Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le vent de l’été

13e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Bien qu’elle ait juré de ne pas faire de shopping et d’éviter les chiffons au maximum, Nacéra tombe sous le charme d’une jolie blouse en soie qui coûtait les yeux de la tête et qu’elle s’empressera de montrer à son amie.

Hind rit :
-Ne sois donc pas aussi radine que ça. La pièce en valait la dépense cette fois-ci.
Nacéra hausse les épaules :
-Si tu le dis… Heu… où allons-nous maintenant ?
-Déjeuner dans un endroit romantique et très agréable. Suis-moi, tu ne le regretteras pas.
Elles prirent un taxi et se retrouvèrent bientôt devant un restaurant très chic. L’endroit semblait sortir tout droit d’une revue touristique.  Surprise,
Nacéra suivra son amie à l’intérieur avant de s’exclamer :
-Tu ne t’es pas trompée, Hind ? Je ne suis jamais venue dans un tel lieu. C’est tout simplement fabuleux.
-Attends donc de goûter aux plats qu’on y prépare. Tu m’en diras des nouvelles.
Un maître d’hôtel vint à leur rencontre et les précède dans la grande salle qui regorgeait déjà de monde.
Elles s’attablèrent auprès d’une grande fenêtre qui donnait sur un jardin verdoyant et dont le jet d’eau au milieu rajoutait une note rafraîchissante.
-Où étais-je donc enterrée ? Je ne savais pas que de tels restaurants existaient chez nous.
Hind donne une tape sur le bras de son amie :
-Tu le reconnais enfin… Tu t’es bel et bien enterrée. Tu ne sors plus, tu ne reçois presque personne d’autre que tes clientes, et tu partages ton temps entre ton atelier, tes commandes et tes tissus. Quand consentiras-tu donc à te laisser vivre et à goûter au bonheur que la vie nous offre de temps à autre ?
Nacéra pousse un soupir :
-Tu as raison, Hind. Mais tu connais mes réticences… Je ne suis plus de la prime jeunesse, et les meilleures années sont derrière-moi.
Hind ouvrit de grands yeux :
-Que dis-tu donc, petite idiote ? Les meilleures années seraient plutôt devant toi… Il n’y a pas d’âge pour vivre et s’amuser. Nous sommes de simples passagers sur Terre, et à chacun sa part de bonheur dans ce bas monde. Ne sois pas si pessimiste, et pour ne jamais oublier que tu existes, regarde de temps à autre autour de toi. Tiens, regarde un peu par là… Ne vois-tu pas qu’il y a des femmes et des hommes bien plus âgés que nous mais qui continuent à sortir, à faire des rencontres et à profiter pleinement de la vie ?
Nacéra suit le regard de son amie et constate effectivement que des gens de tout âge étaient installés devant leurs plats de déjeuner et discutaient à bâtons rompus ou riaient sans complexe. Un autre monde que le mien, se dit-elle.
Un serveur vint leur remettre le menu et revint quelques minutes plus tard pour prendre la commande.
En attendant d’être servies, elles demandèrent des boissons fraîches et se mettent à les boire à petites gorgées tout en admirant le beau décor rustique qui les entourait. Enfin, on ramène leur déjeuner et elles s’attaquèrent aux plats commandés avec délice.
Nacéra se détendit. Loin de chez elle, elle se sentait moins stressée. Elle repense à Maissa… Une vague de tristesse la submerge. Mais elle se reprend en se disant que son but aujourd’hui était de reposer ses méninges et de profiter pleinement de sa journée.
Elle pousse un soupir et se remet à manger. Hind lui sourit :
-Alors, tu es heureuse ?
-Heureuse ? Disons que je me sens un peu mieux dans ma peau. Cette sortie me permet  de souffler un moment et d’oublier mon stress.
-On pourrait sortir plus souvent. Je ne demande pas mieux, moi, si de temps à autre tu consentais à écouter mes conseils.
-Tu oublies que je suis submergée de travail…J’ai des commandes très urgentes et des clientes très difficiles à satisfaire. La journée d’aujourd’hui me coûtera un double travail demain si je veux être aux rendez-vous des essayages prévus et des commandes programmées.

(À suivre) Y. H.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER