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Autres / Récit de Adila Katia

24e partie

Les regrets ne changent rien

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Quand elle appelle Fethi, c’est sa belle-mère qui répond. Elle ne peut s’empêcher de cracher son venin et de crier victoire vu que Madjid a tout raconté à Fethi. Houria parle de divorce. Ibtissem est au plus mal. Elle n’ose pas appeler ses parents, sachant qu’ils allaient lui reprocher sa mauvaise conduite et la peine qu’ils éprouveront. Plus que jamais elle les décevra…

Ibtissem appelle plusieurs fois, le lendemain, chez sa belle-mère. Personne ne décroche. Elle voudrait parler à Fethi, et même si elle sait que les mots allaient lui manquer et que ce qu’elle dira ne pourra jamais excuser son acte, elle insistait. Elle regrettait d’être entrée dans le jeu de sa belle-mère.
- Tu m’as bien eue !, dit-elle. Je n’aurais pas dû me venger…, utiliser tes armes pour te battre ! Aujourd’hui, je n’ai plus rien ! Tu m’as battue vieille peau !
Des larmes amères coulent. Les doigts sur le combiné, elle recompose le numéro de l’appartement, et pour la énième fois, seule la sonnerie répond.
Où est passée sa belle-mère ? Aurait-elle coupé le téléphone pour qu’elle ne puisse pas joindre Fethi. Pourquoi n’appelle-t-il pas pour avoir sa version des faits ? Il sait combien sa mère la hait. Mais s’il est vrai que Madjid lui a tout raconté et s’il possédait des preuves qu’il lui a montrées, son mari ne voudra plus lui parler ! Il lui faudra du temps pour dépasser sa déception et sa colère, toutes deux justifiées.
“Ah, si je pouvais remonter le temps !, pense-t-elle. Je ne tomberais pas dans le piège de la vengeance ! Maudite sois-tu vieille sorcière ! Tu as réussi à le monter contre moi et à me séparer de lui !”
Elle compose le numéro de ses belles-sœurs et celles-ci l’insultent de tous les noms et raccrochent sans lui laisser le temps de placer un mot. Elle constate que sa belle-mère n’avait pas perdu son temps et les avait mises au courant de la situation. Mais à qui d’autre a-t-elle été raconter son infidélité ?
Elle l’imagine sur le palier à tout répéter aux voisines qui allaient le raconter à d’autres. Dans le quartier, tous le sauront. Elle ne pourra plus y remettre les pieds sans qu’on médise d’elle.
“Je dois parler à Fethi…”
Elle tente de le joindre au lycée mais le surveillant qui répond lui apprend qu’il n’est pas venu. Impossible de le joindre ailleurs. Ibtissem tourne en rond dans l’appartement et manque de se frapper la tête au mur tant elle se blâme.
“C’est la faute de Madjid, il n’a pas supporté qu’on arrête notre relation, pense-t-elle. Il n’a pas hésité à exécuter sa menace ! Il va m’entendre…”
Elle sort son agenda de son sac à main et cherche son numéro. Elle compose le numéro et un employé de la pharmacie décroche.
- Je voudrais parler à Madjid.
- Il est sorti… Rappelez dans une demi-heure, propose l’employé.
- D’accord, dans une demi-heure !
La jeune femme raccroche agacée par le fait qu’elle ne peut joindre personne. Elle voudrait appeler ses parents, mais s’ils sont au courant, ils ne voudront plus lui parler. Sa mère était plus rancunière que son père. Si durant des années il lui avait pardonné ses folies et lui avait accordé tout ce qu’elle voulait, cette fois, s’il a été mis au courant, il ne voudra plus l’entendre et l’avoir dans sa vie. Il allait donner raison à sa mère qui lui avait toujours reproché son laxisme. S’il avait été plus ferme avec elle, elle n’en aurait pas fait qu’à sa tête.
Le résultat est là. Elle se retrouve seule et ses regrets l’étouffent. Il faut qu’elle parle à quelqu’un. Elle appelle chez Ouahab. Elle prend de ses nouvelles et demande après Fella.
- Elle est rentrée chez elle. Si elle a des réponses à ces demandes d’emploi, elle reviendra rapidement… Tu veux que je lui dise de t’appeler chez toi ?
Ibtissem lui explique qu’elle n’est pas à Alger. Elle n’ose pas lui raconter ces problèmes. Mais Ouahab est devenu un bon ami à son mari. Peut-être qu’il pourra le joindre et lui parler. Elle n’a pas le choix.
- Ecoute, je suis en froid avec Fethi… à cause de ma belle-mère ! Tu sais combien elle est odieuse avec moi et je crois que je l’ai été ! Fethi n’a pas cherché après moi… J’ai peur pour mon mariage. Est-ce que tu pourrais aller lui parler ?
- Et je lui dis quoi ?
- Je n’en sais rien mais je dois lui parler ! Convainc-le de m’appeler !, le prie-t-elle. Je me débrouillerai après…
Ouahab n’a pas vraiment envie de se mêler de leurs histoires.
- Tu sais, à bien y réfléchir, tu devrais rentrer et trouver le moyen de l’approcher ! C’est à toi de te défendre ! Je pense aussi qu’il ne voudrait pas que vos histoires de famille dépassent le cercle familial ! Ce n’est pas que je refuse de t’aider mais ce problème doit se régler en famille ! Va chez tes parents ! Sois sur place et bats-toi pour sauver ton mariage !
Rentrer à la maison ? Elle le voudrait tant mais elle n’a pas le courage d’affronter la colère de sa mère…

(À suivre) A. K.


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