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AUTRES / Récit de Yasmina Hanane

Le psychopathe

15e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : L’infirmière tente de raisonner Anissa et de calmer son anxiété. Elle ira jusqu’à lui révéler que l’inspecteur Omar était sur la bonne piste et ne tardera pas à venir lui annoncer une bonne nouvelle. En attendant, elle l’exhorte à se reposer.

L’inspecteur Omar s’étire et demande qu’on lui ramène un café bien serré. Il avait passé la nuit au commissariat, et vers les premières lueurs de l’aube il s’était installé sur un divan et avait sombré dans un profond sommeil. Pas pour longtemps cependant. La sonnerie du téléphone l’avait réveillé au beau milieu d’un rêve. Un ivrogne s’était fait renverser par un camionneur sur l’autoroute. Il s’empresse de prendre note, et charge une patrouille de se rendre sur les lieux de l’accident.
Ensuite, il allume une cigarette et repense à la petite fille à la robe rose, renversée par un véhicule, mais qui était tout de même hors de danger. Il repense aussi à sa jeune mère et à son regard plein de chagrin et de tristesse. Il soupire. Pourquoi existe-t-il des hommes aussi agressifs que ce mari, qui doit la malmener et lui mener la vie dure ? Et pourquoi subissait-elle ses excès de colère sans se révolter ? Il secoue la tête. Ce genre de femmes craignent les scandales, et préfèrent la soumission, surtout lorsqu’elles ont des enfants en bas âge.
Un policier de service dépose devant lui une tasse de café fumante et s’éclipse. Omar allume une autre cigarette et se laisse aller sur sa chaise. Le soleil levant laissait pénétrer des reflets dorés dans son bureau...
Un autre jour naissait. Il va falloir qu’il revoie Mourad ce matin. On l’avait gardé au poste la nuit durant, mais il va devoir le réveiller, afin qu’il lui remette une photo de sa fille.
L’inspecteur se poste devant sa fenêtre et se remet à fumer. Si cet homme n’avait pas agressé sa femme, il lui aurait tout bonnement demandé de l’accompagner à l’hôpital pour reconnaître sa fille. Mais il ne va pas lui donner l’occasion de la revoir de sitôt. Ce mec est brutal et sans cœur. Son égoïsme l’avait poussé jusqu’à vouloir intenter à la vie de son épouse. Ilham était aussi la fille de sa mère, et dans un cas pareil, un mari, quel qu’il soit, devrait plutôt songer à prendre les initiatives requises.
À commencer par entamer des recherches. Mais pour extérioriser ses craintes et sa rage, Mourad s’était acharné sans pitié sur sa femme. Il repense aux points de suture, aux hématomes, aux fractures, que cette dernière avait récoltés.
Et malgré cela, elle refusait de déposer plainte. Il serre les poings. Il saura remettre les pendules à l’heure dans ce couple !
Il termine de boire son café et écrase sa cigarette dans un cendrier. Il était temps de reprendre le boulot.
Anissa tente de se mettre debout. Le médecin venait de lui remettre une béquille et l’exhortait à faire quelques pas. Mais encore trop faible, la jeune femme grimaçant de douleurs se laisse retomber sur son lit.
-Vous avez encore mal aux côtes. Et vos multiples blessures vous empêchent de faire des efforts, lance le médecin compatissant.
Je comprends vos réticences, mais vous devriez vous accrocher pour faire quelques mouvements quotidiens, sinon vous n’allez pas pouvoir remonter la pente de sitôt.
Elle porte la main à sa tête.
-J’ai des vertiges, docteur.
Soudain, elle éclate en sanglots.
-Je suis là à vous parler, alors que je ne sais pas si ma fille est vivante ou
morte.
Le médecin s’approche d’elle.
-Nous sommes tous de tout cœur avec vous, madame. D’après les échos de ce matin, l’inspecteur Omar a trouvé une bonne piste. Il ne tardera pas à venir vous rendre visite. Peut-être a-t-il de bonnes nouvelles pour vous ?
-Je l’espère.
-Alors, accrochez-vous pour récupérer rapidement. Votre fille aura besoin de votre assistance, et si vous vous entêtez à refuser d’écouter mes conseils, vous ne serez pas en forme pour l’accueillir.

(À  SUIVRE) Y. H.


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