense même pas à le quitter. Pour se faire pardonner, Akli l’emmène à travers la France d’une ville à une autre, dépensant sans compter. Mais les bonnes choses ont une fin. Après un séjour de deux mois, ils rentrent au pays…


Ça va ? Vous avez fait bon voyage ? Vous n’êtes pas trop fatigués ?
Fadhéla s’efforce de sourire à son beau-fils Sami. Les questions pleines de sollicitude ne la touchaient pas. S’il n’en tenait qu’à elle, ils ne seraient pas venus. Elle était fatiguée et ennuyée par le comportement de son mari.
À chaque fois que Sami s’adressait à elle, il se tournait pour les regarder. Un regard qui lui rappelait un mauvais souvenir, celui d’une scène de jalousie terrible. “J’aurais pu y laisser ma vie”, songe-t-elle de nouveau mal à l’aise face au regard de son mari. “Qu’est-ce que je pourrais faire pour être tranquille ?”
-Votre voyage s’est bien passé ? demande Sami. Où êtes-vous allés ? Qu’avez-vous fait de particulier ?
-On a visité des monuments, on a pris des photos à Versailles, on a même fait un petit film souvenirs de notre passage à Cannes, répond Akli à son fils, ne donnant ainsi pas l’occasion à Fadhéla de parler. C’était superbe !
-Vous êtes allés à Cannes ? reprend Sami. Vous vous êtes baignés ?
-Fadhéla seulement… Enfin, je restais au bord de l’eau… Je me mouillais les jambes ! Vous savez bien que je n’ai jamais été un bon nageur !
-Dis tout simplement que du temps de maman, vous ne sortiez jamais ! Elle n’a jamais vu la mer en ta compagnie ! Et où aurais-tu appris à nager ? Tu n’allais jamais à la mer !
Fadhéla a un pincement au cœur en pensant à cette fameuse semaine passée à Cannes. Elle ne s’était baignée que deux fois, prenant le risque de provoquer une nouvelle scène de jalousie lorsque des baigneurs se hasardaient près d’elle. Akli la suivait jusqu’au bord de l’eau et si ce n’était pas le risque de se noyer en allant la rejoindre, il ne l’aurait pas lâchée d’un bras. Les autres jours, il préférait rester dans leur chambre d’hôtel. Fadhéla n’avait pas le choix. Elle restait avec lui…
-Papa devait être un tout autre homme pour vous avoir permis de vous baigner, fait remarquer son beau-fils quand Akli s’est rendu à la salle de bain.
-Vous avez beaucoup de chance… Il a changé… Ma défunte mère en a vu de toutes les couleurs… Il ne lui faisait jamais confiance… Elle ne partait jamais au hammam… Elle ne passait jamais la nuit chez ses parents… Depuis leur mariage, il l’avait privée de tout… J’espère qu’avec vous, ce ne sera pas le même scénario ! Ça s’est vraiment bien passé en France ? Il ne vous a fait aucune scène de jalousie ? Il vous a vraiment laissée vous baigner ?
-À deux reprises, répond-elle. Il y a eu un moment très fort…
Fadhéla lui en aurait dit plus long si son mari n’était pas revenu de la salle de bain. Son beau-fils venait de la toucher en parlant de son père, des misères qu’il avait faites à sa défunte mère. Akli ne lui avait jamais parlé d’elle ni même du bonheur qu’ils avaient pu partager de son vivant. Elle comprend et réalise qu’il est vraiment de nature jalouse et suspicieuse. Elle espère au fond de son cœur qu’elle n’aura plus à la subir. Elle sent son dos se glacer en pensant à ce qu’elle a vécu le lendemain même de leur mariage. Jamais elle ne pourra supporter d’être battue une fois de plus…
-De quoi étiez-vous en train de parler ?
Fadhéla écarquille les yeux. La question de son mari venait de lui en rappeler une autre, posée dans un autre pays, dans un autre décor, pour rien. Elle ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter, en pensant à ce que Sami venait de lui dire. Elle craignait que son mari lui rende la vie infernale en doutant d’elle et de ses enfants….


(À suivre)
A. K.


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