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Autres / Récit de Yasmina Hanane

La brûlure de la braise

1re partie

Dessin/Mokrane Rahim

Le soleil dardait ses rayons à travers les vitres de la salle de rédaction, et ces derniers atterrissaient inéluctablement sur la table de travail. Excédée, je me lève et tire les rideaux. Cela faisait déjà plus d’une heure que j’étais penchée sur mon papier et n’arrivais pas à trouver les formules requises pour conclure mon article. Pourtant le reportage que je venais d’effectuer était des plus banales. Un fléau de génération, comme on le qualifiait dans le monde journalistique.
Pour être plus précise, le sujet portait sur les relations conflictuelles entre les parents et leur progéniture. Les premiers campaient sur leurs positions et défendaient leurs perceptions éducatives, alors que les seconds, tiraillés entre modernisme et traditions clamaient, haut et fort, qu’on les étouffait par des idées d’un autre siècle, et tentaient de démontrer que le monde n’évoluait que parce qu’ils existaient.
J’avais rencontré les deux clans bien sûr. Quelques parents, soucieux de l’avenir de leurs enfants, me confièrent leur inquiétude de les voir s’embarquer dans un tunnel sombre et sans fin… Par contre, les jeunes écervelés que j’avais interviewés n’allèrent pas par quatre chemins pour me certifier que le monde changeait son rythme d’une minute à l’autre, et qu’ils étaient dans l’obligation d’aligner ce dernier à une horloge qui ne pouvait remonter le temps pour stagner à l’époque de leurs ancêtres !
Qui avait raison et qui avait tort ?
Les avis des psychologues étaient bien sûr diversifié, et celui des sociologues sans aucune logique… Chacun voulait démontrer qu’il était le mieux placé pour comprendre la nouvelle vague, sans pour autant piétiner le terrain de l’ancienne.
Des réponses évasives qui n’atteignaient pas du tout l’objectif du reportage.
Je soupire et dépose mon stylo. Mes idées s’entrechoquaient... Parfois, lorsque je suis en mal d’inspiration, je ressens une désagréable sensation de vide. Un froid pénètre alors dans mes os et dans tout mon être comme pour me pousser à chercher refuge quelque part… À trouver une couverture à cette “faille” qui s’ouvrait sans pudeur, pour mettre à nu cette endurance.
Je me lève et me mets à arpenter la salle de rédaction déserte à cette heure de l’après-midi.
La plupart de mes collègues ne rentraient qu’en fin de journée, et je préfère souvent les précéder, pour éviter le brouhaha des conversations et l’opaque fumée de cigarettes. Pourtant, j’aimais bien cette ambiance “journalistique”… On sentait qu’on était entre nous et qu’on détenait les informations du lendemain en exclusivité. Lorsque les gens se réveilleront et achèteront leurs journaux, nous les journalistes, sommes déjà bien partis pour remplir ceux du lendemain. Nous étions toujours les premiers servis en la matière, certes, mais aussi les plus exposés aux contraintes de la profession. Comme ce manque d’inspiration qui me bloque aujourd’hui…
Je me rassois devant ma feuille. Que pourrais-je donc rajouter avant de tirer le trait final ?
Je relis mon texte. Les paragraphes s’alignèrent devant mes yeux, et me parlèrent… Je crus même entendre leur voix aigre-douce qui me replonge dans ma propre créativité.

(À  SUIVRE) Y. H.


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