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Autres / Récit de G.Boulki

Comme un rêve fugitif

20e partie

Résumé : Sabrina est froide. Il n’y a plus chez elle cet élan qui l’a portée vers Rafik. Alors qu’elle s’apprête à voyager, elle lui demande de la faire travailler.

Il ne s’explique pas cette distance. Certes, il ne s’attendait pas à ce qu’elle se jette dans ses bras, mais lui demander de travailler alors qu’il est surtout venu lui remonter le moral. Il essaye de se persuader que c’est encore un de ses caprices, et que la prochaine fois, elle se fera plus accueillante.
Mais le lendemain, elle se montre tout aussi froide.
Alors, il se dit qu’il s’est trompé sur ses sentiments et que cette fille ne ressent rien pour lui.
Il se fait maintenant des reproches : n’a-t-il pas abusé d’une jeune fille malade ?
Même s’il l’aime vraiment, il se sent coupable. Désormais, il décide de ne plus se laisser aller à ses émotions.
Une semaine passe ainsi. Ce jour, en se présentant, il trouve Malika et son jeune fils sur le pas de la porte.
-L’hôpital qui doit accueillir Sabrina nous fixe rendez-vous dans deux jours. Elle doit être examinée par des sommités.
-Alors, soupire Rafik, elle va partir.
-Oui, demain.
-Son père part acheter les billets, pour elle et pour moi. Je pars avec mon fils chercher les visas.
Il s’apprête à repartir.
-Non, s’il vous plaît, restez. Vous lui tiendrez compagnie jusqu’à notre retour !
Il reste donc. Malika le conduit jusqu’au cabinet où Sabrina se trouve. Elle est toujours froide.
-Bon, dit Rafik gêné, nous allons travailler. Il lui explique un théorème. Elle l’écoute ou fait semblant d’écouter.
-Tu as compris ?
-Oui.
Brusquement, elle laisse tomber son mouchoir. Il le prend. Il le lui tend. Il frôle sa main.
-Merci, murmure-t-elle.
Il s’étonne. Sa voix n’est plus froide.
-ça va ? s’inquiète-t-il.
-Oui, dit-elle.
Elle le regarde.
-Rafik, j’ai peur !
Il sursaute. Elle l’a appelé par son prénom ! Il est bouleversé. Il lui prend la main.
-Voyons, Sabrina.
-Ô Rafik ! J’ai peur de mourir !
Alors, il la prend dans ses bras. Elle se met à sangloter.
-Voyons, Sabrina, voyons. Je suis là !
Elle se dégage et rejette ses beaux cheveux en arrière.
-J’étouffe.
-Tu veux que j’ouvre les fenêtres ?
-Non. Je veux sortir !
Elle se lève.
-Sortir ? Mais pour aller où ?
-Au jardin.
-Voyons, tu vas te fatiguer.
Elle éclate de rire.
-Non, je ne suis pas fatiguée, et puis, je vais te faire découvrir notre jardin ! Alors, tu viens ?
Elle est si enthousiaste qu’il ne peut refuser.


(à suivre)
G. B.


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