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Autres / Récit de Adila Katia

Maria

26e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

3e chapitre  : Nouveau départ

Résumé : Soussou a des regrets en voyant Fifi. Elle ne lui inspire pas confiance. Elle demande à Maria de rester, mais celle-ci refuse. Elle part avec Fifi. Un homme les conduit chez elle dans une grande villa. Fifi l’installe dans une belle chambre. Elle a beaucoup de projets pour Maria. Elle va lui apprendre le métier…

Fifi ne laisse pas Maria sortir seule. Elle s’occupe d’elle et de son éducation. Elle l’inscrit chez une retraitée de l’enseignement pour qu’elle puisse apprendre à lire et à écrire. Elle ne l’enverra pas passer des examens, mais elle doit savoir au moins écrire son nom et prénom, lire les pancartes, les dates de péremption des médicaments ! Enfin le peu qu’il faut pour s’en sortir…
Maria espère que Fifi a abandonné l’idée de lui trouver un client riche. Elle n’a pas aucune envie de devenir une prostituée. Rien que le fait d’y penser lui donne des maux de ventre.
-Arrête de faire la fine bouche ! Prends ce que la vie t’offre ! N’est-ce pas merveilleux !, s’écrie Fifi en voyant son cahier d’écriture. Tu as une belle écriture !
-Merci. Tu sais, j’apprends vite ! Si tu me dépannais jusqu’à ce que j’aie un niveau, je te rembourserais ! Je n’ai pas besoin de beaux vêtements et de bijoux ! Je ferais une formation, irais travailler dans un atelier, une usine…
-Mais ma belle, je t’apprends juste l’essentiel ! Tu sais bien te tenir, tu parles doucement, il te manquait juste de savoir écrire ton prénom ! Tu n’as besoin d’aucun niveau pour vivre la belle vie ! Tu auras tout ce qu’une femme peut désirer !
-Dans ma tête, dans mon éducation, tout est relatif au mariage ! Je ne voyais pas autrement ma vie !
-Arrête de rêver ! Il faudra bien que tu t’y mettes un jour ! Samia part cette semaine ! Tu emménageras chez elle, mais je garderai un œil sur toi et toutes tes activités ! D’ailleurs, il y aura toujours quelqu’un pour te surveiller !
Maria est forcée de lui obéir. Elle ne peut pas se rebeller contre elle. Elle vit chez elle. Elle n’a nulle part où aller. Et là où elle ira, elle sera surveillée.
-Allez, je te laisse, j’ai mon ami qui va arriver d’une minute à l’autre !
Fifi va se refaire une beauté. Maria reste dans sa chambre même si elle est curieuse. Elle voudrait le voir. Est-ce lui qui les avait ramenées de Rouiba ?
Elle s’approche de la fenêtre et sans tirer le rideau, elle voit une belle voiture se garer dans l’allée. Deux hommes en descendent. Fifi va à leur rencontre et les accueille chaleureusement. Ils vont s’installer à la terrasse. Ils sont trop loin pour entendre ce qu’ils disent. Maria retourne à son écriture, mais ne cesse de faire des ratures.
Fifi rentre pour préparer du café. Son ami qui est dans l’import-export lui a apporté des cadeaux achetés à l’aéroport d’Orly. Elle va trouver Maria et les lui montre.
-Tu vois Zakia, tu crouleras sous les cadeaux, tout prochainement !
-Je n’en ai pas envie. La vie ne m’a jamais fait de cadeau et les obtenir de… cette façon, ajoute Maria en faisant la moue, franchement, non ! Fifi, aide-moi à m’en sortir sans avoir à me “donner” ! Je te jure que je te rembourserai, promet la jeune fille. Écoute, je pourrais être ta femme de ménage ! Je ferais ce que tu voudras…
-Non, non, non ! Ta destinée est toute tracée, réplique Fifi. Quoi que tu puisses faire, cela ne couvrira pas tes factures ! Tu dois avoir un travail qui puisse te mettre à l’abri du besoin ! Pour y parvenir, tu n’auras qu’une seule chose à faire ! D’ailleurs, tu vas nous apporter le café. Je veux te présenter !
-Non, prends-le avec toi !
-Zakia ! J’insiste. Rejoins-moi à la terrasse, avec du café pour les invités ! lui ordonne-t-elle en refermant le cahier. L’écriture attendra !
Maria soupire. Elle va à la cuisine, prépare un plateau, y pose la cafetière encore brûlante et des tasses. Elle tarde dans la pièce, n’ayant pas envie de les rejoindre.
-Zakia ! Zakia !
Fifi ne lui laisse pas le choix. Elle prend le plateau. Ces mains tremblent. Elle respire à fond comme si elle allait plonger, puis les rejoint à la terrasse.
-Ah enfin ! s’exclame Fifi. Mes chers, je vous présente Zakia…
Maria pose le plateau puis s’efforce à sourire.
-Alors mon ami Kader et Zino…
Ils s’échangent une poignée de main. Maria garde les yeux baissés. Elle se détourne, prête à retourner à l’intérieur, mais Fifi la stoppe.
-Non, reste avec nous ! dit-elle tout en servant Kader et Zino. On était en train de parler d’une soirée. Tu es aussi invitée. Zino voudrait de la compagnie !
-Zakia, c’est un joli prénom, dit ce dernier. C’est la première fois que je te vois ici ! remarque-t-il avant de se tourner vers Fifi : pourquoi ne jamais m’avoir dit que tu avais une amie aussi belle ?
-Non, ce n’est pas une amie, mais une cousine… Elle vient de loin, répond-elle. J’espère que vous saurez vous entendre ! Zakia, tu ne peux pas t’imaginer ! Zino est quelqu’un d’adorable !

(À suivre) A. K.


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