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Autres / Récit de G.Boulki

3e partie

Comme un rêve fugitif

Dessin/©Mokrane Rahim

Résumé : Nadjet propose à Rafik de donner des cours au fils d’un ami de son père. L’homme est, paraît-il, riche et puissant. Rafik hésite, puis accepte.

Le lendemain, Nadjet lui annonce qu’une voiture se présentera devant la cité universitaire et l’emmènera au domicile de son “élève”.
-Une voiture ? s’étonne le jeune homme.
-Oui, une grosse voiture, tu ne manqueras pas de la reconnaître !
-Il serait plus facile qu’on me donne l’adresse et je me présenterai !
-L’ami de mon père préfère t’envoyer son chauffeur !
Il est abasourdi : un chauffeur pour le chercher… Lui, l’étudiant qui ne mange pas à sa faim, un chauffeur va venir le chercher !
A vingt-deux ans, Rafik vit seul dans la ville. Il a perdu sa mère, et son père s’est remarié. Comme il ne s’entend pas avec sa belle-mère, il a décidé, après le bac, de se rendre dans la capitale pour poursuivre ses études. Comme son père ne l’aide pas, il n’a que sa bourse pour vivre. Avec ces cours qu’il va donner à cet enfant de riches, il pense mettre un peu plus de beurre dans ses épinards !
A quatre heures précises, il se pointe à la sortie de la cité universitaire. On voit défiler des voitures qui ne s’arrêtent pas.
“Ce n’est pas pour moi !”
Une voiture finit par s’arrêter : comme l’a dit Nadjet, elle est imposante. Un homme portant une casquette descend. Il regarde autour de lui et l’aperçoit. Il va vers lui.
-Tu es Rafik ? lui dit-il.
Il rougit, comme pris en faute, et balbutie.
-Oui…
Le chauffeur sourit.
-Je suis le chauffeur de Monsieur Brahim. Tu viens avec moi ?
-Oui, dit encore Rafik.
Il pensait ouvrir la portière avant, devant le chauffeur, mais celui-ci lui ouvre la portière arrière.
-Prends place, jeune homme !
Il n’est jamais monté dans une voiture aussi luxueuse. Il regarde avec effroi ses chaussures : elles sont si usées qu’il a honte de les exposer. Et ses jeans ? Il les a tellement lavés qu’ils ont perdu leur couleur… Le chauffeur qui l’observe sur le rétroviseur intérieur s’aperçoit de son agitation.
-ça va, jeune homme ?
Il balbutie.
-Oui, oui…
Il se tait, puis il reprend.
-Monsieur et Madame sont très gentils…
-Ah bon ?
-Oui, je suis à leur service depuis dix ans… Je fais presque partie de la famille.
Rafik grimace un sourire.
-Ah, oui… ?
-Allons, mon garçon, tu n’as pas à avoir peur !
Il essaye de crâner.
-Je n’ai pas peur !
Le chauffeur sourit : il est si angoissé que la peur se lit dans ses yeux. Rafik répète :
-Je n’ai pas peur !
Mais au fond de lui-même, il a très peur et il regrette d’avoir accepté de donner des cours à ce fils de riches !

(à suivre) G. B.


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