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Autres / Récit de Adila Katia

Les regrets ne changent rien

25e partie

Résumé : Ibtissem rappelle chez elle mais personne ne décroche. Fethi est injoignable. La jeune femme s’en veut à mort. Elle appelle Ouahab et lui demande de l’aider, mais ce dernier lui conseille de rentrer et de se battre pour son mariage. Elle ne lui a pas dit toute la vérité. Après ce qu’elle a fait, elle n’ose même pas se présenter chez ses parents…

- Soyez la bienvenue ! J’espère que vous vous plairez parmi nous !
Ibtissem hoche la tête, reconnaissant, malgré la peine qu’elle traînait, que l’accueil est chaleureux. Ces collègues font tout pour la mettre à l’aise et l’aider dans ses nouvelles responsabilités.
Elle a déjà deux dossiers sur le bureau. Elle tente de se concentrer, mais toutes ses pensées sont à Alger. Elle reste accrochée au téléphone, une grande partie de la journée, à tenter de joindre Fethi. La déception la fait soupirer bien des fois. Elle étouffe, repousse les dossiers et décide de rentrer chez elle. Elle décide de rentrer à pied, espérant pouvoir calmer son cœur.
Elle a mal au cœur et un mauvais pressentiment. Elle rentre chez elle sans même acheter du pain et du lait.
L’appartement vide finit par lui miner le moral. Elle craque et se met à pleurer. Le téléphone se met à sonner et elle s’empresse d’aller répondre. C’est son amie Fella. Elle est bien heureuse de lui parler, d’avoir quelqu’un à qui se confier. Elle lui raconte presque tout. Fella est choquée.
- Non, tu ne l’as pas fait ! Rassure-moi !
Ibtissem ne répond pas. Son silence est éloquent.
- Mais pourquoi tu as tout gâché ? Fethi est quelqu’un de bien ! Il supportait tous tes caprices, ton fichu caractère ! Mais qu’est-ce qui t’a pris de jouer avec le feu ?
- Je ne sais plus ce qui m’a pris ! J’ai été folle d’entrer dans son jeu ! D’ailleurs, c’est en voulant rompre avec lui que j’ai provoqué la fin de mon mariage ! Il m’avait menacée de tout raconter mais je ne le croyais pas ! À cause de lui, de la vieille sorcière que j’ai pour belle-mère, je crois que j’ai tout perdu ! Est-ce que tu peux aller voir Fethi et lui parler ? Le convaincre de m’écouter ?
- Oui, je le ferai ! promet Fella. Je dois chercher après lui chez vous ou au lycée ?
- à ces deux endroits, dit Ibtissem. Je dois absolument lui parler même si j’ignore quoi lui dire ! Je l’aime…
- Ma pauvre amie ! S’il décide de te pardonner, tu devras te couper en trente-six pour lui ! Car les hommes comme lui ne courent pas les rues !
- Je sais, je sais…
Elle raccroche lentement et se remet à pleurer. Le fait de s’être confiée ne l’a pas soulagée. Même si elle sait que son amie allait chercher après Fethi, elle ne se sent pas mieux.
Elle regarde les cartons qu’elle n’avait pas déballés. Elle était là depuis quarante-huit heures et il lui semble que c’est une éternité qui est passée depuis son départ d’Alger.
Ses parents lui manquent. Elle ne peut pas continuer ainsi. Elle décide de les appeler. Le téléphone sonne et personne ne répond. Elle rappelle, et de nouveau ça sonne plusieurs fois.
“Ce n’est pas possible ! Ils ont l’habitude de sortir le matin mais pas en fin de journée !”
Elle recompose le numéro, espérant s’être trompée. Mais de nouveau, les sonneries retentissent longtemps avant qu’elle ne se décide à raccrocher. “Où peuvent-ils être allés ? Ce n’est pas dans leurs habitudes de s’absenter en même temps ! Sauf s’il y a un décès dans la famille. Il leur faudrait se déplacer à l’intérieur du pays, mais jamais ils ne passent la nuit hors de chez eux ! Que se passe-t-il ?” Ibtissem passe une mauvaise nuit, et le lendemain lorsqu’elle se rend à son travail, elle est de mauvaise humeur. Sa secrétaire, une femme proche de la retraite, la supporte. Elle a remarqué sa triste mine et elle est si pâle qu’elle lui propose même de lui commander un petit-déjeuner.
- Vous ne prenez pas assez soin de vous ! Vous devriez mieux vous alimenter. De quoi avez-vous envie ? De jus de fruits ? De croissants ? Des gâteaux ?
Ibtissem lève les yeux de son dossier, surprise. Elle regrette déjà son comportement.
- Non, merci… Excusez-moi ! Je ne voulais pas être désagréable avec vous ! Merci de vous inquiéter… Je n’ai pas d’appétit ! Aucune envie…
- Il faut vous forcer un peu ! L’appétit vient en mangeant, dit-on !
- Non, j’ai envie de vomir rien qu’en pensant à la nourriture ! Mais si cela me passe et que j’ai faim, je vous chargerais de mon déjeuner !
La secrétaire retourne à son bureau, tirant la porte derrière elle, pour qu’elle ne soit pas dérangée. Elle ne se remet pas au travail tout de suite. Elle appelle la pharmacie et elle est bien heureuse d’entendre Madjid. Elle peut enfin déverser sa colère sur lui.
- Mais qu’est-ce qui t’a pris ? Tu viens de briser mon foyer ! J’ai fait l’erreur d’être avec toi et tu me l’as fait cher payer ! Qu’as-tu dit à Fethi ?
- Que s’il ne peut pas faire ton bonheur, je prendrai bien la relève ! dit Madjid. Je tiens vraiment à toi ! Reviens ou laisse-moi te rejoindre ! Dis-moi où tu es !
 - J’espère que tu brûleras en enfer toi et ma belle-mère ! Si jamais Fethi ne veut plus de moi, sache que je m’arrangerais pour te le faire payer ! Tu regretteras de m’avoir connue !


(À suivre)
A. K.


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