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A la une / Récit de Yasmina Hanane

La brûlure de la braise

17e partie

Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Après moult hésitations, Ameur se décide enfin à se rendre à Annaba. Saad et lui prennent la route. Non habitué à voyager dans un bus, le berger vomira ses tripes. Le bus se stabilise enfin avant de prendre la route de l’Est.

Annaba n’est plus qu’à quelques centaines de kilomètres. J’ouvre la fenêtre pour permettre à mon père de respirer, et lui tendit un bout de galette, aussi sèche qu’un roseau, et la bouteille d’eau :
-Tu devrais manger papa. Tu n’as plus rien dans le ventre, et cela te provoquera des coliques.
Il repousse ma main et se
redresse :
-Je ne pourrais rien avaler.
-Tâche alors de dormir un peu. Le sommeil te fera le plus grand bien.
Il me dévisage, puis lance :
-C’est une folie, ce voyage.
Je tente de le rassurer :
-Mais non papa. Nous allons bientôt arriver à destination, et tu pourras te reposer.
-Où ça ? Sur un trottoir ? Tu sais bien que nous ne connaissons personne à Annaba.
-Dieu y pourvoira.
Le bus filait maintenant sur une route goudronnée, et bien lisse. Je m’endors sans demander mon reste. Arrivés à destination, mon père me secoue :
-Aller réveille-toi Saad. Nous sommes à Annaba.
J’étire mes jambes ankylosées et me “décolle” tant bien que mal de mon siège. Mon père semblait avoir repris quelques forces. Il avait avalé son bout de galette, et même fumé une cigarette offerte par un passager.
La gare routière me sembla immense avec ses multiples aires de stationnement, ses kiosques, ses lumières et cette foule cosmopolite qui se bouscule et s’interpelle à tout bout de champ.
Nous nous empressions de suivre quelques voyageurs qui se dirigeaient vers la sortie. Mon père qui ne connaissait rien des grandes villes du Nord était impressionné, et ne cessait de regarder de tous les côtés. Notre aspect sale et repoussant ne jouait pas en notre faveur. Les gens nous jetaient des regards curieux. Le long voyage que nous venions d’effectuer nous a non seulement épuisés, mais a fait de nos vêtements, déjà vieux et fripés, des loques empoussiérées. Mon père ôte son chèche et le secoue avant de le remettre sur sa tête. Un homme passe devant nous et affiche une moue dédaigneuse. J’avise un agent de l’ordre qui régulait la circulation non loin de là et m’approchait de lui pour me renseignait sur notre destination. Il faisait déjà nuit, et je doutais que le notaire se trouvait encore à son bureau. Mais du moins aurais-je un précieux renseignement pour le lendemain…
Le policier nous toise avant de jeter un regard sur l’enveloppe que je lui tendais et qui comportait le cachait de l’homme de loi et son adresse.
-Vous êtes étrangers à la ville à ce que je vois.
- Oui.  Nous venons d’arriver à Annaba. L’agent m’indique un carrefour :
-Vous traversez au niveau du rond-point et vous prenez ensuite la ruelle qui fait face. Le bureau de ce notaire se situe dans un grand immeuble ultramoderne. Vous ne pourrez le rater. Heu…Mais je pense qu’il est un peu tard pour votre rendez-vous. Vous devriez plutôt passer demain  matin.

(À  SUIVRE) Y. H.


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