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Autres / Récit de Yasmina Hanane

l’artiste

1re partie

©Dessin/Mokrane Rahim

La galerie ne désemplissait pas. L’exposition de tableaux avait attiré un monde cosmopolite entre curieux, amateurs et connaisseurs. À vrai dire, les œuvres en valaient la peine. L’artiste avait su manipuler un pinceau inspiré au gré de ses états d’âme et de ses humeurs.
Tahar s’approche de moi avec une petite moue.
-Tu crois que ces gens sont là pour mes œuvres ?
J’affiche une moue avant de répondre malicieusement :
-Non. Ces gens-là ne sont pas ici pour toi, Tahar. Ils sont là plutôt pour moi.
Il secoue la tête et se met à rire.
-Tu m’en diras tant. Si tu avais consenti à organiser toi aussi une vente-dédicace de tes œuvres...
-Tu n’y penses pas ! Je n’ai écrit ces derniers temps que des fadaises, où l’amour rime avec toujours. Des récits à l’eau de rose qui ne peuvent attirer que des adolescents ou des solitaires en manque d’affection.
Il affiche une autre moue.
-Je ne suis pas du tout de cet avis. Tu vois, chère amie, on ne peut jamais se juger soi-même à sa juste valeur. Laisse donc les autres te voir avec leurs yeux et refoule ta modestie.
Comme je ne trouvais rien à répondre, il poursuivit :
-Moi-même, je ne croyais pas à mon succès artistique. Il y a quelques années, je doutais même de ma créativité.
Je pense que les plus humbles sont les plus enclins à décrire les profondeurs impénétrables de ce monde qui nous entoure et même des multiples facettes de la personnalité humaine.
Je me mets à rire. Il fronce les sourcils.
-Je t’assure que c’est la réalité.
-Arrête donc avec tes idées abstraites. Je ne crois pas que nous sommes mieux placés que les autres pour décrire le monde ou l’humain. Disons plutôt que nous sommes affublés de quelques dons providentiels qui font de nous des marionnettes d’une sensibilité extrême.
Je soupire.
-Quand je repense à ce que tu avais enduré avant d’en arriver là.
Il acquiesce.
-Mais je ne regrette rien. Absolument pas.
Je crois que c’est dans la souffrance que naissent les plus belles expressions artistiques.
-Peut-être.
-Non, c’est plutôt un fait.

(À suivre) Y. H.


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