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Autres / Récit de Adila Katia

42e partie

Denia - La vie…

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Selma prie son mari de les laisser seules. Il lui rappelle que malgré tout, elle doit la respecter. Mais la colère et la rancœur sont ravivées par son retour. Toutes deux se tiennent responsables des souffrances passées.

-Tu as choisi la facilité ! Ne t’en prends qu’à toi-même si tu n’as pas été là pour lui ! Personne ne t’a mise à la porte !
-Je sais. Je savais que mon sort t’indifférait, lâche Selma. Mais qu’ai-je fait pour mériter une mère comme toi ?
-Un peu de respect ! Tu ne me croiras pas, mais je me pose aussi la question ! Qu’ai-je fait pour avoir une fille aussi ingrate ?
-Ya Allah ! Si tu ne pars pas, je prends mes affaires ! On n’a plus rien à se dire ! Je suis désolée de te le dire, mais je ne ressens plus aucun amour pour toi !
-Cesse de ruminer ta rancœur et va de l’avant ! La vie te donne une nouvelle chance, dit Baya. Pourquoi n’en aurais-je pas une avec toi et avec mon petit-fils ? Je suis vieille et je n’ai que toi ! Je n’en peux plus de n’avoir plus de foyer où vivre en paix et me reposer ! Je n’ai pas ton âge ! Benti, il faut que tu acceptes la réalité ! Ce n’est pas de ma faute si tout ça t’a explosé à la figure ! Selma, j’éprouve autant de joie que tu en as éprouvé quand tu as retrouvé ton fils ! Laisse-moi me poser et profiter de votre présence ! Je ne suis pas éternelle benti !
-Qui l’est ? rétorque la jeune femme. Mais tu as tué une partie de moi en nous laissant sans rien ! Tu comprends ?
-Pardonne-moi ! Semhili ya benti ! Qu’est-ce que je ne ferais pas pour revenir en arrière, mais tu sais que c’est impossible ! On ne peut pas changer le passé, mais on peut améliorer notre avenir, dit Baya. Je ne demande rien de plus ! Être entourée de ma famille, de toi et de ton enfant ! Je ne veux pas finir ma vie seule !
-Il aurait fallu y penser avant !
Selma va s’asseoir dans le salon. Sa colère tombe doucement. Dans le fond, elle la comprend. Elle-même a connu la solitude. Que de nuits blanches passées à se poser des questions. À en vouloir aux autres !
-Si tu étais moins lâche, tu n’aurais pas abandonné ton fils et ton foyer ! Les gens n’auraient pas jasé une nouvelle fois ! À chaque fois, tu nous traînais dans la boue !
-Je suis fatiguée ! Je n’ai pas choisi de nous mettre dans cette situation, réplique la jeune femme. Tout comme je n’ai pas choisi de reprendre avec toi ! Je sais qu’on dira que je suis ingrate, mais je ne sais pas cacher mes sentiments ! Si tu veux rester ici, je partirai…
Elle se tait, surprise par des coups qu’on donne avec insistance à la porte d’entrée. Elle s’empresse d’aller ouvrir et recule en découvrant les voisines. Baya qui l’a suivie ne cache pas sa joie en les reconnaissant. Elle pousse sa fille et les accueille chaleureusement.
-Je suis si heureuse de vous revoir ! Entrez ! Entrez !
Mais après avoir vu le regard écarquillé de Selma, elles refusent poliment.
-Nous sommes venues t’inviter ! On craignait que tu repartes sans qu’on ait l’occasion de se voir et de parler ! Tu nous manques !
-Je serais venue même sans invitation, dit Baya. Là, je veux profiter de ma fille ! Je vous verrai plus tard !
-On t’attend cet après-midi !
Baya promet de se rendre chez l’une d’elles. Quand elle referme, elle soupire de bonheur.
-Tu sais, j’aurais aimé que tu m’accueilles comme elles !
-Oui, et moi, j’aurais voulu que tu sois comme l’une d’elles, dit Selma. Aucune d’entre elles n’a déshérité sa fille comme tu l’as fait ! Même si tu restes, cet appartement n’est plus le tien !
-Lyès est quelqu’un de bon, affirme Baya. Il ne me mettra jamais dehors !
-Oui, je n’en doute pas… Mais je pars d’ici si tu restes !
-Ne pars pas ! Écoute la voix de la raison, la prie Baya. Allah pardonne, pourquoi on ne se pardonnerait pas nos erreurs afin de tourner la page ? On irait de l’avant. On serait heureux ! Je t’en prie…
Selma s’apprête à parler quand elle est prise d’un haut-le-cœur. Elle a juste le temps d’aller à la salle de bain pour rendre son petit-déjeuner. Elle s’accroche au lavabo, se demandant ce qu’elle pourrait bien avoir…

(À suivre) A. K.


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