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Autres / Récit de Adila Katia

94e partie

L’inaccessible

©Dessin/Mokrane Rahim

Cinquième chapitre :  L’autre verité…

Résumé : Maria sent son fils échapper à son emprise. Il tient à son père. Lorsqu’ils rentrent, Maria dort déjà. Yahia la couvre et la regarde dormir. Il regrette leur histoire d’amour et toutes les occasions ratées d’être avec elle. Qu’est-ce qu’il ne ferait pas pour regagner sa confiance et son amour…

Yahia a bien des regrets. Qu’est-ce qu’il ne ferait pas pour retourner en arrière ? Revenir vingt ans en arrière pour se donner la chance d’être encore dans sa vie.
C’est vrai qu’il l’avait cherchée, mais il s’était vite résigné. “J’aurais dû faire appel à la presse, à la radio ! J’aurais dû employer tous les moyens pour la retrouver ! J’avais baissé les bras un peu trop vite ! J’aurais dû harceler Dalila jusqu’à ce qu’elle me dise la vérité ! J’étais bête de croire qu’elle s’était vite trouvée quelqu’un d’autre ! Notre amour avait dix ans ! Comment ai-je pu accepter de mettre un terme à notre histoire ? J’aurais dû me douter qu’elle tramait quelque chose ! C’est fou ce qu’elle a fait ! Et pourtant, aujourd’hui, je suis le plus heureux des pères !” Il se rappelle la première fois qu’ils se sont vus aux urgences. Il a été vite frappé par son regard bleu et sa façon de se tenir, dans le couloir. Après avoir trouvé le message de son fils, sur son compte personnel, il avait consulté son profil et les photos postées sur son profil. Leur ressemblance l’avait frappé, mais en se retrouvant l’un en face de l’autre, il avait perdu la parole. Salem était dans tous ces états, reprochant à sa mère tous les mensonges. Maria a vécu avec la peur au ventre. C’est normal qu’elle soit malade après toutes ces années. Tout comme Salem, il lui en a voulu d’avoir gardé le secret, d’avoir tout fait pour qu’ils ne sachent pas que lui, avait un fils et pour Salem qu’il était vivant et non pas mort et enterré au Maroc !
“C’est fou comme tu nous as tous embobinés avec tes mensonges ! Si tu avais dit la vérité, on serait ensemble ! Je ne serais pas marié à une autre…”
En pensant à sa femme, il sort son portable qu’il avait mis en silencieux. Plusieurs appels manqués de sa femme et de sa fille.
Il se fait tard. Il décide de ne pas rappeler. Elles doivent dormir. Il préfère cela qu’à les confronter maintenant. Il ne s’en sent pas la force. Il démarre et prend la route menant à son quartier. Ses pensées sont toutes à Maria. S’il écoutait son cœur, s’il n’y avait pas Salem, il n’aurait pas été à retourner auprès d’elle. Le fait qu’elle se soit isolée et qu’elle n’ait pas dîné, l’inquiète, mais il se rassure. Salem est avec elle. S’il y a quoi que ce soit, il le préviendra. Il arrive rapidement dans son quartier et se gare en face de leur bâtiment. Il regarde vers leur étage et soupire en voyant toutes les lumières éteintes. Il monte chez lui, en traînant les pieds. Il entre chez lui en tentant de faire le moins possible de bruit. Il ferme et se déchausse avant de se rendre au salon. Il n’allume rien sur son passage. Il ferme la porte du salon et s’assoit près de la fenêtre. Il n’a pas envie d’aller à sa chambre et de voir sa femme. Même s’il est très tard, il n’a aucune envie de dormir. Il s’installe dans un fauteuil, près de la fenêtre. Il allume une lampe pour éclairer ce coin du salon. Les photos de sa petite famille posées sur le meuble l’interpellent. Ils affichent de beaux sourires. Le cœur serré, il pense à sa fille décédée. Il lui avait donné le prénom de sa bien-aimée. Il aimait se rappeler son souvenir. Chaque jour, à chaque fois, qu’il le prononçait, il se demandait où elle était, comment elle allait, si elle était heureuse. S’il lui manquait. Si elle le regrettait…
Il avait pu constater qu’elle avait mieux qu’un prénom. Un fils…
Il sort son portable et l’appelle, se doutant bien qu’il ne devait pas encore dormir. À son âge, il veillait tard et ne se levait qu’à midi. Il sourit à ce souvenir. Salem répond tout de suite, tout doucement, comme pour ne pas être entendu.
- Elle dort encore ? Elle n’a pas dîné ?
- Oui…
- Tu es sûr qu’elle va bien ?
- Oui, elle dort profondément à chaque fois qu’elle prend son calmant, confie le jeune homme. Demain, je lui dirai que tu t’inquiétais pour elle !
- Je le ferai moi-même…
Yahia lui souhaite une bonne nuit. Il est décidé à la revoir, à regagner son cœur. Il est prêt à tout faire pour qu’elle lui revienne comme avant. Il lui envoie un message : “Je pense à toi Maria. Mon amour de toujours !”
La porte du salon s’ouvre brusquement. Majda allume et entre.
- On ne t’attendait plus, dit-elle. Tu as travaillé ? Yahia secoue la tête, décidé à lui dire la vérité. Mais il ne sait pas comment lui expliquer que son cœur est ailleurs et qu’il allait la quitter…

(À suivre) A. K.


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