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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le vent de l’été

10e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Nacéra apprendra que sa sœur était enceinte et avait même voulu avorter. Elle devrait prendre elle-même les choses en main pour éviter le scandale. Et ce Lyes ? Va-t-il vraiment se présenter pour demander sa main ?

Nacéra hausse les épaules :
-Ce genre d’homme n’est pas toujours fiable. Mais, il y a des exceptions. Nous attendrons le week-end, et nous verrons.
Maissa semblait plus calme. Elle avait avoué sa faute et reprit le dessus sur ses émotions. Bien que cela demeure aléatoire, elle comptait sur la venue de son prétendant pour mettre fin à ses tortures. En révélant sa grossesse à sa sœur, Maissa pensait mettre fin à ses aléas. Pourtant, rien ne prédisait une issue en sa faveur. Nacéra était certaine que cet homme dont elle lui avait parlé allait encore la faire chanter.
Elle prend une lente aspiration et lance d’une voix ferme :
-Je vais lui donner le temps jusqu’au week-end prochain. D’ici là, tu t’abstiendras de le revoir ou de l’appeler.
Maissa acquiesce :
-C’est promis. D’ailleurs, il n’aime pas être dérangé à tout bout de champ.
-Tu vois, petite gourde… Il n’as plus besoin de tes faveurs. Alors pourquoi s’encombrera-t-il de tes appels ?
-Il travaille et il…
-Arrête de faire l’idiote. Je ne vais plus dormir sur mes deux oreilles jusqu’au jour où il officialisera votre union.
Le lendemain matin, Nacéra se réveillera avec une vilaine migraine. La nuit durant, elle n’avait cessé de ressasser ce que Maissa lui avait révélé. Elle avait encore du mal à croire que sa sœur avait faussé les calculs et était tombée dans le piège d’un homme sans scrupules, qui l’avait menée tout droit vers l’abîme. Elle seule pourra l’empêcher de sombrer, se dit-elle. Elle seule pourra la repêcher. Sinon, Dieu seul sait ce qui se passera. Maissa pourra penser à se suicider ou à quitter la maison pour disparaître dans la nature.
Elle se rappelle qu’elle avait rendez-vous aussi avec Hind. Va-t-elle s’y rendre ou annuler ce déjeuner prévu avec elle ?
Elle saute hors de son lit et se passe une main sur le visage. Depuis le temps qu’elle ne sortait plus et ne rencontrait personne en dehors de ses clientes, elle se sentait comme l’oubliée de l’univers. Hind la sermonnait pour son retrait et sa solitude. Souvent elle lui rendait visite pour lui rappeler, qu’en dehors de son atelier et de sa couture, le monde continuait à tourner. Il faut savoir apprécier la vie à sa juste valeur et prendre le temps de vivre. Nacéra avait souvent annulé des rencontres à la dernière minute et refusé de se rendre à des fêtes ou à des réceptions qui pouvaient égayer un peu sa monotonie quotidienne. Hélas, elle pleurait devant le bonheur des uns et enviait la réussite des autres. Pas jalouse pour un sou, elle était cependant révoltée contre elle-même et contre son destin.
Avec ce qu’elle venait d’apprendre sur sa sœur, et ce qui pourrait lui arriver, sa révolte envers la société ne pouvait que s’accentuer. La société était ingrate et bourrée de tabous. Elle tendait l’index et accusait, sans juger les gens à leur juste valeur.
Nacéra ressassait encore ses idées noires, lorsque son portable se met à vibrer. C’était Hind. Son amie l’appelait à la première heure de la matinée pour lui rappeler leur rendez-vous.
Sans trop de volonté, Nacéra se verra obligée de lui confirmer qu’elle serait à l’heure au lieu prévu.
Elle raccroche rapidement pour s’épargner d’autres questions. Sa voix tremblante trahira son malaise et Hind cherchera à comprendre les raisons de son désarroi.
Elle se lève et se met à marcher de long en large, avant de se décider à aller prendre un bain, puis à se rendre chez sa coiffeuse.
Maissa était partie très tôt à l’université. Bientôt, son état l’empêchera de s’y rendre et elle sera obligée de reporter ses examens. Heu… si toutefois son mari consentira à la laisser poursuivre ses études.
Quelle idiote ! Quelle imbécile elle était !

(À suivre) Y. H.


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