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Autres / Récit de Adila Katia

95e partie

L’inaccessible

©Dessin/Mokrane Rahim

Cinquième chapitre :  L’autre verité…

Résumé : Il est tard lorsqu’il rentre chez lui. Il ne fait aucun bruit. Il va au salon, car il n’a pas envie de dormir. Il ne cesse de penser à Maria. Majda ne tarde pas à le rejoindre. Elle le croyait au travail mais Yahia est décidé à lui dire toute la vérité…

- Non… Majda, assieds-toi ! la prie-t-il. Je dois te parler !
Elle prend place près de lui. Il soupire de soulagement. Il n’aurait pas pu affronter son regard maintenant. Ce qu’il allait lui apprendre ne l’enchantera pas. Mais elle a deviné.
- Tu étais avec elle, dit-elle. Qu’est-ce qu’elle te voulait ?
- J’étais avec Salem, lui apprend-il. Nous avons dîné ensemble…
- Elle était avec vous ?
- Non. Elle n’allait pas bien… J’ai passé la soirée avec Salem. Elle dormait quand je suis rentré !
- À ta tête, tu n’avais pas envie de revenir ici, dit Majda. Qu’a-t-elle exigé de toi ? Il est évident, c’est une femme de caractère ! Elle a osé défier la moral, les traditions, toute la société, pour avoir un enfant !
- On se connaissait depuis des années, dit Yahia. Je l’aimais, mais je m’accrochais à mon indépendance, à ma liberté d’agir et d’aller et venir dans la vie sans qu’elle ait de prise sur moi ! Tu comprends, j’ai passé la moitié de ma vie à l’aimer !
- Elle t’aimait et tu le lui as mal rendu ! Votre histoire a donné un fils, murmure-t-elle. Un garçon, bien en plus ! Elle l’a bien élevé… Il a eu une bonne image de toi ! Lorsque nous avons discuté, j’ai compris qu’elle n’a jamais dit du mal de toi !
- Sauf que j’étais mort et enterré ! Tu sais, je crois qu’il est content d’avoir une sœur ! Il se serait bien entendu avec Maria…
Majda a un triste sourire. Des larmes brillent dans ses yeux mais elles ne coulent pas.
- Aujourd’hui, j’ai attendu Maria, dans un restaurant où on avait l’habitude d’aller, poursuit Yahia. On devait discuter de la situation !
- Oui, vous devez trouver une solution, pour votre fils ! Alors ?
- Elle a un sacré caractère et la maladie ne l’arrange pas, dit Yahia. On s’est presque disputés ! Elle est partie sans avoir déjeuné !
- La pauvre… Mais malgré tout, tu l’aimes encore, constate-t-elle amèrement.  
- Oui, murmure-t-il. Autant qu’avant... Dans le fond, je n’ai jamais cessé de l’aimer ! Pardonne-moi Majda ! Même si on a été heureux dans notre mariage, j’ai toujours pensé à elle !
- Je savais bien qu’il y avait une autre femme à qui tu pensais ! Je t’ai si souvent surpris l’esprit ailleurs que je me demandais souvent à qui tu pensais ! Lorsque j’ai connu son prénom, j’ai réalisé que tu l’avais donné à notre fille, par amour ! Maintenant, la voilà à peine de retour dans ta vie, que tu rentres à minuit ! D’ici quelque temps, tu ne rentreras plus ! C’est ce qu’elle veut !
Si seulement ce n’était que ça. Yahia sait que Majda allait entrer dans une colère noire quand elle saura ce que Maria attend de lui. Ils ne sont pas dans la cuisine. Elle pourrait sortir un couteau, des tiroirs et le lui planter dans le cœur. Ce cœur qui avait fait son choix…
- Elle veut qu’on divorce ! lâche-t-il d’un coup.
- Elle devrait s’estimer heureuse d’être la deuxième ! Elle ne pense pas à son fils, mais à sa propre vengeance ! Elle veut ce que la vie ne lui avait pas donné ; un mari, un père pour son fils ! Ne me dis pas que tu acceptes de sacrifier notre mariage ? l’interroge-t-elle en remarquant son silence.
- C’est sa condition !
- Tu vas le faire ? Pour elle ? Pour lui ?
- Pour lui, dit-il, pour la rassurer. Il ne mérite pas de vivre dans la honte !
Il ne lui dit pas que même s’il n’y avait pas Salem, il est décidé à finir sa vie avec elle !

(À suivre) A. K.


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