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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le poissonnier

100e partie et fin

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Farida rapporte à sa mère la scène dont elle avait été victime. Cette dernière est offusquée par tant d’agressivité. Mehdi appelle la jeune femme, mais elle refuse de prendre sa communication…

La vieille Rosa lui prend le portable des mains :
-Allo…
-Heu… Farida ?
-Non. C’est sa maman. Après tout ce qui s’est passé, Farida ne peut pas te répondre, conviens-en Mehdi.
-Heu... Je voulais justement m’excuser auprès d’elle.
-Je ne sais quoi te dire mon fils. Je pense que ta femme est folle. Voilà tout.
-Moi aussi je le pense. Mais à vrai dire, je trouve que le destin a tranché définitivement pour moi. Je l’ai répudiée.
-À ta guise mon fils, mais je préfère que Farida tienne ses distances avec toi. Maintenant que tout le quartier est au courant de ce qui s’est passé, je n’aimerais pas qu’on la désigne du doigt.
-Tu as raison, Khalti Rosa. Dis-lui que je suis vraiment désolé. J’ai... J’ai été chanceux de la rencontrer et de la connaître. Elle comptait parmi mes meilleurs amis.
-Je lui transmettrai ton message.
Elle raccroche, et revient vers sa fille, qui avait suivi toute la conversation d’un air indifférent.
-Voilà, je pense qu’il a compris.
-Moi aussi, j’ai compris.
-Qu’as-tu donc compris ?
-Que j’ai été peut-être un outil du destin. Cet homme cherchait le moyen de reprendre sa vie en main. C’est fait maintenant. Il fallait que je revienne du Sud pour que cette scène ait lieu, et qu’il trouve un argument valable pour répudier son épouse. Ne trouves-tu pas cet épilogue un peu bizarre ?
La vieille Rosa secoue la tête :
-Si tu le dis, mais moi je pense que Mehdi était secrètement amoureux de toi. Peut-être que tu ressentais aussi un peu plus que de l’amitié envers lui…
Farida hausse les épaules :
-Mehdi fait d’ores et déjà partie de mon passé. Je ferais mieux de retourner au Sud, et de reprendre mon boulot. Ma carrière professionnelle passera désormais au-dessus du reste.
Dix années passent… Farida avait réussi un parcours professionnel des plus envieux. Cependant elle n’arrivait pas à oublier Merouane, et ne se pardonnait pas de l’avoir abandonné, au moment où il avait le plus besoin d’elle. Elle sentait toujours qu’elle avait une dette envers lui, et bien que les prétendants ne manquaient pas à l’appel, elle avait opté pour le célibat éternel.
Quelques mois après ce qui s’était passé avec sa femme, Mehdi avait officiellement divorcé, puis quitté le quartier. Il avait vendu sa poissonnerie et s’était installé dans une ville de l’Ouest.  Toutefois, de  temps à autre, il donnait de ses nouvelles à quelques voisins de son ancien quartier. C’est comme cela que Farida avait appris qu’il avait refait sa vie, était père de trois enfants et qu’enfin il avait pu lancer sa propre agence touristique. Il a bien réussi, de son côté, et tant mieux pour lui, se dit-elle. Comme le lui avait précisé auparavant sa mère, c’est encore une fois le destin qui s’était manifesté pour remettre les pendules à l’heure.  Pour Farida, le poissonnier n’était plus qu’un lointain souvenir.

Y. H.

<<< FIN >>>


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