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FLASH
  • Demi-finale retour de la ligue des champions africains: WAC 3-1 USMA (0-0 à l'aller)
  • Buts du WAC:El Karti (26′), Bencharki (54′ et 90'+3). Le but de l'USMA a été inscrit par Abdelaoui (67′)
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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le mendiant de l’amour

28e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : Le cousin propose à Youcef d’épouser sa fille malade, et en contrepartie d’avoir accès à une part d’héritage. Le jeune homme est tellement surpris qu’il pique un fou rire, ce qui déplut franchement à son interlocuteur.

Il se prit la tête entre les mains et se met à réfléchir silencieusement durant un long moment.
Je me contentais de le regarder sans rien dire, et même que je lui versais à mon tour un grand verre d’eau pour calmer ses nerfs !
Linda sourit.
- Tu es diabolique, Youcef.
Il avait donc raison, ce cousin.
Il sourit à son tour et poursuit :
- Je ne faisais que suivre
son manège.
- Pourquoi voulait-il donc marier cette malheureuse ?
- Mais pour le prestige, pardi ! On cachait cette fille aux regards indiscrets, et hormis quelques proches parents, personne ne connaissait l’amère réalité. Hayet était née sourde-muette, et était aussi
épileptique.
- Mais nul n’est responsable de son destin.
- Pour ce cousin, la vie se résumait à la richesse et à la gloire. Il ne faisait que suivre la trace de ses aînés. Ses propres parents et grands-parents avaient voulu, avant lui, porter atteinte à l’honneur et à la crédibilité de mon père et assister à sa décadence. Lorsque ce cousin a réapparu dans ma vie, j’étais au creux de la vague, et je me suis laissé prendre à son jeu sans aucune méfiance. Quelle naïveté !
- N’importe quel être humain normal se ferait prendre par ces êtres machiavéliques.
- Mais moi je ne suis pas normal, madame.
Il sourit.
- Je suis fou quelque part. Car si j’avais eu une once de bon sens, rien de tout cela ne serait arrivé.
Linda demande :
- Qu’as-tu fait ensuite ?
- J’ai bien sûr refusé de vendre mon âme au diable. Vous imaginez un peu les conséquences d’un tel mariage ? Un fou et une sourde-muette épileptique !
Linda secoue la tête.
- Cesse donc de te traiter de fou. Tu es l’homme le plus sensé que je n’ai jamais rencontré. Ta peine a été si grande. Et n’importe qui aurait certainement plongé dans la véritable folie. Allez, dis-moi ce qui s’est passé par la suite.
Youcef prend une gorgée de café et poursuit :
- Le cousin ayant terminé sa méditation s’est levé et s’est approché un peu plus de moi pour
demander :
- Donc tu refuses ma proposition ?
- Comment as-tu eu un tel courage, cher cousin ? Le courage de proposer ta propre fille à un fou ?
- Tu n’es pas fou, espèce de salaud. Le fou c’est plutôt moi qui t’ai hébergé et t’ai permis de reprendre pied.
Je respirais un bon coup pour calmer les battements irréguliers de mon cœur. Mon sang chauffait dans mes veines, et j’eus un mal fou à maîtriser ma colère.
- Je ne suis pas un bouc émissaire, mon cher cousin.
Je t’ai peut-être servi d’appât pour des gains malhonnêtes et faciles, mais je refuse de jouer ce rôle de mari sur mesure que tu veux “acheter” pour ta fille et servir de gendre comblé par les biens d’un beau-père généreux, alors que tu es le plus grand escroc que j’ai jamais rencontré.
Outré, le cousin me menace :
- Tu regretteras bientôt tes propos, Youcef.
- Je ne regretterai plus rien désormais, mon cher cousin. Car j’ai déjà commis la plus grande erreur et ressenti le plus grand regret de ma vie le jour où tu as surgi tel un démon dans mes affaires. J’aurais dû te fermer la porte au nez alors que tu arrivais du bled avec cet air affligé que tu sais prendre pour apitoyer les gens.
Je saurais te faire goûter un plus grand regret. Lorsque tu moisiras au fond d’une froide et sombre cellule, tu sauras que tu viens de rater la chance de ta vie. Et cette-fois-ci tu verseras d’amères larmes sur ton sort.

(À suivre) Y. H.


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