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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le mendiant de l’amour

12e partie

Résumé : Linda est convaincue maintenant que le mendiant n’était pas fou et découvre en lui un homme sensé et intelligent. Une idée traverse son esprit. Elle lui ordonne de s’asseoir non loin d’elle et se met à réfléchir.

 

L’homme hésite un moment, puis, croisant le regard suppliant de la jeune femme, il s’exécute. Linda regarde ses doigts. À son annulaire gauche brillait une alliance. Le reflet du bijou dans la pénombre du hall lui fit mal. Elle est mariée sans l’être vraiment.
Elle est condamnée à mener cette existence de forçat auprès d’un homme inconscient, qui ne pense qu’à ses aventures et aux plaisirs de la vie. Ne devrait-elle pas penser à changer les données de ce destin qui s’acharne sur elle ? Elle soupire encore et relève la tête pour lancer à l’homme qui attendait sa réaction :
- Je pense que je devrais vous engager, jeune homme.
- M’engager ?
- Oui. À partir d’aujourd’hui, vous allez travailler pour moi.
- Travailler pour vous ?
- Oui. Vous allez vous occuper du jardin, des courses, de l’entretien de la maison. Cela vous arrange-t-il ?
- Mais je...
Elle lève la main pour l’interrompre et poursuit :
- Je vous proposerais un salaire au-dessus de vos espérances et vous n’auriez plus besoin de mendier.
L’homme la regarde, intrigué.
- Qu’avez-vous à me regarder ainsi ? Vous voulez négocier votre salaire ? Allez-y.
Proposez un montant.
L’homme la dévisage, puis éclate de rire.
- Vraiment, madame, vous m’intriguez. Comment osez-vous proposer un salaire et un travail à un homme qui portait jusqu'à ce matin une camisole de force ?
Linda se passe la main dans les cheveux.
- Ne tentez surtout pas de me faire croire que vous êtes fou, car vous ne l’êtes pas. Je ne sais pas pourquoi vous arboriez cette camisole de force. Je n’ai pas d’ailleurs à le savoir. Mais je suis prête à parier que vous n’avez rien à voir avec la folie. Je vous trouve plutôt très sagace.
Elle se mordit les lèvres. N’allait-elle pas trop vite en besogne ?
- Je pense que vous pourriez m’aider en travaillant pour moi, je suis assez aisée pour vous assurer un salaire décent et...
L’homme fait un geste de la main pour l’arrêter.
- Je vous aiderais autant que je le pourrais, madame, pas pour un salaire décent, comme vous le suggérez, mais parce que vous êtes une femme exceptionnelle et votre bon cœur mérite tous les sacrifices. Je ne sais pas si je pourrais m’occuper convenablement des tâches que vous me proposez, mais je vais essayer tout de suite de défricher votre jardin, sauf si vous préférez que je commence par autre chose.
- Attendez, attendez. Je ne connais même pas encore votre nom.
- Youcef. Appelez-moi Youcef. Et je vous en prie, tutoyez-moi.
- Eh bien, Youcef, avant d’entamer quoi que ce soit, je veux d’abord qu’on discute de toutes les formalités.
- Lesquelles ?
- Voyons, tu ne vas tout de même pas continuer à passer tes nuits sur le banc public d’en face ! Il va te falloir trouver un gîte où passer tes nuits.
- Je pourrais dormir dans un hammam, il y en a un juste au coin de la rue.
- Non, ce n’est point une solution. Un hammam n’est pas du tout un lieu où tu peux élire domicile. Laisse-moi donc réfléchir.
Quelques minutes passent avant que la jeune femme ne reprenne :
- Youcef. Et si je te proposais de dormir dans la remise du jardin ? Mon mari ne l’utilise plus que pour mettre ses clous et ses ferrailles dedans. Nous pourrions l’arranger un peu et mettre un lit et une table pour commencer. Qu’en dis-tu ?


(À suivre)
Y. H.


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