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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le mendiant de l’amour

26e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : Le cousin provoquera Youcef en le traitant de malade mental. Le jeune homme tente de l’étrangler, mais il recevra un coup sur la tête et perdra connaissance. À son réveil, il reçoit la visite d’un médecin.

Ce dernier soupire. 
- Vous avez dit qu’il avait déjà suivi des thérapies.
- Il y a des mois de cela. 
- Pourquoi donc ses médecins 
n’ont-ils pas jugé nécessaire de l’interner ?
Cherchant ses mots, le cousin ne répondra qu’après une longue hésitation.
- Cet homme est un membre de ma famille, docteur. Je pensais qu’en le gardant sous mon toit, il pourrait reprendre une vie normale. Cette maison lui rappelle ses parents et son enfance. Ces souvenirs, nous a-t-on dit, l’aideront à reprendre une vie normale. 
Le médecin me regarde, puis se lève. 
-Je vais lui injecter un calmant pour le détendre, mais je préfère que vous le détachiez. Je ne pense pas qu’il soit aussi malade que vous le dites. Cet homme souffre certes, mais il n’est ni fou ni dangereux, et son état ne nécessite nullement un internement.
Pris de court, mon cousin s’empresse de mettre un terme à la visite du médecin. 
- Injectez-lui ce sédatif, docteur, et nous suivrons vos instructions à la lettre. Je suis heureux de vous entendre dire que Youcef n’est pas aussi mal en point que nous le craignons. 
Quelle hypocrisie. Quelle perfidie !
Le médecin m’injecta un calmant, et je m’endors sans plus tarder. Le sommeil me fit le plus grand bien, et je me réveillais le lendemain en pleine forme, mais toujours les membres attachés à mon lit. Mon cousin avait peur que je me sauve, ou que je l’agresse. 
Vers le milieu de la matinée, il me rendit visite. 
- Alors Youcef, on a fini de jouer au capricieux ? me lance-t-il tout de go. 
Je ne pouvais répondre, car j’avais encore le sparadrap collé sur ma bouche. Il l’arracha d’un coup sec, et je sentis mes lèvres saigner.
- Alors, on s’est calmé ? me lança-t-il avant de détacher mon bras droit et de me tendre un verre d’eau.
-Tiens. Bois ça ! Tu dois avoir soif après la scène d’hier. Je ne veux pas t’avoir sur la conscience. 
Je ricanais. 
- Parce que tu en as une ?
Il fronce les sourcils. 
- On ne peut jamais discuter avec toi sans se faire écorcher les oreilles. Mais tant pis, je viens te voir pour autre chose, et tu dois m’écouter jusqu'à la fin. 
- C’est un ordre, mon cher cousin ? Tu vois bien que même si je ne veux plus ni te voir ni t’écouter, je n’ai vraiment pas le choix. 
Tu détiens les directives, et tu me ligotes comme un chien à un lit. Ne vois-tu pas donc que je suis ton prisonnier ?
- Je n’ai fait cela que pour ton bien. Tu deviens de plus en plus agressif, Youcef. Tu es malade, fiston. Reconnais-le au moins. 
- C’est plutôt toi le malade, mon cher cousin. Tu es atteint d’égocentrisme et de cleptomanie. Deux formes de maladies psychiques que la psychiatrie n’arrive pas à traiter et qui deviennent chroniques chez les personnes atteintes, pour ne pas dire qu’elles sont innées.
- Désolé, Youcef, mais je ne comprends rien à ce que tu racontes. Tu devrais m’être plutôt reconnaissant d’avoir su gérer tes biens et mis de l’ordre dans tes affaires. 
- Gérer mes biens ? Tu accapares tout ce que je possède, et tu appelles ça une gestion ?
Mon cousin ébauche un mauvais sourire. 
- Mais tu m’en a bien donné une procuration. T’en rappelles-tu ?
- C’était juste pour la période de mes vacances. J’ai signé un papier dans ce seul sens. 
Il retire alors un portefeuille de la veste de son manteau et prend un papier qu’il me tend. 
- Jette donc un coup d’œil, Youcef.

(À suivre) Y. H. 


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