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Autres / Récit de Yasmina Hanane

L'Algéroise

10e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : Fettouma se prépare au grand départ. On lui apprend un tas de choses. Comment entretenir son corps et tenir une maison. Des choses qu’elle connaissait déjà depuis sa tendre enfance. Mais au fond d’elle-même, elle se promet de n’en faire qu’à sa tête.

Le grand jour arrive très vite. Un imam viendra officialiser le mariage et réciter la Fatiha devant une assistance mâle composée de proches et de voisins.
Des youyous fusèrent du haut des balcons, et la fête s’annonça belle et somptueuse.
On chante, on danse, on rit, on plaisante, on boit, on mange et on souhaite au jeune couple une longue vie pleine de bonheur.
Fettouma est “exposée” devant une armada de femmes jeunes et moins jeunes, qui ne cessaient de l’entourer et de la cajoler. Ses sœurs, Faïza et Samia, ne la quittaient pas d’une semelle. Elle était une toute jeune mariée, dont le visage auréolé de bonheur faisait plaisir à voir.
Un ange… Un ange, s’exclamèrent quelques vieilles voisines, qui la connaissaient depuis ses premiers pas.
Fettouma souriait pudiquement à l’une et à l’autre, tout en gardant les yeux baissés.
Mille et une recommandations de sa mère et de ses sœurs ont fait d’elle cette “statuette” gracieusement déposée au milieu d’une assistance féminine qui ne mâchait pas ses mots pour faire des remarques acerbes. La jeune mariée qui étouffait dans cette atmosphère tentait de garder un visage serein pour camoufler sa fatigue et sa tristesse.
Comme toutes les mariées, le stress l’avait submergée des jours auparavant, et elle se sentait triste à l’idée de quitter ses parents, bien que le mot lui paraisse incongru, puisqu’elle va habiter juste au-dessous de leur étage.
Faïza vint lui chuchoter à l’oreille :
-C’est le moment Fettouma. Lla Kheira vient d’envoyer sa fille Malika pour nous demander de te préparer.
Fettouma acquiesce et se lève. Les youyous fusèrent de plus belle. On lui enfile le burnous, et on camoufle son visage sous un long foulard en soie.
Ses babouches dorées étaient un peu grandes pour elle. Si jamais l’une des deux femmes qui la tiennent chacune par un bras fait un faux pas, elle perdra pied et tombera tel un sac de semoule. “Pourvu que ce ne soit pas dans les escaliers”, se dit-elle.
Des larmes embuèrent son regard. Elle voulait les essuyer, mais ses bras étaient emprisonnés dans le burnous.
La jeune fille se sentit tout à coup mal dans sa peau. Un profond malaise s’empare de son cœur. Elle repense aux paroles de sa mère, et revoit le regard franc et direct de son père.
“Papa… Maman…”, se surprit-elle à prononcer.
De longues larmes ruissellent sur son visage. Quelqu’un vint soulever son foulard et l’embrasser sur les deux joues. Est-ce sa mère ? Elle ne le saura jamais.
L’assistance s’ébranla derrière la mariée. Fettouma baisse la tête pour franchir le seuil de la porte d’entrée sous le bras protecteur de son père. Elle tente de se retourner, mais des bras se resserrèrent sur les siens.
On l’entraîne jusqu’aux escaliers, puis on l’aide à descendre les marches. Une odeur de musc et de fleurs d’oranger emplirent ses narines. Lla Kheira et sa fille aspergeaient le cortège avec un m’rèche en cuivre. Elle avait deviné au son des voix que sa belle-mère l’attendait à la lisière de sa maison.

(À  SUIVRE) Y. H.


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