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Autres / Récit de Yasmina Hanane

La brûlure de la braise

10e partie

Résumé : Saad remonte jusqu’à son enfance. Comme il était l’unique garçon de la famille, et sur insistance de sa mère, il sera inscrit à l’école du village. Son cycle primaire terminé, il sera accompagné par ses parents pour la cérémonie de la remise des prix.

 

Nous attendions sous un soleil de plomb plus d’une heure, avant que le moyen de locomotion le plus moderne que nous connaissions dans la région ne daigne montrer son nez. Nous voici en route tous les trois vers mon
école.
À notre arrivée, la cérémonie avait déjà commencé. Mais comme j’étais le meilleur élève de l’établissement, on sera plutôt heureux de me revoir. Mes parents furent installés aux places d’honneur auprès de mes enseignants et je reçu des mains du directeur de notre école les premiers prix dans toutes les matières, sous de chaleureuses ovations.
Pour clôturer, mes enseignants proposèrent à mon père de m’inscrire sans tarder dans un CEM situé à plus de 50 km de notre région, lequel était doté d’un internat et d’une cantine scolaire.
Un peu dérouté par la tournure des évènements, mon paternel ne prononcera pas un mot sur le chemin du retour. Par contre, ma mère exultait. Elle était fière et heureuse de constater que les privations et les sacrifices consentis pour me permettre d’étudier avaient donné de bons fruits. Son fils fera de bonnes études, elle en était certaine maintenant.
Nous arrivons à la maison, les bras chargés de livres. Ma grand-mère et mes sœurs, qui prenaient de l’air au seuil de la maison, me firent un accueil triomphal. La famille savait que j’étais un élève assidu, et hormis mon père, tout le monde affichait sa fierté à mon égard.
Pour la circonstance, ma mère égorge une poule et nous prépare un bon dîner. Elle ne cessait de jeter des regards interrogateurs à mon père, qui s’était confiné dans un silence qui n’augurait rien de bon.
En début de soirée, et n’y tenant plus, elle le toise et met ses mains sur ses hanches pour le défier :
-Alors ? Que décides-tu Ameur ?
Il trempe ses lèvres dans sa tasse de café, puis la redépose avant de répondre :
-Que dois-je donc décider ?
-Hein… ? Tu n’as donc pas compris, que Saad doit poursuivre sa scolarité ?
Il se gratte le crâne, puis déroule son chèche et se met en devoir de le renouer sur sa tête. Un geste qui dénotait chez lui d’une grande contrariété. Il toussote, puis retrempe encore ses lèvres dans son café, et enfin lance :
-Hizia… Nous… Nous n’aurons pas les moyens. Tu sais bien que cela va nous coûter les yeux de la tête.


(À  SUIVRE)
Y. H.


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