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Autres / Récit de Yasmina Hanane

L'Algéroise

20e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : Lla Kheira malmène Fettouma et reproche même à sa mère sa présence auprès d’elle. Lla Z’hor, outrée par tout ce manège qui ne menait à rien, s’insurge et tente de défendre sa fille. Mais la vieille belle-mère la traite de stérile !

Lla Kheira hausse les épaules sans répondre. Elle rajoute de l’eau dans sa marmite et se met à s’éventer.
Lla Z’hor poursuit :
-La stérilité n’existe pas dans ma famille. Ne t’inquiète donc pas. Fettouma finira par remplir ta maison de beaux enfants.
-Ah ça, c’est toi qui le dis ! Qui pourrait donc faire les éloges de la mariée ? Dans le dicton, c’est toujours sa mère et sa tante.
Lla Z’hor hausse les épaules.
-Je ne fais pas les éloges de ma fille. Ce que je te dis est la pure réalité.
Lla Kheira ébauche un sourire narquois.
-La belle-fille de Lla Djoher, notre voisine, vient de mettre au monde des jumeaux. Deux garçons qui viennent agrandir la famille, après tout juste 10 mois de mariage.
-À chacun son mektoub, Lla Kheira.
Lla Z’hor, qui venait de terminer son lavage et s’apprêtait à remonter chez elle, se retourne encore une fois vers Lla Kheira pour ajouter :
-Je te parie que d’ici peu de temps, Fettouma te donnera ce petit-fils que tu désires tant.
Lla Kheira prend un air courroucé avant de répondre :
-L’khber idjibouh touala.
Dépitée, la bonne femme remonte au premier étage tout en signifiant à sa fille par un clin d’œil qu’elle ne devrait pas écouter cette vieille folle.
Il est midi. Si Tayeb et Mahmoud rentrent pour le déjeuner. Fettouma terminait le rinçage de son linge.
-Tu n’as pas encore fini avec cette lessive, petite fainéante ?, lui lance sa belle-mère d’un air outré. Allez, laisse tomber ces chiffons et viens m’aider à servir le déjeuner à ton mari et ton beau-père.
Fettouma s’essuie les mains à son tablier et s’empresse de suivre sa belle-mère. Cette dernière lui intimera l’ordre de dresser la table devant les deux hommes.
Mahmoud et son père discutaient politique. La Seconde Guerre mondiale est finie depuis plus d’une année, mais le monde souffrait encore. La famine avait étalé ses ailes, et d’aucuns cherchaient les moyens d’échapper à la
misère.
-Rendons grâce à Dieu, mon fils. Nous mangeons tous les jours à notre faim. Ce qui n’est pas le cas de la plupart des familles de notre quartier.
Fettouma dépose une table basse devant eux, puis alla chercher le pain, les couverts et l’eau. Lla Kheira se met à servir.
-Où sont donc les serviettes, petite chipie ?
-Je vais les ramener, ne t’inquiète pas Lla Kheira.
-Comment ça, je ne m’inquiète pas ? Tu vas encore me dire que ce n’est qu’un simple
oubli !
-Non. Je ne les ai pas oubliées. C’est seulement que j’avais les bras chargés.
-Ce n’est pas les arguments qui manquent chez toi. Allez, dépêche-toi de déposer ces serviettes et assieds-toi pour déjeuner.

(À  SUIVRE) Y. H.


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