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Récit de Adila Katia

Liaison dangereuse sur internet 99e partie

Résumé : Djaâfar ne cesse de surveiller les activités sur la chaîne de Tahar. Ce dernier n’a jamais répondu à son invitation. Un jour, Ferewsan l’appelle pour lui donner son nouveau pseudo. Il envoie tout de suite une invitation. L’impatience le rend nerveux. Fateha lui conseille de laisser la police faire son travail. Ce soir-là, il manque de s’étouffer quand la réponse tant attendue arrive enfin…


Le Lion était heureux de “la” compter parmi ses amis.
- C’est réciproque, écrit Djaâfar. Je m’ennuyais… Depuis que je ne sors plus, j’étouffe…
- Tes parents ne te laissent pas sortir ?
- Si, écrit Djaâfar. A chaque fois, il me faut un bon prétexte…
- La prochaine fois, ce sera moi ton prétexte, plaisante le Lion des Aurès. Où es-tu ?
- En Algérie, écrit Djaâfar.
Le Lion des Aurès lui envoie un émoticône souriant. Djaâfar est loin de le partager.
-Je sais que tu es en Algérie, répond le jeune homme. Mais où précisément ? Le pays est grand…
-Je vis à Bouira, mais je suis originaire de Tipasa… Et toi ?
-J’habite à Akbou, répond le jeune homme. Tu connais ?
-Non, mais ce n’est pas loin d’ici…
-Je suis déjà venu à Bouira, si je viens, tu penses qu’on pourra se voir ?
Djaâfar est surpris par la proposition.
-Pourquoi ? On se connaît à peine, écrit-il.
-Warda, tu n’es pas obligée… Mais j’aimerais bien te voir, écrit-il.
-Comment t’appelles-tu ?, écrit Djaâfar. Tu connais mon prénom, pourquoi fais-tu un mystère de ton identité ?
-Pas du tout. Je m’appelle Tahar, je suis étudiant… Et toi ?
-Moi aussi, je suis étudiante... J’ai raté un module, ce semestre, écrit Djaâfar. Je me rattraperais en septembre… Et toi, ça s’est bien passé ?
Djaâfar est tendu à l’extrême. Il tente de sympathiser avec lui, tenant à tout prix à le retrouver. Avant de répondre, il réfléchit, se mettant à la place d’une étudiante. Il se demande de quoi peuvent se parler les jeunes, pendant des heures.
-Oui, je m’en suis bien sorti, écrit Tahar. Dis, as-tu une cam ?
-Non, répond Djaâfar. Mais je m’en procurerais prochainement… Quand j’en aurais les moyens…
-Un micro au moins ?
Djaâfar secoue la tête.
-Si, mais j’ai peur que ma mère m’entende…
-Ton père travaille ? Il est dans quoi ?
-A la mairie…
-Et ta mère ?, veut-il savoir.
-Au foyer, écrit Djaâfar. Et toi que font tes parents ? Tu te connectes à la maison ou au cyber ?
-A la maison… Je vais te quitter Warda… On discute plus tard, écrit Tahar. Ravi d’avoir fait ta connaissance…
Il ferme sa session sans attendre la réponse de Djaâfar. Djaâfar tape de déception sur la table. Il n’avait pas réussi à le garder en ligne.
Il se lève, et Fateha, qui l’a entendu maudire, l’a rejoint au salon.
- Qu’est-ce qui se passe ?
- Je n’ai pas réussi à l’accrocher, regrette-t-il. Peut-être qu’il sera plus intéressé une fois qu’il aura vu la photo…
Djaâfar est convaincu qu’avec un joli portrait, il aura plus de chance de lier une relation avec Tahar. Il déchante dès le lendemain. Il a beau afficher le joli visage de sa fille, avec une teinte de cheveux différente et des yeux plus foncés, Tahar n’est plus revenu discuter.
Djaâfar est resté durant des heures, chaque soir. Même au bureau, il se connecte dans l’espoir de le voir s’afficher. Ferewsan a reçu deux messages, puis à l’affichage des résultats des examens du bac, chaque jour, elle a reçu de la visite au point de n’avoir pas le temps de se connecter.
Elle ne fête pas l’événement. Elle est encore en deuil. Inès ne quitte pas ses pensées. Elle ne cesse de se rappeler leurs conversations et leurs rêves insensés. Inès n’en a plus. Si Ferewsan le pouvait, elle remonterait le temps et ferait tout pour qu’elle ne fréquente pas Tahar.
Un soir où elle ne parvient pas à dormir, elle se connecte et elle le trouve en ligne avec son nouveau pseudo “Papillon de nuit”. La discussion tourne sur les vacances, les sorties entre copines. Ferewsan ne lui cache pas qu’elle est libre de ses mouvements.


(À suivre)
A. K.