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A la une / Récit de Yasmina Hanane

La brûlure de la braise

18e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Saad et son père sont enfin à Annaba. Ils sont désorientés dans cette grande ville qu’ils ne connaissent pas. Un agent de l’ordre leur indique leur destination. Mais il était tard et ils ne pourront rencontrer le notaire que le lendemain.

La nuit venait d’étaler son obscurité et la ville s’illuminait. Je trouvais Annaba fort belle, avec ses grands jardins, ses ruelles, ses cafés bruyants et ses habitants, qui se hélaient et se saluaient ou discutaient sur les larges trottoirs du centre-ville. Je jette un regard à mon père qui me suivait en silence. Il ne semblait pas trop emballé par notre voyage, et maintenant, nous devrions penser à nous trouver un gîte où passer la nuit.
Un peu perturbé par ce contretemps, je m’arrête devant un café et propose à mon paternel une petite halte. Il secoue la tête :
-Non. Nous devrions économiser nos dernières pièces fiston.
Il se gratte la tête et reprend :
-Nous allons acheter un pain et demander au boulanger de nous indiquer un hammam pour passer la nuit.
Je trouvais son idée bien sensée. Passer la nuit dans un bain maure ne nous coûtera pas grand-chose et nous n’allons pas quitter le centre-ville…
Chose proposée, chose faite. Nous achetons une baguette de pain blanc, que nous dévorons sur le banc d’un jardin public, puis nous nous levons pour nous diriger vers un hammam, qu’on venait de nous indiquer et qui se trouvait à quelques encablures de là.
Il fallait prendre la ruelle de gauche et marcher environ une dizaine de mètres. Nous y voilà enfin ! La fouta rayée qui flottait à la porte d’entrée, nous confirme qu’on était bel et bien devant un hammam. Le gérant nous accueille en pinçant son nez, puis nous indique deux matelas en éponge, étalés à même le sol à proximité de la salle chaude.
Nous ne sentions pas la rose, et l’homme a préféré nous isoler des autres clients. Mon père dépose une pièce sur le comptoir et me prend le bras :
-Viens fiston, allons prendre quelques heures de repos.
Mais il était trop tôt pour se mettre au lit. Le hammam grouillait de monde. La tranche horaire hommes prévue en fin de journée, drainaient des gens de tous les niveaux et de toute catégorie…Nous remarquions tout de suite des sportifs, portant encore leurs tenues d’entraînement, des ouvriers, des maçons, des administrateurs…Tout ce monde passait devant nous pour entrer dans la salle chaude et en ressortir propre comme un sou neuf.
Cette ambiance me donne envie de prendre un bain. Je lance un regard implorant à mon père. Ce dernier mettra sa main sur mon épaule en secouant  sa tête :
-Saad, je comprends que tu veilles te décrasser, mais …(Il ouvrit ses mains dans un geste impuissant ) je n’ai presque plus rien dans mes poches. Il faudra penser aussi à l’achat des billets de bus pour le retour.
Je baisse les yeux, pour cacher mon désarroi. Mon père avait raison. Nous étions trop pauvres pour ce mode de vie que menaient les citadins, et nos moyens restreints ne nous permettraient jamais de suivre le rythme de ces derniers…

(À  SUIVRE) Y. H.


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