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Autres / Récit de Yasmina Hanane

L'Algéroise

22e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : Si Tayeb, outré par l’injustice de sa femme envers sa bru, lui reproche sa mauvaise conduite. Lla Kheira est si surprise qu’elle lance une réponse où se reflétait toute sa colère. Mais son mari, loin d’être dupe, avait compris son jeu.

Lla Kheira se prend la tête entre les mains :
-Tu entends, Mahmoud…Tu entends… Ton père défend Fettouma, et me sermonne devant elle. Acceptes-tu ça mon fils ?
Mahmoud qui avait suivi toute la scène avec un pincement au coeur, pousse un soupir avant de répondre :

-Père a raison, tu es trop dure avec Fettouma…
Lla Kheira est au bord de la crise de nerfs. Elle se met à vociférer d’une voix étranglée à l’encontre de sa bru :
-Vois ce que tu as fait, petite sorcière. Tu as ensorcelé mon fils et maintenant mon mari. Ma maison qui était un havre de paix est devenue la risée du quartier.

Elle rejette les franges de son foulard d’un geste brusque et poursuit d’une voix forte :
-Puisque c’est ainsi, je vais vous laisser la maison, et partir chez ma fille Malika.
-Tu n’iras nulle part, lui lance Si Tayeb d’une voix ferme.
-Mais…
-Tu n’iras nulle part sans mon autorisation, femme.
Lla Kheira se redresse :
-Tu oses encore me réprimander devant elle ?
- Je ne te connais que trop Kheira… Cela fait plus d’un quart de siècle que nous sommes mariés. Ton caractère pourri ne laisse personne insensible.
Comme à chaque fois qu’on lui tenait tête, Kheira met les mains sur ses hanches, avant de riposter :
-Ah ! Moi, tu me connais… Et elle ? (Elle désigne Fettouma de son menton).
-Fettouma est ma fille. Je l’ai bercée dans mes bras alors qu’elle ne tenait pas encore sur ses jambes. Elle est à peine adolescente, et doit faire face quotidiennement à tes sautes d’humeur.
Kheira ne rate pas alors l’occasion de balancer devant son fils et son mari :
-Adolescente ? Moi à son âge je t’avais déjà donné un enfant. Un garçon de surcroît. Rappelle-toi donc Si Tayeb, tu en étais fier comme un pacha. Par contre elle…
-Tu rêves ou quoi ? Ces jeunes gens n’ont même pas une année de mariage.
-Tout ce temps-là ne leur a donc pas suffi pour concevoir un enfant ?
Le vieux Tayeb brandit son poing :
-Crains Dieu, femme, c’est Lui qui décide pour nous, nous ne faisons que suivre sa volonté.
Mahmoud avait le teint blafard et transpirait à grosses gouttes. Il jette un coup d’œil de connivence à Fettouma, qui baisse les yeux. Et pour calmer tout ce monde, il se lève avant de lancer :
-Père, je crois qu’il est grand temps pour nous de retourner au magasin.

(À  SUIVRE) Y. H.


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