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Autres / Récit de Yasmina Hanane

L'Algéroise

1er partie

©Dessin/ALi Kebir

Parler de Fettouma l’Algéroise, c’est forcément, remonter un peu vers ce passé récent que nous aimons évoquer non sans une pointe de nostalgie.   
La vieille Fettouma ou Lla Fettoum, comme l’appellent familièrement les gens du quartier, n’est pas née de la dernière pluie. Elle frôle, aujourd’hui, ses 80 ans avec une fierté non dissimulée.  
Rien en elle n’avait à vrai dire changé, ni dans sa façon de s’habiller, ni dans le décor de sa maison ou dans sa façon de vivre au quotidien.
Malgré son âge avancé, on la rencontre souvent, son panier au bout du bras, vêtue en serouel, maherma et haïk, et remontant péniblement les escaliers de son vieux quartier. D’aucuns aiment à répéter qu’elle avait gardé en elle ce petit charme authentique des autochtones du vieil Alger.
Et c’est la réalité. Fettouma personnifie habilement ce vieil Alger où elle est née, et a grandi, et qu’elle n’avait à proprement parler jamais quitté.
La vieille bâtisse qui l’avait vue naître et même vu naître ses enfants, est toujours là, pour lui rappeler ses origines et son passé.
Quand vous entrez chez Fettouma, vous faites assurément un grand pas vers ces années enfouies dans les dédales du temps, que ce dernier n’arrivera jamais à effacer.
La grande cour carrelée, aux murs en faïence espagnole, les balcons aux balustrades en bois sculpté, le petit puits à margelle, et les escaliers en marbre, replongent le visiteur dans une atmosphère féerique, dont seule cette femme détient encore le secret.    
Se sentant vieille et trop seule pour habiter dans cette grande maison en solitaire, Fettouma a décidé de louer certaines chambres du rez-de-chaussée à des étudiantes.
Elle avait versé quelques larmes en se remémorant certains détails. Ici, dans cette maison, chaque carré lui appartient et lui rappelle chaque pan de sa propre vie.
Jadis, la cour et la maison étaient remplies de cris, de rires, de chants et de danses. Des soirées interminables avaient ravivé ces murs, aujourd’hui, glacés.
C’était l’époque où elle n’était encore qu’une enfant, l’époque où, insouciante, elle avait gambadé dans cette cour, couru à travers ces chambres, et joué dans ces escaliers.       
Et puis, il y avait eu son mariage. Ah ! Comme cela lui paraissait bien loin aujourd’hui !
Mais à franchement parler, elle se rappelle le moindre détail. Cela s’est passé exactement en 1945… Oui, c’était juste à la fin de la Deuxième Guerre mondiale…

(À  SUIVRE) Y. H.


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