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Autres / Récit de Adila Katia

L’inaccessible

63e partie

Résumé : Une fois seule, Maria ouvre la mallette à bijoux où elle avait rangé les lettres de Yahia. Elle ne veut pas que son fils les trouve et découvre la vérité. Ce dernier rentre à midi. En plein déjeuner, il lui pose des questions qui l’énervent. Maria perd connaissance. Il appelle une ambulance…

- Ne bougez pas ! On est en train de vous examiner, dit le médecin des urgences lorsque Maria revient à elle et s’agite.
- Wlidi, murmure-t-elle en le cherchant des yeux. Allah ikhellik ! Je veux le voir…
- Il va bien ! C’est un homme ! C’est lui qui a appelé les urgences ! Il est venu avec vous dans l’ambulance, la rassure le médecin. Il est très inquiet !
- Dites-lui que je vais bien !
Le médecin envoie une infirmière chercher Salem. Ce dernier est soulagé en la voyant. Il lui prend la main. Maria a l’impression qu’il a pris de l’âge.
- Qu’est-ce qu’elle a ? demande-t-il au médecin. Est-ce grave ?
- Sa tension artérielle est élevée. Nous allons faire d’autres examens ! Dès que nous serons fixés, nous lui administrerons un traitement… T’inquiète, ça se soigne !
Salem sort l’ordonnance établie la veille et la lui remet.
- C’est ce traitement que j’avais l’intention de lui prescrire. L’infirmière va l’emmener pour des examens… Je vous laisse une minute !
Maria en profite pour l’interroger. Elle se fait du souci pour leurs objets de valeur laissés à la maison. Ses économies sont à la banque mais elle s’inquiète. Elle ne veut pas que des voyous pénètrent chez eux.
- As-tu laissé quelqu’un à la maison ?
- Non, j’ai fermé derrière moi ! Je suis grand, tu peux compter sur moi ! Personne n’osera s’aventurer chez nous !
- Je t’aime…
- Moi aussi, maman !
L’infirmière toussote et s’excuse. Elle doit emmener Maria. Ils lui font des radios puis on lui prélève du sang pour un bilan complet. On la garde branchée à un tensiomètre. Les chiffres affichés ne rassurent pas. Le médecin a déjà pris sa décision.
- Vous allez rester en observation cette nuit ! Nous allons poursuivre le traitement que vous avez commencé ce matin. Vous suivrez un régime sans sel les premiers temps ! Vous devez vous reposer. Du calme, pas de souci… Arrêtez de vous angoisser, tout se passera bien, affirme le médecin. Oubliez tout ! Retrouvez le calme en vous et tout rentrera dans l’ordre !
- Je veux voir mon fils !
- Il attend dans le couloir. Je vais lui parler puis vous l’envoyer !
Maria remercie le médecin. Elle ferme les yeux, tente de respirer calmement. Elle doit vite se remettre. Elle ne peut pas laisser son fils seul. Salem ne tarde pas à la rejoindre.
- Tu vas rentrer à la maison, prendre mon sac à main. Tu réunis tes affaires et tu vas chez Ferrouz. Je ne veux pas que tu restes seul !
- Je suis grand maman ! Je garderai la maison en ton absence ! Je peux le faire !
- S’il te plaît, écoute-moi !
- Maman, c’est non ! Ne t’énerve pas ! Je te jure qu’il ne m’arrivera rien, dit Salem. Je suis capable de fermer les portes et de dissuader les voyous du quartier !
- Fais attention alors ! Mais va chercher mes papiers et mon portable du travail !
Salem l’embrasse et rentre chez eux. Il cache la mallette à bijoux dans un endroit sûr, prend le sac de sa mère, y fourre une trousse de toilettes, un pyjama et retourne à l’hôpital. Maria dort. Il reste dans le couloir et allume le portable de sa mère. Il trouve des messages d’appels manqués. Il n’a pas l’habitude de répondre, mais quand il vibre, il décroche. Une voix féminine joyeuse retentit dans son oreille.
- Bonjour Maria !
- Ce n’est pas elle, répond-il. Je suis son fils…
- Ah ! Peux-tu me la passer ? demande la voix féminine.
- Elle est souffrante. Elle vous rappellera plus tard…
La dame à l’autre bout du fil panique.
- Mais qu’a-t-elle ?
Où êtes-vous ?
- On est à l’hôpital, lui apprend-il avant de lui demander : Mais qui êtes-vous ?
- Dalila, son amie… J’arrive tout de suite !
Salem secoue la tête. Il n’a jamais entendu parler d’une amie portant ce prénom.
Une fois qu’il a raccroché, il espère que sa mère ne prendra pas mal le fait qu’il a décroché à sa place…


(À suivre)
A. K


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