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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le poissonnier

23e partie

Résumé : Farida n’était pas pressée d’entamer une vie conjugale. Étudiante, elle avait rêvé de voyager, et maintenant son boulot lui permettait de découvrir son pays. Dans deux jours, elle partira en mission.

 

Elle soupire en fermant les yeux : le pays était beau d’est en ouest et du nord au sud. Jamais, elle n’aurait imaginé qu’elle pouvait, un jour, découvrir autant de merveilles cachées dans les tréfonds d’un bled qu’elle adorait, mais qu’elle ne connaissait pas assez. Maintenant, elle n’ira pas par quatre chemins pour profiter au maximum de cette aubaine que lui permettaient ses déplacements professionnels. Si elle devrait retourner dans le sud du pays, ce ne sera sûrement pas au même endroit que la dernière fois. Peut-être assistera-t-elle cette fois-ci à l’Assihar, cette rencontre des Touareg qui a lieu chaque année à Tamanrasset en mars et qui met en exergue les us et coutumes ainsi que les traditions cosmopolites de cette ville.
Elle s’étire et se laisse aller contre sa chaise. Parfois les rêves peuvent devenir réalité. Sans trop savoir pourquoi, elle repense à Mehdi. Le poissonnier lui avait semblé heureux de lui dévoiler ses ambitions.
Il faisait encore des études, des formations dans le tourisme et l’hôtellerie, lui avait-il dit.  Quelqu’un d’autre à son âge aurait sûrement battu en retraite et se serait contenté de son commerce de poisson. Mais au fait, il avait quel âge ? Trente-cinq... quarante ans ?
Ils sont peut-être de la même génération. Elle-même avait quitté les bancs de l’université, il y a quelques années, mais depuis elle n’avait plus tenté de penser à faire d’autres formations, hormis celles imposées de temps à autre par son entreprise.
La sonnerie de son portable la tire de ses méditations. Le nom de Merouane s’affichait sur l’écran. Elle ne fait aucun geste pour répondre. Cet homme commence réellement à la fatiguer par ses avances. Pourtant, bien avant qu’il ne vienne demander sa main, elle lui avait révélé qu’elle n’était pas prête à faire le grand saut dans l’immédiat. Qu’ils se fiancent, c’est une bonne chose, mais le mariage pourra attendre des jours meilleurs.
Mais en fait, qu’appelle-t-elle donc des jours meilleurs ? Ils travaillaient et gagnaient bien leur vie tous les deux, et même le problème du logement ne se posait pas.
Pour ne pas s’embourber dans des questions auxquelles elle n’avait aucune réponse, elle se lève et met un peu d’ordre dans ses dossiers, avant d’en mettre quelques-uns dans son cartable. Un coup d’œil à sa montre-bracelet lui apprend qu’il était temps de quitter les lieux.
Elle rejoint son véhicule et démarre. La soirée s’annonçait douce. Elle se rendit dans un supermarché pour quelques menus achats, puis achète un poulet rôti, du pain frais ainsi que quelques fruits. Cela lui permettra d’éviter de préparer le dîner.

 

(À  SUIVRE)
Y. H.


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