Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

Autres / Récit de Adila Katia

L’inaccessible

73e partie

Résumé : Maria dort mal. Elle se sent mourir lentement en pensant qu’elle risque de perdre l’amour de son fils s’il découvre la vérité. Quand il rentre de son séjour à Paris, il remarque qu’elle a maigri.  Maria le presse de lui raconter ses vacances. Il se connecte et lui montre ses amis. Parmi eux, une Tunisienne…

-N’importe quelle fille ferait des milliers de kilomètres, pour retrouver son bel amour, dit-elle. Je la comprendrais…
Maria se détourne pour qu’il ne voit pas ses larmes. C’est un beau garçon. Viendra le jour où il aimera et voudra fonder un foyer. Qui sait si elle l’acceptera dans leur vie, en plus d’autres soucis liés aux traditions. Ces parents voudront les voir, les siens, sa famille en général.
Un soupir lui échappe. Salem a tout ce qu’il veut sauf cette famille et ses origines dont n’importe qui peut être fier. Il essuiera un refus de leur part. Ils vont le prendre pour un enfant illégitime qu’il n’est pas.
“Mon Dieu, qu’est-ce que j’ai fait ?”
-Man, ça va ?
Elle hausse une épaule et s’efforce de sourire.
-Oui…Tu m’excuses, je dois aller au bureau ! J’ai pris la matinée pour t’accueillir à la maison, dit-elle. Tes plats préférés sont prêts, tu peux les chauffer au micro-ondes ! Je te laisse, mon ange !
-Appelle-les et reste avec moi !
-On se retrouve ce soir, promet-elle, quittant déjà sa chambre. Elle essuie ses larmes et va se rafraîchir le visage. Elle se maquille légèrement. Elle prend son sac et sourit en tombant sur lui, dans le couloir.
-Man, je vois que tu es triste à en mourir dans tes yeux ! Qu’est-ce qu’il y a ? Tu ne veux pas que j’ai de copine ?
-Non ! Jamais ! C’est la vie, mon ange ! À ce soir !
Maria part à son travail. Au bureau, elle est si occupée qu’elle ne pense plus à lui jusqu’à ce qu’il l’appelle pour lui dire qu’elle a oublié son portable.
-Ton amie Dalila a essayé de te joindre plusieurs fois. Elle t’a laissé un message. Tu veux que je te le lise ?
-Non, ce n’est pas la peine !
-Hélas, j’ai déjà ouvert…elle t’écrit qu’il a demandé après toi, dit-il alors que son cœur manque un battement. De qui elle parle ?
-Je ne sais pas ! Salem, éteins mon portable ! Je dois raccrocher, j’ai du boulot !
Elle raccroche et constate que ses mains tremblent. Elle peste contre son amie. Elle compose son numéro. Dalila décroche à la première sonnerie.
-Mais qu’est-ce qui t’a pris de m’envoyer un texto ? Salem l’a lu !
-Je ne savais pas qu’il était rentré, répond l’amie. Pourquoi t’énerver, il ne peut pas savoir de qui il s’agit ?
-Va savoir ce qu’il en pense, rétorque Maria. Il va croire que quelqu’un s’intéresse à moi ! Dalila, je suis fatiguée. Je porte trop de secrets et je n’en peux plus. Je ne cesse de penser à ce qu’il arrivera si…
-Sois courageuse et raconte lui la vérité ! C’est vrai qu’il se fâchera au début mais avec le temps, il comprendra, l’encourage Dalila. Tu feras des heureux… Tu sais, Yahia a perdu une de ses filles ! Ils l’ont enterrée ici !
-Ah… comment est-ce arrivé ?
-Un accident… Je les ai vus chez mes parents ! Il était terrassé par la douleur, le pauvre !
-Malgré ça, il a demandé de mes nouvelles, s’étonne Maria.
-C’est celle qui porte ton prénom qui est décédée !
Maria soupire. Elle pense à son fils. Elle donnerait sa vie pour lui. Elle n’ose imaginer la vie sans lui. S’il lui arrivait malheur, elle deviendra folle, si elle n’en finit pas avec sa vie.
-Les pauvres…
Quand elle raccroche, elle pense encore à Yahia et à la perte cruelle de son enfant. Elle ne voudrait pas être à sa place. Elle a mal. Pour lui. Au fond d’elle, il y a cette peur de le perdre avec ces mensonges. Est-il assez fort pour les encaisser ? Comment allait-il réagir ? Elle s’angoisse pour son enfant qui fait un mètre quatre-vingt, qui pense déjà à travailler.
Toute sa vie tourne autour de lui. Elle n’a été qu’obstacles et si Maria les a surmontés, c’est par amour pour lui. Il est sa raison de vivre. Elle sera toujours là, pour lui.
Depuis quelque temps, elle avait remarqué de nouvelles rides. Elle se demande si à ses vieux jours, il sera là, pour elle ?


(À suivre)
A. K.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER