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Autres / Récit de Adila Katia

Maria

9e partie

Résumé : Alors qu’elle espérait rendre visite à sa mère hospitalisée, ses frères rentrent en larmes. La rumeur de la mort de leur mère circulait. Des voisines viennent les réconforter et repartent avant que Mohamed rentre. Maria est terrassée par la douleur. Ses frères et elle pleurent leur mère…

-Alors comme ça, vous êtes au courant !, dit-il en s’appuyant à la porte. Je vous l’avais bien dit ! Elle n’a pas fait long feu !
-Quand… Quand est-ce que vous la ramenez ?, l’interroge Maria. Qu’est-ce qui va se passer maintenant ?
-La filoute, en plus de partir sans dire au revoir, m’a poignardé dans le dos ! Elle a demandé à retourner parmi sa famille !
-Je n’en suis pas étonnée, lâche Maria en essuyant ses larmes. C’est normal !
-Pour toi, peut-être ! Mais pour moi, c’est un affront public ! J’ai l’air de quoi ? D’un vaurien ! Qu’elle aille en enfer !
-Non ! Non ! Ne dis pas ça !
-Oui qu’elle y reste toute l’éternité ! Qu’est-ce que tu croyais ?, l’interroge-t-il. Qu’elle avait le droit de choisir où être enterrée sans même me consulter ?
Je suis son mari ! J’étais son mari ! Je ne veux plus entendre parler d’elle !
-Qu’est-ce que ça veut dire ?, s’écrie-t-elle.
-Puisqu’elle avait chargé ses cousins de s’occuper de tout et qu’ils ont eu le dernier mot en m’amenant des sages du village, j’ai décidé qu’elle partirait seule, sans nous !
-Comment ça, sans nous ?, crie Maria en repoussant ses frères. Comment ça, sans ?
-Oui, tu as compris ! On n’ira pas au village où elle sera enterrée ! Personne ne s’y rendra !, réplique-t-il. Personne !
La jeune fille lui tient tête.
-Non, tu ne peux pas nous empêcher de nous rendre là-bas ! C’est notre mère !
Quelles que soient les raisons qui l’ont poussée à prendre cette décision, tu ne peux pas nous interdire de nous y rendre !
-Mes enfants… Mes enfants ne s’y rendront pas ! Et toi, si tu pars, ne reviens pas !, dit Mohamed. Tu entends ?
Sous ce toit, c’est moi qui décide ! C’est vrai je ne suis pas ton père, mais tant que tu vivras ici, sous mon toit, tant que tu mangeras le pain que je gagne à la sueur de mon front, tu obéiras ! Plus que jamais ! Sinon je ne réponds plus de moi !
Il sort de la maison, les laissant pleurer. Maria ne tient plus en place. Elle casse tout ce qui tombe sous ses mains, sous le regard apeuré de ses frères, mais elle n’y prête pas attention. Mais ses cris et tous les objets cassés n’atténuent pas sa douleur.
-À cause de lui, on ne l’a pas vue durant des semaines, et maintenant il veut qu’elle soit enterrée sans nous ! Ça n’arrivera pas ! Moi, je pars ! Vous venez avec moi !, décide-t-elle. Il ne faut pas avoir peur de lui ! Je suis là ! Il ne vous touchera pas !
Ses frères baissent la tête, et quand elle se tourne, elle tombe sur son beau-père qui était vite revenu.
-Pourquoi je les toucherais ? Ils n’ont rien fait de mal !, dit-il. Ce que vous devez savoir, c’est que vous ne serez  pas les bienvenus là-bas ! D’ailleurs, je ne veux plus entendre parler d’elle !
-Impossible ! C’est impossible !
-Je vais vous le répéter ! Plus un mot sur elle !, les prévient-il, reprenant son visage des mauvais jours. Vous pouvez la pleurer aujourd’hui, mais demain, gare à celui que j’entendrai prononcer son prénom !
Maria le regarde, le trouvant horriblement laid et monstrueux. Elle tremblait comme une feuille. Si elle écoutait son cœur, elle se jetterait sur lui pour lui arracher les yeux. Comment peut-il exiger d’eux de ne plus parler de leur mère ? Il n’a pas de cœur. Depuis toujours, elle le détestait, mais maintenant elle le hait encore plus…


 (À suivre)
 A. K.


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