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Autres / Récit de Yasmina Hanane

L'Algéroise

12e partie

Dessin/ALi Kebir

Résumé : Fettouma est emmenée dans sa nouvelle demeure. Elle est triste et émue. Sa sœur la rassure. Tout à l’heure, quand elle verra Mahmoud, tout rentrera dans l’ordre. Fettouma constate que sa belle-mère n’avait pas lésiné sur les dépenses pour décorer sa chambre.

Faïza met un doigt sur sa bouche.
-Chut ! Pas trop de zèle. Tu viens à peine d’arriver chez elle. Si jamais quelqu’un t’entend, tu en auras, plus tard, pour tes frais.
Fettouma ébauche un sourire triste.
-Maman va me manquer.
-Oh ! Ce n’est qu’une impression, elle est juste à l’étage au-dessus.
-Oui, mais ce ne sera plus jamais comme avant.
-Hélas non ! Mais n’oublie pas que, contrairement à toi, tes deux sœurs habitent à plusieurs kilomètres de leurs parents.
-Je sais. Peut-être que je serais, moi aussi, à des kilomètres de maman, même si elle est juste là.
Faïza avait compris que sa sœur était angoissée.
Elle était encore trop jeune et inexpérimentée pour affronter la vie qui l’attendait.
Elle tend la main et lui caresse le visage.
-Ne t’inquiète donc pas. Toutes les jeunes mariées passent par cette période d’anxiété.
Mais je peux t’assurer que cela ne dure pas. Tu vas bientôt t’habituer à ta nouvelle vie, et puis Mahmoud est un gentil garçon que tu connais bien de surcroît.
On vint servir le café et les gâteaux.
Les femmes qui entouraient Fettouma se dispersèrent. Quelques-unes avaient préféré prendre place sur les nombreuses chaises déposées à leur intention dans la grande cour pour profiter de la fraîcheur du soir. Des jeunes filles chantaient à en perdre haleine, et des youyous fusaient çà et là de temps à autre.
Lla Kheira surveillait du coin de l’œil les femmes qui s’affairaient autour du dîner.
Un couscous était prévu pour toute cette assemblée à une époque où la faim incitait les gens à courir derrière le moindre grain de semoule.
Lla Kheira avait demandé à son mari d’égorger un mouton afin que tous ses invités soient rassasiés. Chose vraiment rare en ces temps de vaches maigres.
Fettouma demeure dans sa chambre avec ses deux sœurs. Ces dernières en profitèrent pour remaquiller ses yeux et effacer les traces des larmes sur son visage.
“Tiens-toi donc tranquille, que je puisse retracer ton k’hol”, lui lance Samia, agacée par la nervosité de sa sœur.
La jeune mariée agite la main.
-Je ne suis pas encore habituée à tous ces artifices. Si cela ne dépendait que de moi, je ne mettrais absolument rien sur mon visage.
-Oui, je comprends. Nous sommes toutes passées par cette étape, et nous savons que ce n’est qu’une question d’habitude. Plus tard, tu prendras goût à tous ces artifices, toi aussi, lorsque tu découvriras qu’une femme doit se faire belle et être attirante pour plaire à son mari.
Fettouma hausse les épaules.
-Mahmoud m’a toujours connu sans artifices.
-Mais ce n’est pas la même chose, pardi ! Maintenant, tu es sa femme, et toute jeune mariée doit soigner son apparence.

(À  SUIVRE) Y. H.


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