Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

Autres / Récit de Adila Katia

Les regrets ne changent rien

31e partie

Résumé : Ibtissem se rend au cimetière et se recueille sur la tombe de son mari et celle de sa mère. Elle regrette. Elle sait qu’elle est la cause de leur mort et ne se le pardonne pas. Mais elle est aussi en colère après sa belle-mère. Fella qui la retrouve à l’hôtel le lendemain lui reproche ses coups de tête. Personne ne l’a forcée. Ce qui est arrivé est de sa faute. Elle paie le prix de ses folies. Ibtissem ne se projette plus dans l’avenir.

Si Fella la laissait à son triste sort, Ibtissem se laisserait mourir de chagrin. Les regrets lui empoisonnent la vie. Elle a mauvaise conscience, et même dans les rares moments où elle parvient à s’endormir, elle rêve de sa mère en colère. Elle se réveille à chaque fois en larmes.
Elle ne trouve plus la paix. à chaque fois qu’elle s’en sentait la force, elle se rendait au cimetière. Elle implore sa mère et Fethi de lui pardonner, mais seul l’écho de ses sanglots lui parvenait pour réponse.
- Calme-toi Ibtissem ! Cesse de te torturer ! C’est vrai que tu es en partie responsable, mais leur mort, ce n’est pas toi qui en a décidé ! Il était écrit qu’ils mourraient… Même en étant restée, et sans avoir fait de problème, ils nous auraient quittés ! Allah a décidé de les rappeler auprès de Lui, alors tu dois l’accepter ! Personne ne peut aller contre Sa volonté ! Ressaisis-toi ! Tu n’es plus seule ! Pense au bébé ! Il va naître dépressif si tu continues à pleurer et à te laisser mourir !
Ibtissem a beau protester, Fella la ramène à l’hôtel et la force à prendre une douche. Une fois rafraîchie, elle la force à se nourrir un peu. À ses yeux, c’est un miracle si son amie tient encore debout.
Un matin, elle reçoit un coup de fil de son ami Ouahab qui la sait au chevet d’Ibtissem. Il l’informe qu’elle vient de décrocher un entretien d’embauche.
- Il faut que tu sois présentable et surtout ponctuelle ! C’est une entreprise privée, tu dois faire bonne impression dès le départ !
- T’inquiète, je serai à l’heure !
Fella est si heureuse qu’elle secoue presque son amie malgré elle.
- Tu as entendu Ibtissem ? Je vais peut-être trouver du travail ! Ce serait merveilleux ! Je ne veux pas retourner chez ma famille et me croiser les pouces ! Je vais être indépendante et je pourrais aider ma famille !
- Oui, vas-y ! J’espère que cela marchera ! Tu en as besoin, et l’aide que tu apporteras à ta famille sera une bénédiction ! Fais-leur du bien ! Ne leur cause plus de souci ! Maintenant que j’ai perdu maman, je me rends compte que je lui ai empoisonné l’existence jusqu’à son dernier jour Fella ! Je le regrette tant ! Si seulement je pouvais retourner en arrière !
- C’est impossible ! Qui n’a pas fait d’erreurs dans sa vie ? Je trouve que tu te tortures trop ! Tu oublies même que tu portes la vie en toi ! Tu dois te relever pour ton enfant ! Il aura besoin d’une mère forte et non
pas d’une mère dépressive et suicidaire ! Je vais devoir t’abandonner à ton sort, le temps de quelques heures !
Promets-moi de te ressaisir !
- Va à ton rendez-vous ! Ne t’inquiète pas pour moi…
- Pourquoi tu ne m’accompagnerais pas ? Tu pourrais me conseiller ! Que dois-je porter ? Est-ce que je dois me couper les cheveux ?
Me maquiller ? Je t’en prie Ibtissem… Aide-moi ! Je n’ai personne d’autre que toi pour me conseiller !
Ibtissem lui montre son sac à main.
- Apporte-le-moi !
Fella s’exécute. Elle regarde son amie sortir sa carte bancaire. Elle lui donne le code d’accès.
- Prends ce qu’il faut pour couvrir tes achats ! Coupe-toi aussi les cheveux ! Tu dois être présentable !
- Mais je crains de ne pas être à la hauteur, une fois devant le responsable, s’inquiète Fella. Wallah, j’ai peur…
- Non, tout se passera bien, tu verras ! Allez file ! Reviens-moi transformée ! Comme la battante que je connais ! Tu devrais décrocher cet emploi facilement !
- Incha Allah !
Fella embrasse son amie et la serre fort dans ses bras.
- Je te rembourserai, promet-elle. Merci Ibtissem ! Merci…
- Si tu décroches l’emploi ! Mais je ne te prête pas l’argent, je te le donne, tu en as besoin ! Allez, tu as assez traîné ici ! Pars ! Allah isahel !
Fella la serre une dernière fois dans ses bras, puis part. Ibtissem s’assoit près de la fenêtre donnant sur la ruelle. Elle voit des femmes revenir du marché, des couples passent, se chuchotant, elle imagine des promesses d’amour. Elle se revoit avec Fethi. Elle se rappelle leur amour. Fethi avait vu en elle la femme de sa vie dès leur première rencontre.
- En effet, je l’étais et je suis l’unique femme qu’il a eue ! J’ai tout foiré ! Pardonne-moi Fethi ! J’étais indigne de toi ! Dans le fond, ta mère avait raison !
Une douleur traverse son bas-ventre et lui coupe le souffle. Ibtissem se mord la lèvre, puis gémit. Elle tente de se lever, mais la douleur persiste. Elle attrape le téléphone et appelle la réception pour demander de l’aide…


(À suivre)
A. K.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER