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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le mendiant de l’amour

24e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : Linda demande à Youcef de lui narrer la suite de son récit. Ce dernier lui dévoilera qu’à la mort de ses parents, il avait frôlé la dépression. Un cousin prend ses affaires en main. À son retour de vacances, une surprise l’attendait.

Youcef s’arrête et jette un coup d’œil à Linda. Il constate qu’elle était suspendue à ses lèvres, et poursuit :
-Bien plus tard, un ami de mon père viendra me trouver et me mettra au courant de toutes les manigances de ma famille à mon encontre. “Ils ont juré d’avoir ta peau, me dira-t-il. Tu as été naïf, mon cher ami. La seule chose qui te reste à faire maintenant, c’est de demander une expertise médicale auprès d’un psychiatre, afin de démontrer que tu ne souffres d’aucun trouble mental, et que ton comportement après la mort de tes parents n’était qu’une réaction émotionnelle fort compréhensible dans de tels cas.”
Le temps avait joué contre moi. J’étais devenu pour tout le monde celui qui n’avait plus sa tête, et même mes propres sœurs me prirent en pitié. Je me sentais impuissant à un tel point que je ne savais plus quoi faire. Je me mis à errer dans les rues sans but précis. Mes véhicules, mon logement, mes affaires personnelles et tout ce que je possédais avaient été spoliés. J’avais à peine le droit de rentrer à la maison et de regagner ma chambre. Mon cousin et sa famille s’étaient installés dans ma propre maison et avaient pris possession des lieux. “Que vais-je devenir ?”, ne cessais-je de me demander. J’étais déprimé et angoissé. Mais je tins bon et décidai de prendre le taureau par les cornes. Il fallait absolument que je trouve une solution. J’étais le maître des lieux qui demandait l’autorisation d’utiliser la salle de bains, et pour lequel on avait aménagé une chambre minuscule au rez-de-chaussée. Pour éviter les accidents, ne cessait-on de me répéter, car je n’avais pas toute ma raison. Quelques jours plus tard, je surpris une infirmière dans les escaliers. “Que vient-elle faire ici ?”, me demandais-je. J’entendis des voix sur le palier du premier étage, et je finis par comprendre que mon cousin était triste parce que sa fille était au plus mal. À vrai dire, cette fille, une petite cousine de la quatrième génération, était née avec son mal. Elle était sourde et muette, et plus tard on découvrit qu’elle était aussi épileptique. Le cousin n’aimait pas trop parler d’elle. Il avait deux autres filles, bien mariées, et en était très fier. C’était cette benjamine qui le préoccupait et j’étais certain qu’il aurait tout donné pour la caser elle aussi. Me surprenant au bas de l’escalier, il me jeta un regard foudroyant avant de demander :
- Qu’as-tu vu ? Qu’as-tu entendu, espèce de fou ?
Je haussais les épaules et m’apprêtais à sortir quand il me rattrapa.
- Tu ne vas pas me dire que tu n’as pas de la peine pour ta pauvre cousine ?
Je haussais les épaules.
- Si. Pourquoi n’aurais-je pas de la peine pour cette innocente qui ne m’a rien fait.
- Et moi, que t’ai-je fait ? J’ai géré tes affaires, et j’ai réussi à te faire sortir des flots.
- Me faire sortir des flots ? Tu m’arnaques et tu dis m’avoir fait sortir des flots ?, lui lançais-je. Tu me traites comme un aliéné, tu appelles les psychiatres et tu dilapides ma fortune.
- Arrête donc avec tout ça, Youcef. Ne sommes-nous pas cousins ?
Il secoue la tête et poursuit :
- Je te comprends fort bien, fiston. Ce sont tes troubles psychiatriques qui t’empêchent de voir les choses telles qu’elles le sont réellement. Allah ghaleb, ce n’est pas de ma faute si tu n’as pas toute ta tête.

(À suivre) Y. H.


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