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Autres / Récit de Adila Katia

19e partie

Seconde chance

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : ​Omar provoque un scandale uniquement pour que Sonia accepte de le revoir. Une fois seule, il tente de discuter avec elle, voulant arracher une seconde chance.

- Pour ce que diront les gens, ne t’en fais pas ! dit Omar. Je te propose le mariage. Je sais que tu ne m’aimes plus, mais c’est l’unique solution pour voir mon fils !
- Omar, ce n’est vraiment pas le moment de me parler de mariage ! Je ne supporte même pas ta présence ! Je n’ai jamais pensé à refaire ma vie ! Mais tu peux désormais accompagner Wahid à l’école et l’emmener se promener, décide Sonia. Mais n’en demande pas plus ! le prévient-elle avant de se tourner. On n’a plus rien à se dire maintenant !
- Moi si ! Je t’aime toujours Sonia. Si tu le voulais, on pourrait mener une vie de rêve, comme celle qu’on espérait avant. Pourquoi ne pas oublier le passé pour mieux construire l’avenir ? Tout n’a pas été gâché. Il suffirait que tu dises oui !
- N’en demande pas plus pour l’instant ! répond Sonia. Estime-toi heureux que j’accepte pour Wahid ! Maintenant pars ! Pars !
- Bien ! Bien, inutile de crier ! À bientôt Sonia !
Il se rend presque en courant à l’école primaire pour y attendre Wahid. Ce dernier sera surpris de le trouver à la sortie de l’école. Il semble content et cela lui met du baume au cœur.
- Tu veux manger quelque chose, lui demande-t-il après avoir pris de ses nouvelles.
- Non.
- Mais tu as sûrement envie d’une glace ou d’un gâteau ? insiste Omar en le rattrapant lorsqu’il se met à courir.
- Maman m’attend. Je ne veux pas qu’elle se fâche, dit l’enfant. Elle ne veut pas !
Omar soupire devant sa bêtise.
- J’ai oublié de te le dire, mais elle est d’accord pour qu’on se voie ! Je te jure que je ne mens pas. Je l’ai vue tout à l’heure !
Wahid, tout heureux et rassuré, sourit et ne refuse pas la main que lui tend Omar.
Entre eux, c’est le début d’une histoire d’amitié qui soulève bien des questions. Mais leur ressemblance est une réponse évidente. Tous ceux et celles qui connaissaient le jeune homme ont toujours pensé qu’il était son fils. S’il ne se permet pas d’aller chez Sonia, rien ne l’empêche d’emmener le petit jouer au jardin public. Wahid aimait jouer dehors, ce que sa mère ne lui permettait pas avant. Parfois il l’emmenait à la maison, ils restaient à la maison pour lire ou regarder la télévision.
Sonia s’arrangeait pour être toujours occupée lorsqu’il était avec eux. Elle profitait de sa présence pour se donner à fond pour préparer les cours du lendemain ou s’occuper de son jardin.
Durant les vacances de printemps, elle eut à supporter ses allées et venues, à toute heure de la journée. Un jour, il s’imposa chez elle, durant des heures. Wahid était légèrement fébrile et elle ne l’avait pas autorisé à sortir. Elle n’avait pas eu le courage de renvoyer Omar. Elle savait combien son fils adorait être avec lui. Mais ce dernier en profitait pour se mettre à l’aise et surgissait derrière elle, la faisant sursauter parfois. Elle avait bien du mal à cacher combien sa présence l’irritait. Il avait toujours quelque chose à lui demander. Enfin, il se servait de n’importe quel prétexte pour tenter d’établir une nouvelle relation avec elle. Il avait le don d’être sans son champ de vision, même quand il jouait avec Wahid. Il voyait bien qu’elle était troublée par sa présence. Ses joues étaient toujours rouges et ses lèvres pincées en disaient long sur sa joie de l’avoir parmi eux.
Pourtant il ne perdait pas espoir. Un jour, elle changera de sentiments. Il espérait qu’elle l’accueillera plus chaleureusement.
Sonia s’emportait souvent en son absence. Wahid était tout à Omar. Ce dernier avait réussi à se faire aimer. Et l’enfant la tuait à coup de Omar m’a dit, Omar m’a appris, Omar ceci, Omar cela.  Au point où elle se demandait comment il réagirait si Omar sortait de leur vie.
Elle a le vertige lorsqu’un soir Wahid s’était mis à demander la présence de Omar. Il avait mal au ventre.
- Je voudrais qu’il m’emmène voir le docteur ! J’ai mal maman ! se plaint l’enfant. Appelle-le !
- Mais il est chez lui. On ne peut pas le déranger la nuit. Demain tu le verras !
- Ce soir ! Je veux mon papa maintenant !
- Ton papa ? Mais ce n’est qu’un ami, répond Sonia.
- Pour toi. Moi, il est devenu mon papa ! Même si tu ne le veux pas !
Et il se remet à pleurer, en réclamant sa présence, au point où Sonia ne sait plus quoi faire.

(À suivre) A. K.


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