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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Si ma vie m’était contée

1re partie

Yamina s’essuie les yeux et prend la main de son mari.

-Slimane, ne me quitte pas.
L’homme tourne vers elle un regard triste.
-Je veux bien rester avec toi, Yamina. Tu sais bien que je n’ai jamais aimé une autre femme que toi. Hélas ! Il est écrit que je dois te quitter. Les médecins sont tous formels, le mal incurable qui me ronge depuis des années a fini par avoir le dessus.
Yamina se cache le visage de ses mains.
-Ne dis pas ça, Slimane. Les médecins ne sont pas Dieu. Nous irons consulter d’autres spécialistes.
Slimane prend une lente inspiration.
-Tu sais bien que personne ne peut plus rien pour moi. J’espère seulement que tu sauras faire face à tous les aléas de la vie après mon départ. Je t’ai aimée, respectée et protégée contre tous ceux qui te voulaient du mal, y compris ta propre famille. Mais maintenant, il est grand temps pour toi de prendre les choses en main.
Yamina se met à sangloter.
-Non, ne dis pas ça. Tu vas encore vivre de longues années, Slimane. Et tu verras que c’est moi qui vais partir avant toi.
Il tend la main et lui caresse la joue.
-Ne pleure pas, Yamina. Nous ne sommes que de faibles êtres entre les mains du Créateur. Tout est écrit avant même que nous soyons conçus.
La femme laisse couler de longues larmes sur ses joues.
-Je ne veux pas rester seule. Je n’aurai pas le courage de poursuivre le chemin en solitaire.
-Il le faudra bien, ma chère épouse.
-Si au moins on avait des enfants.
-Hélas ! Nous n’en avons pas. Cependant, avec ou sans enfants, pour mourir en paix et rassuré sur ton compte, je te laisse une petite fortune, et bien entendu tu hériteras aussi de la maison.
-Je ne veux rien hériter. Je veux continuer à vivre comme nous l’avons toujours fait. Nous avons des années durant tracé un programme quotidien, que l’habitude avait fini par rendre routinier. Je te réveillais tous les matins à la même heure et te préparais ton petit-déjeuner, avant de t’aider à t’habiller pour te rendre au boulot, puis je m’habillais moi aussi pour me rendre au magasin. Il n’y a qu’une seule note qui a changé ces derniers temps. Tu as pris ta retraite, et tu as changé l’heure de ton réveille-matin.
Elle esquisse un sourire à travers ses larmes.
- Le robot avait fini par devenir plus humain.
Il sourit.
-Tu mens. Je changeais mon programme chaque fois que je prenais mon congé, rappelle-toi. Nous prenions alors nos bagages et partions en vacances pour un bon mois.
Elle acquiesce.
-Oui. Nous partions en vacances chaque année vers une destination différente. Nous avons visité plusieurs pays, et même ramené plein de souvenirs.
-Alors, ma chère femme, tu vas devoir vivre désormais avec tous ces souvenirs. Le chagrin n’est pas une partie de plaisir, évite-le et prends ton destin en main pour continuer à vivre comme nous l’avons toujours fait. Je sais que tu le peux, il suffit de penser à mes derniers souhaits et d’avoir un peu de volonté.


(À suivre)
Y. H.


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