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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le vent de l’été

19e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Nacéra rentre chez elle où vraisemblablement sa sœur l’attendait. Cette dernière lui apprendra que Lyes avait refusé d’entendre raison, car il doutait de sa paternité. Déroutée, Maïssa lui révèlera aussi qu’elle avait pensé mettre fin à ses jours.

Nacéra se met à réfléchir, puis lance:
-Pour commencer, appelle-le et propose-lui un test ADN le plus tôt possible.
-Je… j’y avais pensé figure-toi… Je voulais avoir juste ton approbation là-dessus.
-Pourquoi n’avais-tu donc pas pensé à avoir mon approbation avant de…
Maïssa se remet à pleurer :
-Je sais que je suis la seule à blâmer. Je voulais juste m’amuser. Je ne savais pas que les choses allaient se gâter… que cela irait si loin.
-Voilà ce que j’appellerais de l’inconscience Maïssa. Et cette inconscience tu la payeras bien cher, je le crains.
Maïssa, le visage inondé de larmes, lève les yeux vers sa sœur :
-Je suis prête à payer le prix, prête à mourir pour sauver l’honneur de la famille.
-Il n’y a pas que l’honneur de la famille en jeu… Il y a aussi cet enfant qui va naître… Une victime… Tu en fais une victime qui portera toute sa vie le poids de ton erreur.
Elle secoue la tête :
- Je n’aurais jamais cru que ma sœur, celle que j’ai élevée moi-même, et celle qui me rendait fière par ses réussites scolaires, et pour laquelle j’entrevoyais un avenir meilleur que le mien, allait me décevoir de la manière la plus ignoble.
Ne pouvant plus se retenir, Maïssa se jette dans les bras de sa sœur et se met à sangloter. Nacéra la serre contre elle, et sent les larmes mouiller ses joues. Elle aussi pleurait. Elle avait pitié de sa jeune sœur et craignait le pire pour elle. Le mieux serait de trouver une solution efficace et rapide. Maïssa était déjà à la fin du troisième mois, et selon elle, les médecins refuseraient de procéder sans raison à un avortement.
Si Lyes consentait à subir un test ADN et régularisait la situation, elle pourrait souffler, du moins pour sauver la façade. Car au fond, elle avait compris que sa sœur ne sera jamais heureuse avec un tel homme, qui d’ores et déjà montrait ses griffes.
Mais au cas où il refuserait ?
Nacéra serre davantage sa sœur contre elle.
Au cas où il refuserait, elle va devoir passer à l’action et penser dénicher une matrone. Une sorte d’accoucheuse traditionnelle qui consentira à procéder à un avortement clandestin avec tous les risques que cela supposait.
Maïssa avait cessé ses sanglots sans pour autant desserrer son étreinte.
Nacéra la repousse doucement et essuie de sa main les yeux rougis de sa jeune sœur :
-Nous finirons par trouver une solution et nous en sortir. Calme-toi et va te laver le visage, et surtout ne rentre pas dans la cuisine avec tes yeux boursoufflés. Maman risque de soupçonner quelque chose et ne nous laissera plus en paix.
Maissa hoche la tête :
-Oui, je sais… Je vais me laver le visage et passer un peu de glace sur mes yeux.
Nacéra se change et se démaquille, puis attend que Maïssa revienne dans la chambre pour lui demander :
-Tu veux bien appeler ce Lyes de malheur et me le passer ?
Maissa lève un regard interrogateur vers sa sœur, qui poursuit :
-Je dois d’abord avoir une idée sur lui avant de passer à l’action… Dans ce monde, il faut se conduire en voyou avec un voyou, en ami avec un ami, et en ennemi avec un  ennemi… Dans ton cas, je crois que je ne pourrais confirmer mon opinion sur cet homme que lorsque j’aurais discuté avec lui.
-Que vas-tu lui dire Nacéra ? demande Maïssa sur un ton inquiet.
-Que j’aimerais le rencontrer et discuter de ton état.
-Et s’il refusait… S’il refusait sous prétexte que ce problème ne concerne que nous deux ?
-Ah ! non ma chérie ! Ce problème ne concerne pas que vous deux… Du moins pas tant que vous n’êtes pas mari et femme. Ce problème concerne l’honneur de toute une famille. On ne badine pas avec l’honneur lorsqu’on est fils de bonne famille.
Maïssa garde le silence. Elle semblait hésitante, et son air affligé déplut à sa sœur :
-Alors, qu’attends-tu ? Je veux discuter avec cet homme et tirer les choses au clair avec lui.

(À suivre) Y. H.


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