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Autres / Récit de Adila Katia

L’inaccessible

72e partie

Résumé : Voyant que le sujet déplaisait à sa mère, Salem n’en parle plus. Maria en souffre et elle se sent mourir à petit feu. Le jour où il connaîtra la vérité, il ne voudra plus d’elle, dans sa vie. Salem part en voyage. Maria reçoit un appel de Dalila. Elle lui apprend le retour de Yahia et cela ne l’enchante pas du tout…

La nouvelle lui donne de nouvelles nuits blanches. Maria craint qu’ils ne tombent sur lui un jour. Ils n’habitent pas le même quartier mais en se rendant à Alger-Centre ou ailleurs, ils peuvent se croiser. Qui sait où il allait travailler ? Il devait avoir une promesse d’embauche, pour revenir vivre ici. Dalila a promis de l’informer des moindres détails de la vie de Yahia, pour parer au pire. Maria se rend compte que sa vie n’arrête pas de se compliquer. À force de penser aux problèmes à venir, elle a la migraine. Les seuls moments où elle peut souffler sont quand elle est au bureau ou quand elle reçoit des emails de Salem. Il joint toujours des photos, en compagnie de copains.
“Tu es aussi beau que ton père, pense-t-elle en souriant tristement. Tu me manques mais le fait de savoir que tu es là-bas, loin de cette ville où tu pourrais le croiser et être surpris par votre ressemblance, me permet de souffler.”
Maria se demande si elle ne devrait pas l’encourager à étudier à l’étranger. Elle trouve une occasion d’aborder le sujet quand il l’appelle un soir.
- Wakila vivre seule te plaît, dit-il sur le ton de la plaisanterie. Tu veux te débarrasser de moi ?
- Non ! Je sais que c’est le rêve de tout étudiant ! se défend-elle. Je peux te les financer !
- Non, non, je préfère rester avec toi ! dit Salem. Je rentre la semaine prochaine ! Un copain m’a mis en relation avec une boîte privée qui emploie durant l’été ! J’ai envie de m’occuper !
Maria rit, surprise par son envie.
- Tu es libre de faire ce que tu veux ! Mais je te préviens ! Tu ne rateras pas la rentrée universitaire ! Tu sais, tu as toute la vie pour travailler !
- Je sais ! On en reparlera à mon retour ! dit Salem. Bonne soirée ! Je t’aime man !
- Moi aussi mon ange ! Profites bien des derniers jours !
Maria soupire tout en raccrochant. Elle a conscience que lorsqu’il connaîtra le secret de sa naissance, il ne l’aimera plus autant. Pourrait-il lui pardonner un jour, son égoïsme ? Que pourrait-elle faire pour réparer ses torts ? Toutes ces années à se construire une vie qui risque d’être détruite à coups de vérité. Elle n’est pas fière. Plus rien ne sera comme avant. Son bonheur filera de ses mains. Elle le pleure déjà comme on pleure un être cher condamné à la mort.
Lorsque Salem rentre quelques jours plus tard, il fronce les sourcils. Après l’avoir embrassé et serré dans ses bras, il demande, visiblement inquiet.
- Man, ça va ? Tu as maigri ?
- J’avais la flemme de cuisiner ! Je n’avais pas d’appétit ! Maintenant que tu es revenu, je cuisinerai tous les petits plats que tu aimes ! dit-elle avant de le regarder de haut en bas et de sourire. Toi, tu as embelli ! Je crois que tu as pris les kilos que j’ai perdus !
- Hum, c’est possible !
Maria rit avec lui. Elle est si heureuse de le retrouver, de pouvoir s’accrocher à son bras, pouvoir lui caresser la joue et le pincer doucement comme elle le faisait quand il était petit. Quand il était petit, elle pouvait lui raconter des histoires à dormir debout. Tous ces mensonges étaient des vérités. Demain, sa parole sera remise en cause.
- Qu’est ce qu’il y a maman ? Tu es si lointaine !
- Non, je suis avec toi ! Continue, ne t’arrête pas, j’adore t’écouter me raconter tes souvenirs !
- Dommage que tu n’aies pas pu venir ! Je vais te montrer mes copains ! J’ai ouvert une page Facebook, pour garder contact avec mes amis !
- C’est bien…
Salem ne perd pas de temps. Il va à sa chambre et allume son PC et se connecte à son compte. Maria le rejoint et s’assoit près de lui. Il lui montre plein de photos prises à la tour Eiffel, à Notre-Dame de Paris, au palais du Louvre et à l’Arc de Triomphe. Il est entouré d’autres touristes. Une fille s’appuie à son bras, tout sourire.
- Tu vois cette fille, c’est une Tunisienne. Elle s’appelle Noza. Elle aimerait bien connaître Alger ! Je lui ai laissé mon numéro au cas où elle viendrait avec sa famille !
- Ah…  Elle n’a pas de famille ici ?
- Non, pas que je sache ! Si c’était le cas, elle n’aurait pas parlé de louer des chambres à l’hôtel ! C’est une gosse de riches, ajoute-t-il. Chaque année, ils sortent à l’étranger ! Mais elle n’a pas de famille ici. Elle me l’aurait dit…
- J’ai l’impression que vous étiez proches ! remarque Maria à qui la nationalité “tunisienne” a sonné en elle comme une alarme.  Est-ce que je me trompe ?
Salem détourne les yeux et fait la moue. Son silence est éloquent…


(À suivre)
A. K.


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