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Autres / Récit de Adila Katia

16e partie

Les regrets ne changent rien

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Houria se ruine en se mettant à suivre sa belle-fille qui bouge beaucoup. À la réception, elle ne peut rien apprendre. Elle finit par demander au fils d’une amie, travaillant dans le même quartier qu’Ibtissem, de la suivre. Il n’accepte pas facilement mais finit par consentir. Il découvre qu’Ibtissem ne fait que son boulot. Mais Houria n’est pas satisfaite et lui demande de continuer. En fait, il s’intéresse à Ibtissem…

“Non, je ne suis pas en train de tomber amoureux d’elle”, se dit Madjid à chaque fois que lui prend l’envie de regarder sa photographie qu’il avait agrandie une semaine plus tôt. “C’est vrai qu’elle est belle, très belle, énergique et intelligente… Mais je ne peux pas trahir ma femme… Karima ne le mérite pas… Elle est si bonne avec moi et mes enfants… Non, je ne dois pas…”
Madjid avait beau se raisonner, il ne peut plus s’écouter. Même s’il n’a plus rien à apprendre d’Ibtissem, il ne peut se retenir de la suivre chaque jour, rien que pour le plaisir. Une autre envie lui a pris dernièrement, celle de l’approcher et de lui parler. Il veut la connaître, pouvoir la regarder dans les yeux et tout lui dire. Enfin, qu’elle lui plaît…
Un soupir lui échappe en se rappelant qu’elle est mariée, tout comme lui. Si seulement ils étaient libres. Il ne peut s’empêcher d’imaginer l’autre vie qu’il aurait eue avec elle. “Pas de chance…”
Pensif, il ne remarque pas qu’une cliente vient d’entrer à la pharmacie. Il regarde encore la photo d’Ibtissem. Ses pensées sont toutes à elle. Ses employés ont bien vu que Madjid n’est plus lui-même, qu’il est souvent absent, même présent devant eux. Ils croient qu’il a des problèmes personnels. Et c’en est un, dans le fond.
-S’il vous plaît !
Madjid sursaute en levant la tête pour voir qui lui parle. Il est bien surpris. Est-ce un tour de son imagination ?
Pour s’en convaincre, il se marche sur les pieds. Non, il ne rêve pas et c’est encore moins un tour de son imagination. Elle ne disparaît pas. Ibtissem est toujours là.
Elle commence même à s’impatienter. Les lèvres pincées, le regard franc, elle attendait. Madjid voit bien qu’elle n’a pas d’ordonnance. Elle ne veut pas un renseignement. Elle est venue pour lui.Se pourrait-il qu’elle l’ait remarqué et suivi jusqu’à la pharmacie ? C’est fort possible. Un sourire éclaire son visage. Pour lui, sa visite est un signe du destin. Quand il tentait de se raisonner, c’était pour renoncer à ce rêve impossible. Parce qu’il est marié, père de deux garçons qui ont eu des difficultés à se remettre de la mort de leur mère et à accepter qu’il se remarie quelques mois après avec une cousine éloignée. Sa famille ne mérite pas d’être déçue mais son cœur s’y refuse. Il regrette maintenant de s’être marié. Il aurait dû attendre. Il aurait pris Ibtissem pour femme. La vie lui aurait paru moins triste !
-Oui, madame ?
-Auriez-vous un petit moment ?, demande-t-elle en le regardant dans les yeux.
-Heu… Oui… Oui, bredouille Madjid, maintenant ?
-Oui, maintenant !
Pour ne pas être écoutés par ces employés, il l’invite à faire quelques pas. Ibtissem ne refuse pas. Dès qu’ils sont dans la rue, elle l’interroge fermement. À la vue de ses poings fermés, il pense qu’elle doit faire un effort sur elle-même pour ne pas le frapper. Ainsi, elle sait tout. Comme il a pu être bête et avoir un comportement bien bas, tout ça pour faire plaisir à une vieille grincheuse. Mais il lui en est reconnaissant. Sans elle, il n’aurait jamais imaginé qu’une femme aussi belle puisse exister !
-Je veux tout savoir ! Ce qui vous a motivé durant toutes ces semaines… Et pourquoi ma belle-mère va vous voir chaque jour à dix huit heures… Est-ce elle qui vous a demandé de me suivre ?
Madjid ne peut pas le lui cacher. Il s’en veut. Il n’aurait jamais dû la suivre mais il est heureux de la connaître. Son rêve s’est enfin réalisé. Ils se connaissent et se parlent. Si seulement…
-Qu’est-ce qui vous prend de me regarder comme ça ?
Madjid a le regard si rêveur, si brillant qu’Ibtissem en a rougi de colère. Mais elle s’efforce à ne pas laisser sa colère éclater. Elle sent qu’il ne lui a pas tout dit.
-C’est tout ce que voulait ma belle-mère ?
-Non… Écoutez, j’ai un rendez-vous important, s’excuse Madjid. Si vous voulez, on se revoit demain et je vous apprendrai le reste !
Ibtissem ne peut pas refuser. D’ailleurs, elle aussi doit retourner à son travail. Demain, elle en saura un peu plus sur ce que voulait sa belle-mère. Mais déjà, elle en avait une petite idée…

(À suivre) A. K.


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