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Autres / Récit de Adila Katia

Maria

23e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

3e chapitre  : Nouveau départ

Résumé : Maria, qui en a gros sur le cœur, se confie à Zoulikha et Fifi. Cette dernière promet de parler d’elle à une amie qui part s’installer à l’étranger. Maria ne supporte plus de vivre sous le même toit que Soussou et Djaâfar. Elle fait tout pour les éviter. Un matin, la voisine tambourine à leur porte. Maria a un coup de fil…

Maria a le cœur qui bondit quand elle reconnaît la voix de Fifi.
- Bonjour, qu’est-ce qui t’arrive ?
- Écoute, dit Fifi, sans même répondre, il fallait que je te parle maintenant ! Mon amie est d’accord pour te louer son studio ! Sauf si tu as trouvé autre chose ailleurs !
- Non, non… Ya  Rabi ! Hamdoullah, murmure Maria, en pleurant d’émotions. Je m’imaginais déjà à la rue !
Et là, tu me dis…
- Oui, Allah n’abandonne personne ! Écoute, d’ici quelques jours, tu pourras emménager ! D’ailleurs, je vais m’arranger pour que vous vous voyiez prochainement !
- Quand tu veux, réplique la jeune fille en essuyant ses larmes. Qu’Allah te récompense, car quoi que je puisse faire, ce ne sera rien par rapport à ce que tu viens de faire pour moi !
- Tu as de la chance ! C’est tout ! Dis, qu’as-tu prévu pour aujourd’hui ?
- Rien, c’est ma journée de libre ! Celle où j’en profitais pour préparer des gâteaux, mais si tu as besoin de moi, je me libérerai ! Il y a plus urgent !
- Puisque tu es libre, à  partir de 10h, propose Fifi, on peut se retrouver aux arrêts de taxi. On ira ensemble la voir !
- Ça m’arrange… Merci encore !
Lorsqu’elle raccroche, sa voisine remarque ses larmes et son visage rougi par l’émotion.
- Mais qu’est-ce qui t’arrive ?
Tu as reçu de bonnes nouvelles j’espère !
- Oui…
Maria ne lui en dit pas plus. Elle retourne chez elle et une fois dans sa chambre, elle laisse couler les larmes de soulagement. Elle est si heureuse d’avoir résolu son problème. Elle n’aura plus à cohabiter avec un couple qui n’a aucun respect pour les valeurs. Car, rien ne lui prouve que Djaâfar soit son ex-mari. Elle ne peut pas lui demander de montrer ses papiers puisqu’elle ne sait pas lire. Comme elle allait bientôt partir, elle ne tient pas compte de la tension qui existe entre eux. Soussou pourra être tranquille avec son ami. Mais avant, il  faudra qu’elle la rembourse. Sans son argent, elles n’auraient jamais pu obtenir cet appartement. Maria ne lui en parlera pas tout de suite. Elle attend d’avoir vu la propriétaire de l’appartement. Fifi plaide en sa faveur. Grâce à elle, le studio meublé et possédant toutes les commodités, lui reviendra à 5000 DA. Elle a conscience d’avoir fait une affaire en or.
- Tout ce que je te demande, lui dit Samia, la propriétaire, c’est de bien l’entretenir. Mes voisines me tiendront au courant. Pas de conneries ! la prévient-elle.
- Ne vous inquiétez pas !
La jeune fille voudrait y emménager le plus vite possible uniquement pour être sûre qu’elle ne changera pas d’avis si elle trouve plus offrant. Mais Fifi la rassure. Son amie a été touchée par son cas désespérant. Elles ne tardent pas à partir. Maria retourne à l’appartement, plus sereine que jamais. Lorsqu’elle se met à prier, c’est pour remercier Allah de ses bienfaits. Dès que Soussou rentre de travail, elle sort de sa chambre et la rejoint à la cuisine.
- Ton ex n’est pas là ?, demande Maria.
- Il va rentrer d’un instant à l’autre, répond Soussou. Pourquoi ?
Maria en profite pour la mettre au courant et lui demande de la rembourser. Elle a besoin de son argent pour partir d’ici. La réaction de sa colocataire la surprend. Celle-ci s’emporte. Elle n’a pas l’intention de tenir parole.
- Je ne peux pas ! Je n’ai pas cette somme ! Si tu n’avais pas participé, on ne l’aurait pas eu !
- Demande à ton homme, puisqu’il vit ici, qu’il trouve l’argent et je partirai sur le champ !
- Tu crois que c’est facile de réunir autant d’argent ? Mais tu n’as pas conscience qu’on ne pourra jamais te le rendre ! Ce que j’épargne maintenant, c’est pour renouveler le bail plus tard !
- Mais qu’est-ce que je vais devenir ? Si tu m’avais dit que tu le ramènerais ici, jamais je n’aurais quitté l’hôtel !
- Écoute, personne ne te force à partir ! Mais si tu tiens à ne plus nous avoir dans le dos, tu n’as qu’à retourner chez ton père ! J’ai bien peur que tu te feras avoir sans cesse ! C’est un cauchemar pour Maria. Sa journée avait si bien commencé. Aurait-elle rêvé ? Elle pleure de rage et d’impuissance, car elle ne peut rien faire contre eux. Tous les papiers sont au nom de sa colocataire. Il n’y a aucune preuve qu’elle ait participé financièrement. Elle ne pourra jamais se plaindre. Elle n’a pas les moyens d’engager un avocat. Sa cause est perdue d’avance. La mort dans l’âme, elle va à son travail. Elle met au courant Fifi qui passait la voir. Elle est toute indigne mais elle ne peut rien faire pour elle, à part aller parler à Samia et lui expliquer sa situation. Maria pleure, consciente que la malchance la poursuit où qu’elle aille…

(À suivre)  A. K.


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