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  • La demande de remise en liberté provisoire de Louisa Hanoune rejetée par le tribunal militaire de Blida.

A la une / Récit de Yasmina Hanane

Les racines de l’amour

19e partie

Résumé :  Zouina refusait d’admettre que son mari venait d’accorder la main de Ghenima à Aïssa. Sans consulter quiconque, Da Kaci s’était fait prendre dans le piège d’un homme égoïste et orgueilleux. Mais malgré ses torts, Da Kaci refuse de démontrer sa faiblesse, et va même jusqu'à menacer sa femme...

Zouina pleurait toujours et se lamentait. Il se détourne, pour qu’elle ne remarque pas son air abattu et les larmes qui brillaient dans ses yeux. Oui. Il pleurait… Il passe une main sur sa joue pour essuyer une larme, puis renifle et refoule ses sanglots en se raclant la gorge avant de lancer :
- Je te laisse le soin femme d’annoncer cette heureuse nouvelle à ta fille.
- Heureuse nouvelle ! Laisse-moi donc rire… Ghenima va s’évanouir en apprenant qu’elle est promise à un homme de l’âge de son père, répugnant, orgueilleux et sans scrupules. Un homme qui porte malheur à quiconque l’approche et qui  n’en fera d’elle qu’une bouchée avant de l’enterrer.
Da Kaci se lève et remet sa chéchia, avant  de cracher par terre :
- Tu dois exécuter mes ordres, femme! Quand ma patience est à bout, je ne réponds plus de mes gestes. Alors ne me provoque pas, sinon tu recevras la correction la plus mémorable de ta vie.
- Hein, tu n’a pas honte de me menacer ainsi, alors que je suis la fille de Si Ali, des Aït Aïdel, l’homme le plus vertueux du village et le confident le plus sûr. En plus je suis la grand-mère de tes petits-enfants et la mère de tes fils Mokrane et Belkacem…
- Tes arguments ne valent rien devant ma décision femme. J’irais jusqu'à te répudier s’il le faut.
Zouina est sidérée. Elle se laisse tomber sur une peau de mouton et se met à se lamenter.
- Arrête donc ta litanie, femme. Ce n’est pas un enterrement que nous préparons, mais un mariage !
- Oh ! tu peux le dire. Nous préparons plutôt un enterrement. Ghenima ne va sûrement pas sauter au ciel en apprenant que tu viens de la “vendre” à un bourreau. Je ne pense pas qu’elle tiendra le coup jusqu’au jour de son mariage… Et même dans le cas contraire, elle ira rejoindre plutôt sa tombe que son foyer, puisque ce croque- mort ne peut pas garder une femme auprès de lui plus d’une année.
- Nos vies sont entre les mains de Dieu. Je ne vais pas me raser la moustache devant la Djemaâ et manquer à ma parole parce que toi ou ta fille refuse ce mariage.
- Tu oublies tes fils Kaci… Tu oublies Belkacem et Mokrane, le reste de la famille et le village.
- Je n’oublie personne. Mes fils s’inclineront devant ma décision, et quelle que soit leur réaction, je ne vais pas subir l’humiliation de me faire montrer du doigt. Quant aux autres, ils n’ont pas à se mêler d’une affaire qui ne concerne en premier lieu que moi-même. Est-ce que je me mêle moi du mariage de leurs filles ?
-  Mais bien sûr que tu es mêlé.  Ne t’invite t-on pas à prendre place devant l’assistance chaque fois qu’une fille est demandée en mariage dans notre famille ? Mais cette fois-ci Kaci tu as brûlé toutes les étapes… Tu n’as consulté personne, et ce vieux vicieux de Aïssa a su t’avoir aussi facilement qu’un grain de blé tombé d’une grange.  


(À  SUIVRE)
Y. H.


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