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Autres / Récit de Adila Katia

Denia

35e partie

Résumé : Lyès est triste. Sa mère les a quittés au moment où il retrouvait sa femme. Il ne peut pas forcer Selma à l’accompagner. Selma le rassure. Elle ne veut pas lui compliquer la vie. Elle l’attendra le temps qu’il faut…

Lyès est soulagé. Le deuil qu’il porte et l’épreuve qui les attend avec leur père seront éprouvants. Il a besoin de son soutien pour avancer. Son rétablissement prendra des semaines. Il allait avoir besoin de toute sa famille. Elle comprend que Lyès se sente mal à l’idée de ne pas être présent pour lui. Elle se demande s’il ira jusqu’à abandonner son travail et se relancer dans une relation compliquée.
Car rien ne sera facile pour eux. Selma en a conscience. Tout en dépoussiérant l’appartement, elle ne cesse de penser aux sacrifices à venir. Elle ne se sent pas prête à leur pardonner. Ils ont été odieux avec elle. Tout est encore vif en elle, même si plusieurs années sont passées. Il suffit de voir son fils pour réaliser qu’à cause d’eux et de sa décision irréfléchie, elle a raté les plus belles années de sa vie d’enfant, et rien de ce qui pourra arriver ne les séparera.
Elle ne veut plus le perdre. Quand elle croise son regard interrogateur, elle se demande à quoi il peut penser. Parfois il la rejoint dans la pièce qu’elle est en train de nettoyer, comme pour s’assurer qu’elle est toujours là.
- Tu dois avoir faim mon ange ?
- Non, dit-il en venant se blottir dans ses bras.
- Tu as peur que je parte ?
- Tu es guérie maintenant ? Tu ne vas plus partir ? Tu ne me laisseras plus ? Tu ne vas pas mourir ?
- Oui, je te le jure ! Je ne te quitterai plus ! Je serai toujours là, jusqu’à ce que tu sois un homme marié avec beaucoup d’enfants ! Je veux voir tes enfants grandir ! J’ignore si je serais une bonne grand-mère mais je te promets de les gâter !
Elle le serre très fort dans ses bras, puis l’embrasse tendrement sur les joues, le front, le cou, provoquant son rire. Il est si doux, à ses oreilles. Elle ne se lasse pas de l’entendre.
- Est-ce que je dormirai avec toi ce soir ?
- Bien sûr ! Tous les soirs, promet-elle. Je te lirai des histoires. Les nuits où je n’arrive pas à dormir, je prends un livre et je lis quelques pages ! Et toi, qu’est-ce que tu aimes ?
- J’aime bien les bandes dessinées, dit Samir. Papa m’en offre tous les mois. J’aime bien colorier… Parfois je joue avec des puzzles !
- Je crois que j’en avais un ! s’écrie-t-elle. J’ignore s’il est encore ici, si ma mère ne l’a pas jeté !
- Ta mère ? Tu veux dire ma grand-mère ? Où est-elle ? l’interroge l’enfant. Est-ce qu’elle est aussi morte ?
- Non… si… Je vais regarder dans la garde-robe. Même si elle a été vidée des vêtements qu’elle contenait, je vais voir dans les tiroirs du bas où elle avait l’habitude de ranger ses livres et ses cahiers. J’espère qu’ils y sont encore…
Elle retire les tiroirs et les inspecte, heureuse de retrouver des souvenirs de son enfance et de son adolescence. Les puzzles sont bien là, mais aussi des photos prises lors d’une fête qui a tout bouleversé dans sa vie.
C’était à cette fête qu’elle avait fait connaissance avec Lyès. Ils sont sur la même photo, en compagnie de leurs amis. Il a un sourire charmeur. Elle a les yeux baissés. Elle ne se rappelle pas de cet instant.
- C’est papa ! s’écrie Samir, regardant par-dessus son épaule. Qui sont les autres ?
- Des camarades de classe. C’est ce jour-là qu’on s’est connus, lui confie-t-elle. On était jeunes comme tu le vois !
- Tu l’aimais déjà ?
- Oui… Tiens mes puzzles !
- Papa a l’habitude de m’aider !
- Donne-moi le temps de ranger ça et je vais t’aider !
Le temps de finir, elle va s’asseoir près de lui. Il a versé les pièces du puzzle à même le sol et se casse la tête. Elle est heureuse de pouvoir à l’aider à reconstituer le paysage. Samir se concentrait, essayait de placer un morceau puis recommençait sous l’œil attentif de sa mère. Ce jeu ressemble un peu à leur vie…


(À suivre)
A. K.


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