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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le mendiant de l’amour

17e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : Youcef accepte de travailler chez Linda, à la seule condition qu’elle ne devait jamais faire référence à la camisole de force qu’il arborait la veille. La jeune femme lui en demandera les raisons. Elle est ahurie d’apprendre qu’il ne voulait pas se marier.

Il s’humecte les lèvres et prend une lente inspiration.
- Si vous le permettez, madame, je vais vous raconter mon histoire en détail.
Linda se redresse, prend un coussin et se cale dans son fauteuil.
- Étant donné que je ne sais que faire de ma soirée et que ma curiosité est piquée à vif, je vais me faire le devoir de t’écouter jusqu’au bout. Avant cela, va nous préparer du thé. Tu trouveras les chopes et les infusions dans le placard au-dessus du potager.
Youcef se lève et se rend dans la cuisine, puis revient quelques minutes plus tard avec deux chopes pleines du breuvage brûlant. Il en tend une à Linda, puis reprend sa place sur le fauteuil et prend une gorgée de thé avant d’entamer.
- Je ne sais par quoi commencer, madame.
Linda dépose sa tasse.
- Eh bien, commence par le début. Par la vie que tu menais avant d’arriver à cette camisole.
Il soupire.
- Par mon enfance dorée, par notre maison spacieuse au bord de la mer ou par mon ascension sociale ?
Elle hausse les épaules.
- Commence par ce que tu veux, mais je veux connaître tous les détails. Le moins qu’on puisse dire est que tu as vraiment attisé ma curiosité.
Youcef déglutit.
- Le récit que je vais vous raconter va sûrement vous toucher, madame. Je sais que votre curiosité n’est qu’un reflet de votre bonté. Vous voulez m’aider. C’est pour cela que vous voulez tout connaître de moi.
Elle sourit.
- Étant donné que tu vas faire partie de mon quotidien désormais, j’estime que je dois tout connaître de ta vie. Du moins l’essentiel.
- Vous avez raison. Je suis encore un inconnu pour vous. Je vais tenter de vous raconter les étapes culminantes de mon existence.
Il prend une gorgée de thé et entame son récit :
- Je suis né dans une famille très aisée. Mon grand-père, qui n’avait eu que des filles avec une première femme, avait dû épouser ma grand-mère en secondes noces pour assurer sa descendance. Une année plus tard, son vœu se réalisa. Mon aïeule donnera naissance à un garçon qu’on prénommera Belaïd et qui deviendra plus tard mon père. Fier d’avoir enfin la certitude de prolonger son nom et de faire fructifier ses biens, mon grand-père donnera une grande fête qui dura sept jours et sept nuits. Hélas, son bonheur sera de courte durée. Il n’aura jamais le privilège de voir grandir ce fils tant attendu et tant aimé, car ma grand-mère mourra une année plus tard en couches. Inconsolable et terrassé par le chagrin, mon grand-père ne tardera pas à rejoindre sa seconde épouse dans sa tombe. Mon père qui venait de boucler ses dix mois sera alors confié à son oncle maternel. Aucun des oncles paternels ne voulait de lui. Pour eux, il était cet intrus qui allait mettre de l’eau dans leur moulin.
Mon père, élevé dans l’allégresse et l’aisance, réussira à faire de brillantes études et détiendra le pouvoir de gérer la fortune familiale. Il comprendra très vite les rouages de sa famille et n’aura aucun mal à récupérer sa part d’héritage. Quand il se maria, il avait 30 ans et un capital très envieux. Il fructifia son argent et devint en un laps de temps très court un homme puissant et riche, qui pouvait investir dans tous les domaines. Son admirable sens de la gestion de ses biens lui permettra de gérer sa fortune, et il n’eut aucun mal à réaliser de grands profits. Mieux, il fera des placements judicieux et rattrapera le temps perdu en exploitant les terres de mon grand-père. Et bien sûr cela ne s’est pas réalisé sans susciter rancune et jalousie. Mes grands oncles paternels tentèrent de lui mettre des bâtons dans les roues dans tout ce qu’il entreprenait. Mais instruit et intelligent, il saura déjouer tous les pièges qu’on lui tendait.

(À suivre) Y. H.


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