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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le vent de l’été

27e partie

Résumé : Prise au piège d’un sentiment qu’elle ne connaissait pas encore, Nacéra pense que sa rencontre avec l’homme du restaurant n’était pas fortuite et elle décide de le contacter. L’homme décroche. Elle est confuse et surprise.

 

Prise au piège, elle perd les pédales et tente de dire quelque chose. Mais sa langue refuse de parler et ses lèvres demeurent closes. L’homme continuait :
-Allo. Qui est là ?
Nacéra sentit l’appareil brûler dans sa main. Des bouffées de chaleur submergèrent tout son corps. Elle laissa tomber son téléphone et courut vers la porte de sa chambre comme pour échapper à un danger invisible mais perceptible.
Puis honteuse de son comportement immature, elle revint sur ses pas et ramasse son portable qui s’était éteint.  
Elle avait coupé court à la communication, sans pour autant dire un mot. Cet homme va la prendre pour une imbécile ou pis encore pour une demeurée.
Mais comment saura-t-il de qui il s’agissait? Les gens recevaient tous les jours des communications par erreur. Il n’était pas interdit de composer un faux numéro et de tomber sur des personnes inconnues.
Elle regarde son appareil comme pour chercher une réponse à ses nombreuses questions. Elle s’était démenée pour tenter de trouver une issue pour Maissa et maintenant elle ne pouvait se décider à passer un coup de fil à un homme qui pouvait faire tomber les cœurs les plus insensibles.
La sonnerie du portable la fera sursauter. Elle regarde le numéro. L’homme la rappelait.
Les mains tremblantes, elle hésite avant de décrocher :
-A… Al… Allo…
-Allo. Bonsoir. Je… Vous venez de m’appeler madame…
Elle prend une lente inspiration avant de répondre :
-Oui… Heu… Mon portable est tombé. Je suis désolée… Je…
-Vous êtes la jolie dame du restaurant n’est-ce pas ?
Telle une adolescente lors d’un premier rendez-vous, Nacéra sentit son cœur s’emballer. Elle s’empresse de répondre :
-Oui. Je suis…
-Vous êtes Nacéra… Je me rappellerai toujours votre prénom.
-Merci.
-Pourquoi avez-vous donc raccroché ?
-Je vous disais que mon portable m’avait échappé des mains.
Elle l’imagina en train de sourire d’un air amusé. Il laisse passer une seconde puis lance:
-Je crois plutôt que vous avez hésité à me contacter, puis une fois que vous vous êtes décidée, vous avez manqué de confiance en vous et vous avez préféré couper.
Indignée par cette vérité, Nacéra tente de répondre d’une voix plus ferme :
-Mon numéro s’était bien affiché chez vous. J’aurais bien pu utiliser un appel masqué rien que pour vous tester.
-Et pourquoi donc ?
-Eh bien, puisque vous dites que je manquais de confiance en moi.
-Tout à fait… Vous n’êtes pas le genre de femme qui saute sur la première occasion pour appeler un inconnu comme moi. Heu... Je n’aime pas trop ce dernier mot. Voyons, nous nous sommes déjà rencontrés une première fois…
-Oui. Mais c’était juste une rencontre de hasard dans un restaurant.
-Et le hasard fait toujours bien les choses.
Elle se mordit les lèvres. Que pourra-t-elle lui raconter maintenant qu’elle l’avait au bout du fil ? Il la devance alors  pour poursuivre :
-Vous aviez envie de parler, n’est-ce pas ? Vous aviez envie de vous “vider”… Que pourrais-je donc faire pour vous aider ?
-Rien. Je… Je suis tombée sur votre carte de visite et je me suis dit que je pourrais peut-être vous contacter juste pour un petit bonjour.
-Je vois… Mais vous avez bien fait. Je suis retourné deux fois dans ce restaurant afin de vous rencontrer encore… Hélas ! J’ai compris que vous n’êtes pas une habituée des lieux.
-Pas du tout. Je voulais juste faire plaisir à mon amie qui voulait qu’on aille déjeuner dans un endroit qui sortait de l’ordinaire.
-C’était agréable, n’est-ce pas ?
-Quoi ? L’endroit ? Oui, bien sûr. J’ai beaucoup apprécié.
-Moi j’ai apprécié votre présence Nacéra. Vous étiez juste en face de moi et je voulais tant vous parler… Mais j’avais peur de vous froisser.
Et puis vous n’étiez pas seule.
-Heu… Oui. J’étais avec Hind. Mon amie. Mais vous avez pu me parler tout de même.
-Juste un mot. C’était le hasard… (Il rit) Il fait vraiment bien les choses, n’est-ce pas ? Il avait fallu que vous oubliez ce paquet sur votre chaise…
-Je l’ai vraiment oublié, croyez-moi.
-Je n’en doute pas. Vous aviez le feu en vous…Vous joues étaient toutes rouges et vous sembliez sur le point de décoller, tant vous étiez pressée de quitter les lieux.


(À suivre)
Y. H.


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