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Autres / Récit de Adila Katia

Maria

20e partie

Résumé : Soussou est bien surprise en découvrant les changements dans l’appartement. Maria l’avait repeint et décoré. Il est beaucoup plus chaleureux. Quelques jours après, Maria tombe sur une annonce.

Maria est heureuse d’avoir ce travail. Elle se donne à fond pour satisfaire Zoulikha qui avait un œil partout. La jeune fille aurait bien travaillé comme masseuse si elle le lui avait permis. Elle voyait les trois masseuses se faire beaucoup d’argent sur le dos des clientes. Elle a conscience que beaucoup méprisaient ce travail alors qu’elles auraient pu sauver leur peau ou leur famille de la précarité. D’autres volaient au risque de se faire attraper par leur victime et ramener au poste de police le plus proche au lieu de se rendre justice.
Maria préférait gagner honnêtement sa vie. Avec l’accord de Zoulikha, elle ramenait du thé dans des thermos et des gâteaux qu’elle préparait à la maison. Les gâteaux destinés à la vente plaisaient beaucoup. Certaines clientes qui sortaient du bain, en hypoglycémie, appréciaient ces petites attentions. Elles lui laissaient des pourboires.
La jeune fille tissait des relations avec elles. Elle les revoyait avec plaisir, prenait de leurs nouvelles et se chargeait de ranger leurs affaires. Certaines d’entre elles, au courant de sa situation, lui apportent des choses dont elles n’ont plus besoin.
Elles sont toutes issues de familles riches. Elles se parent d’or en venant au bain. Maria ne peut que les admirer et rêver en posséder. Elle se demande pourquoi elles les exhibent. En particulier une jeune blonde aux longs cheveux. Fifi, à chaque bain, porte de nouveaux bijoux.  
Elle commande deux gâteaux et du thé que Maria lui sert avec plaisir.
-Tu es très belle, tu sais… Mais pourquoi travailles-tu ici ?
Maria hausse les épaules.
-La vie a choisi pour moi, répond-elle. Et toi, que fais-tu dans la vie ?
-Ah ça, je ne peux pas te dire, répond-elle en riant.
-Tu es d’Alger ?
Si au début elle lui cachait son histoire, cette fois, elle lui dit la vérité.
-Je suis de l’ouest du pays ! Tu sais quoi, j’ai fugué. Mon père était alcoolique, et pour un rien il nous battait, ma mère et moi ! Un jour, j’en ai eu marre et j’ai tout plaqué pour venir ici !
-Tu as de la famille ici ?
-Non, j’ai galéré les premiers mois de mon arrivée, je travaillais dans un restaurant comme serveuse où je logeais aussi. J’y ai créché pendant plusieurs mois ! J’étais bien avec le fils du patron, mais le jour où j’ai cessé d’être gentille avec lui, je me suis retrouvée à la rue, sans travail et sans toit !
-Pff, fait Maria, dégoûtée. Et après ?
-Pour m’en sortir, je n’ai pas joué au loto, lui confie-t-elle. J’ai commencé à danser dans une boîte de nuit, puis j’ai rencontré quelqu’un !
-Un homme riche ? Il tombe sous ton charme et te demande en mariage ? C’est ça ?, l’interroge la jeune fille, avec un air rêveur dans les yeux. Raconte !, la presse-t-elle. Il te sauve de la rue et fait de toi une femme comblée ! N’est-ce pas ?  
-Ce n’est pas ce que tu crois Zakia, murmure Fifi en baissant les yeux. Je ne me suis pas mariée avec lui, et je ne crois pas qu’un jour cela puisse
arriver !
-Tu ne voles pas j’espère ?
-Non, soupire Fifi qui hésitait un peu à lui avouer ce qu’elle faisait réellement depuis 10 ans. Je suis à lui sans être sa femme !
-Comment ?
-C’est simple ! Dès qu’un homme veut passer des bons moments, je pars avec lui, en échange il me couvre de cadeaux ! Quand il ne me paie pas…
-Ah…
Maria n’ajoute rien, la regardant les yeux écarquillés, jamais elle n’a été si choquée.
Pendant un moment, elle est figée, se demandant comment cela peut être possible de tomber aussi bas. Elle était déçue et désolée pour elle.
-Ne me regarde pas de haut, lui dit-elle, blessée par son attitude. Ne me juge pas sévèrement. Ta situation n’est pas plus enviable que la mienne ! Tu n’es pas à l’abri ! Peut-être que tu seras contrainte à faire le
trottoir !  
Maria prie pour que cela ne lui arrive jamais ! Ce soir-là, dégoûtée et fatiguée, elle rentre et ne prépare pas à dîner. Soussou n’est pas là. Elle a remarqué qu’elle rentrait de plus en plus tard. Depuis qu’elles habitent ensemble, elle ne s’occupe que de sa personne. Maria fait tout, mais ces derniers temps elle est si fatiguée que son aide serait la bienvenue. Même si elle préfère sa vie actuelle à celle du village ou à l’hôtel, Soussou profite d’elle. Elle décide de l’attendre pour lui en toucher deux mots. Mais sa colocataire tarde à rentrer, et quand elle le fait, un homme l’accompagne…


 (À suivre)
 A. K.


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