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FLASH
  • Demi-finale retour de la ligue des champions africains: WAC 3-1 USMA (0-0 à l'aller)
  • Buts du WAC:El Karti (26′), Bencharki (54′ et 90'+3). Le but de l'USMA a été inscrit par Abdelaoui (67′)
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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le mendiant de l’amour

29e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : Youcef refusera la proposition du cousin. Il ne veut pas servir les desseins d’un escroc qui a déjà abusé de sa confiance, ni de bouc émissaire à une situation biscornue. La réaction de son cousin ne se fera pas attendre.

Je haussais les épaules, indifférent, et je me rallongeais sur mon lit.
Il en profita pour me neutraliser, et m’attacher les membres, puis remettre le sparadrap sur ma bouche. Je ne tente même pas de me débattre ou de le repousser. Je le laissais faire, pour lui prouver que j’étais toujours plus fort que lui. Une heure plus tard, j’entendis la sirène d’une ambulance, et deux infirmiers pénétrèrent dans la chambre pour me détacher après m’avoir injecté un liquide brûlant dans les veines.
À demi-inconscient, je sentais qu’on me transportait sur une civière. J’étais “empaqueté” tel un colis qu’on envoyait quelque part. Lorsque j’émergeais de mon état, je me retrouvais dans une chambre humide et sombre dont le bas plafond reflétait la faible lumière du jour qui pénétrait par une lucarne striée de barreaux.
J’essayais de me relever, mais mes membres supérieurs refusèrent de m’obéir. Je me rendis compte alors que je portais une camisole. Une camisole de force, avec des lanières dans le dos, comme au Moyen Âge. J’avais très faim et soif, et la tête me tournait.
Mais le pire dans toute cette affaire est que je n’arrivais pas encore à assimiler ce qui m’arrivait. Le médicament qu’on m’avait injecté m’avait abruti, et je me sentais comme dans un état second.
Le soleil déclinait, et la nuit commençait à étendre ses voiles.
La cellule devenait très obscure, et juste un fin filet de lumière pénétrait sous la porte verrouillée de l’extérieur. J’entendis soudain une clé tourner. Un homme portant un plateau pénétra dans la pièce, suivi de deux jeunes infirmiers.
- Croyez-vous qu’il va pouvoir manger seul son dîner ?
- On verra, répondit un des infirmiers. Dépose ton plat et sors d’ici. Nous allons le détacher.
On nous a dit qu’il était agressif et dangereux. L’homme me jette un regard apeuré mais compatissant. J’essayais de prononcer quelque chose pour les rassurer, mais aucun son ne sortira de ma bouche. Ma langue était si sèche et si pâteuse que je n’arrivais pas à la remuer. Je jetais un regard d’envie au verre d’eau sur le plateau. Un des infirmiers me souleva la tête et me donna à boire. Je bus goulûment. L’eau avait un goût saumâtre, mais j’avais tellement soif que j’aurais volontiers bu une fontaine infectée.
Ensuite, on me détacha avec précaution, et je fis jouer mes membres engourdis. Me rendant compte tout d’un coup que je ne portais rien en dehors de la camisole, je me contentais de m’asseoir sur l’étroit siège en fer forgé, en glissant mes bras dans les manches râpeuses de la “chemise des fous”. Les jeunes gens me regardaient sans broncher. Ils guettaient ma réaction, mais j’étais trop affamé pour penser à autre chose qu’à engloutir le bout de pain sec avec le semblant de bouillon qu’on venait de me servir en guise de dîner.
- Il n’a pas l’air du tout agressif, chuchote l’un d’eux.
- Méfies-toi de l’eau qui dort, répondit l’autre. Avec ces malades mentaux, tout peut arriver, et à l’improviste. Les crises de folie peuvent s’espacer avec les traitements et disparaître pour un bon bout de temps. Nous l’avons déjà constaté. Mais parfois, elles persistent et deviennent “aiguës”. La science est encore impuissante devant ces cas.
Le second infirmier hoche la tête :
- Pourtant celui-là me semble bien différent. Il n’a d’ailleurs entamé aucun traitement.

(À suivre) Y. H.


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