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Autres / Récit de Adila Katia

L’inaccessible

62e partie

Résumé : Salem n’a pas dormi de toute la nuit. Il n’a pas cessé de penser à son père, à ses grands-parents. Le fait qu’ils ne veuillent pas de lui le laisse perplexe. Il regrette d’avoir énervé sa mère. Elle a toujours tout fait pour qu’il ait la meilleure éducation et qu’il ne manque de rien. Le matin, il lui prépare le petit-déjeuner. Maria s’emporte presque lorsqu’il parle de rester à son chevet…

Maria prévient son travail qu’elle ne pourra pas venir. Elle prend son traitement puis se met en tête de chercher dans ses papiers quelques lettres de Yahia. Elle les gardait dans sa mallette à bijoux depuis des années. Elle tombe sur la lettre qu’elle lui avait écrite un soir où elle était mal pour l’informer de sa paternité. Elle ne l’avait jamais envoyée. Si Salem les découvre, il n’hésitera pas à se rendre à cette adresse. S’il apprend que son grand-père est mort depuis longtemps, il voudra prendre soin d’elle jusqu’à sa dernière heure.
- Il ne doit pas les retrouver !
Maria se débarrasse de tout ce qui comporte l’adresse de Yahia. Elle brûle ces lettres dans l’évier de la cuisine. Elle a coupé avec le passé depuis des années. Si son fils découvre la vérité, il va la détester et se détourner d’elle.
- Non, dit-elle. C’est mon fils à moi ! Il ne partira pas…
- Maman ! Tu parles toute seule !, s’exclame Salem en entrant dans la cuisine. Mais qu’est-ce que tu fais debout ? Le médecin t’a dit de te reposer !
- C’est ce que je fais, répond-elle en s’appuyant à l’évier, pour qu’il ne voie pas les cendres. D’ailleurs, pourquoi es-tu revenu ?
Salem rit et lui montre la pendule.
- Il est midi et quart ! J’ai oublié ma carte ! Je ne peux pas entrer à la cantine sans ça !
Maria grimace.
- Va prendre de l’argent dans mon sac et va nous apporter de quoi déjeuner… L’adolescent s’exécute sur-le-champ. Dès qu’il sort de la cuisine, elle ouvre le robinet et l’eau la débarrasse des cendres des lettres d’amour de Yahia. Quand son fils revient, l’évier est propre. Il dépose les plats tout chauds sur la table et sort fourchettes et cuillères. Maria se charge de couper le pain. Ils s’assoient l’un en face de l’autre. Elle n’a pas envie de parler de ce qui s’est passé la veille. Elle voit bien aux coups d’œil de son fils qu’il veut dire quelque chose. Il grignote beaucoup plus qu’il ne mange. Maria s’inquiète. Cette histoire du passé allait leur gâcher la vie. Elle le sent.
- Maman, est-ce que je lui ressemble ?
- Tu as vu les photos, non ?, répond-elle, le visage fermé. On ne pourrait pas manger tranquillement ? Il est mort et la vie ne s’est pas arrêtée ce jour-là ! Je suis ta famille ! Pour les autres, tu n’existes pas, OK ?
Maria est devenue blême. Salem pose sa fourchette. Il se lève et sort de la cuisine mais il revient vite.
- Tu n’es pas heureux avec moi ?, l’interroge-t-elle. Qu’est-ce qu’il faut que je fasse pour que tu redeviennes mon enfant ?
- Je le serai toujours ! Je voudrais connaître son nom ! Sa famille ! Tu es une maman top, géniale, mais je voudrais…
- Ils ne voudront pas de toi ! Ou peut-être, en apparence, uniquement pour t’enlever à mon affection et me torturer ainsi ! Si je perds ton amour, je deviendrai folle ! Je crois même que je pourrais en mourir ! Tu es tout pour moi Salem omri ! Tu comprends ?
Maria n’attend pas sa réponse pour quitter la table. Elle pose des couverts sur les plats et sort de la cuisine. Dans le couloir, elle s’effondre.
-Maman ! Non !
Il prend le téléphone et appelle les urgences, leur donne leur adresse et retourne auprès d’elle. Il prend sa tête sur les genoux et lui caresse la joue.
- Maman, reviens à toi ! Je ne te quitterai pas !
Une ambulance ne tarde pas à se garer devant le bâtiment. Il abandonne une minute sa mère pour aller ouvrir. Par sa faute, sa mère souffre et doit être hospitalisée…


(À suivre)
A. K


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