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Autres / Récit de G.Boulki

Comme un rêve fugitif

23e partie

Résumé : Rafik se rend à l’aéroport et voit une dernière fois Sabrina qui s’apprête à suivre à l’étranger un traitement. La mère de la jeune fille a compris la nature des sentiments qui lient sa fille au garçon.

Voilà un mois qu’elle est partie. Tous les jours, il retourne à la villa. Le plus souvent, il ne trouve que Karim, le jeune frère de Sabrina, et il reste avec lui. Si Mahfoud, en l’absence de sa femme, a recruté une femme de ménage. Très souvent, il reste déjeuner, et quand on téléphone de l’étranger, il prend des nouvelles de la malade.
Parfois, quand elle n’est pas fatiguée, c’est elle-même qui lui parle.
“Reviens vite, supplie-t-il. La maison est vide sans toi !”
Quand personne n’est là pour l’écouter, il exprime ses sentiments.
“J’attends de te prendre dans mes bras !”
Parfois, quand elle est de bonne humeur, elle le taquine.
-Je suis dans un beau pays, je crois
que je vais y rester !
Il gémit.
-Tu n’es pas sérieuse !
-Bien sûr que si !
-Alors, je vais te rejoindre au plus vite !
Elle rit de ce rire clair qu’il aime tant.
-Non, bien sûr, je plaisante !
-Alors, s’il te plaît, guéris vite et reviens-moi !  
Elle promet de revenir. Elle le rassure aussi, en disant qu’elle va mieux. Et puis, brusquement, sa santé se dégrade…
En arrivant, cet après-midi-là, Rafik trouve l’ambiance sinistre. Il s’alarme.
-Que se passe-t-il ? demande-t-il à Kari.
-Maman a appelé, Sabrina est malade…
Et il ajoute :
-Très malade !
Il se précipite au salon où il trouve Si Mahfoud abattu.
-Si Mahfoud…
Il lève vers lui la tête.
-Ah, c’est vous…
Il lui indique une chaise. Rafik s’assoit et attend avec impatience qu’il parle. Mais l’homme éclate en larmes. Rafik se lève, bouleversé par cet homme qui pleure.
-Si Mahfoud…
-Ma petite fille est perdue !
Karim, qui était dans la pièce à côté, accourt. Il se jette dans les bras de son père.
-Mon petit… Mon pauvre petit !
Rafik s’affole : il ne sait plus quoi faire.
-Voyons, voyons…
Mais lui-même est gagné par les larmes. Et il se met à pleurer. C’est Si Mahfoud qui reprend le premier ses esprits. Il caresse les cheveux de son fils.
-Allons, espérons encore…
Il s’adresse ensuite à Rafik.
-Elle rentre demain. Il ne faut pas lui montrer notre désespoir…
Au contraire, nous devons tous lui montrer que nous avons espoir…
-Nous allons prier pour elle, dit Rafik.
Si Mahfoud soupire.
-Oui, il ne reste plus que cela
Quand la science échoue, il reste la foi !    

                  
(à suivre)
G. B.


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